Coup de coeur·Science Fiction·Young adult

« Elia, la passeuse d’âmes » de Marie Vareille

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : Elia, la passeuse d’Âmes
Auteur : Marie Vareille
Genre : Young Adult/Roman Adolescent/Dystopie/Science Fiction
Editeur : PKJ

Avant tout, je tiens à remercier Mikasa34 du site Babelio sans qui je n’aurais pas découvert le monde d’Elia. elia-la-passeuse-d-ames-739634-250-400Sa critique m’a vraiment donné envie d’acheter cet ouvrage. Ce dernier m’avait déjà donné envie grâce à sa vidéo de lancement… La sublime couverture d’Alexandre Chaudret et Mikasa ont fait le reste ! Je ne regrette pas cette acquisition que j’ai dévoré en moins de vingt-quatre heures tant j’étais plongée dans l’intrigue… C’est indéniablement un coup de cœur que je recommande chaudement aux passionnés du genre « young adult » ou « dystopie ».


L’univers est l’un des gros points forts de cet ouvrage. L’histoire se déroule à Tasma, la terre élue, le seul endroit qui n’a pas été détruit suite à la Guerre et où une poignée d’humains subsistent. Dans ce nouveau monde, les survivants sont répartis selon trois castes qui interdisent tout contact physique : les Nosobas (les serviteurs qui vivent dans la déchéance), les Askaris (les commerçants, un groupe que j’espère voir de plus près dans la suite de la série) et les Kornésiens (l’élite : ils gouvernent et ont la main mise sur tout). Même si elle était une passeuse d’âme (une personne qui accompagne les gens dans la mort), la jeune Elia faisait partie de la troisième catégorie. Elle a donc eut une vie de luxe et ne se doutait pas du tel écart qu’il y a entre les Kornésiens et le reste…

Une fois ses œillères retirées, elle va découvrir à quel point elle était dans le mensonge. J’ai beaucoup aimé le fait que les différences sociales soient pointées du doigt. Elles sont vraiment révoltantes, en particulier pour les Nosobas qui sont presque considérés comme du bétail. Ce groupe n’a plus aucune dignité humaine : un Nosoba n’a pas de toit (ils vivent sous terre), n’a pas toujours un nid douillet, ni de repas réguliers ou de soins corrects (l’aspirine est une denrée très rare et les malades utilisent surtout du Redmoon, une terrible drogue)… Et je ne parle même pas des conditions de travail ou de la paye ! A cause du système, cette caste a perdu son humanité. Ce sont des moins que rien…
De toute manière, ils n’ont pas leur mot à dire, car l’individu n’est rien… Seule la Communauté compte. C’est un véritable endoctrinement. Qu’importe leurs origines, tous les citoyens savent qu’il faut agir pour perpétuer l’harmonie collective. Cette idée est poussée jusqu’au bout : même le sport « solitaire » comme l’endurance/la course est interdit. C’est un sport jugé « égoïste », car il n’est pas pratiqué en groupe.
Heureusement, une révolte gronde… J’ai hâte de voir ce que Marie Vareille va nous réserver du côté des castes ! Ceux qui ne respectent pas la collectivité sont tout simplement abattus. Tel est le rôle des passeurs d’âmes : tuer ceux qui sont jugés inutiles ou qui mettent en danger l’équilibre collectif. Cet univers sombre et collectif m’a passionnée.


En plus d’un monde riche et intéressant, les protagonistes sont tous très touchants… A commencer par l’héroïne, Elia, une petite rouquine frêle et courageuse. Difficile de ne pas s’attacher à elle. Son caractère m’a beaucoup plu : elle est entêtée et combattive, cependant elle n’est pas « badass » comme la plupart des héroïnes de l’univers ado. Elle n’a pas le dessus sur les hommes, est totalement déboussolée par ce changement de caste et ressent énormément d’émotions. Elle m’a fait songer à Ivy (personnage de la saga d’Amy Engel). Elle est loin de l’archétype de la fille puissante, sans émotion qui réussit tout ce qu’elle désire. Elia se bat pour survivre, fait des erreurs et apprend. J’ai pris beaucoup de plaisir à la suivre même si certaines révélations la concernant ne m’ont pas surprise.

Ses compagnons (Tim, Solstan et Arhia) sont également très attachants. Ils apportent beaucoup au récit et sont suffisamment bien développés pour que l’on souhaite en savoir davantage sur eux. En revanche, je dois avouer que la romance (et certainement un futur triangle amoureux) ne m’a pas marquée. le second roman fera certainement évoluer cela… J’espère que l’on entrera pas trop dans les clichés !
Les autres personnages (famille, entourage) valent également le détour, qu’ils soient amicaux ou non. Ces derniers ont déjà malmené les quatre héros, cependant je pense que la plupart de ces rencontres ne seront pas oubliées (je songe en particulier à la vieille Noriaxis, Herxorn ou encore Dron qui n’en a pas fini avec sa « princesse »…). L’auteure n’a pas abattu toutes ses cartes : nul doute que la plupart de ces protagonistes referont une apparition…

 

De coutume, je ne suis pas spécialement fan des prophéties (que ce soit dans les dystopies ou le genre Fantasy). A chaque fois c’est la même chose : le destin de l’humanité ne compte que sur une seule personne qui va TOUT changer à elle tout seule… Oh, s’il vous plaît, pas de ça… C’est du vu et revu… Heureusement, la prophétie n’apparaît que tard dans le roman (ou sur la quatrième de couverture). de plus, j’ai été suffisamment séduite par l’univers et les personnages pour ne pas être rebutée. J’ai donc été agréablement surprise et suis même curieuse de savoir ce que va faire Elia et ses amis…
La plume de l’auteure est vraiment additive. Fluide, poétique et agréable, j’ai été transportée par ce récit dynamique qui n’a rien à envier aux sagas ados/young-adult actuellement adaptées au cinéma. Les documents d’archive qui se trouvent entre chaque chapitre sont comme les schémas de la série « Phobos » de Victor Dixen : ils apportent un véritable « plus » au roman. C’est un atout indéniable qui permet au lecteur de s’imprégner davantage à l’univers de l’auteur. Même si certaines scènes ou révélations sont attendues, ce fut une lecture très plaisante ! J’attends beaucoup de la suite et espère passer un aussi bon moment qu’avec ce premier tome. Vivement le tome deux !

 

Citations :

Elle se planta devant l’estrade, leva la tête et Proditor fut frappé par la petite lueur dissimulée sous l’apparente banalité de ses yeux gris. Une lueur qui contenait plus de détermination qu’il n’y avait de neige dans le désert de Tasma, qui reflétait la pureté du ciel et l’éclat brûlant du soleil. Le genre de lumière, il le savait bien, impossible à éteindre.

—————

– C’est normal d’avoir peur, on a tous peur, tu sais, dit-il.
– Je pensais être plus courageuse que ça.
Tim haussa les épaules.
– Être courageux ce n’est pas ne pas avoir peur, c’est justement avoir le courage d’agir malgré la peur.

 

Ma note :

  5/5 Coup de cœur !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s