Fantastique/Fantasy·Young adult

« Le voleur de cœur » de Rawia Arroum

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : Le voleur de cœur
Auteur : Rawia Arroum
Genre : Young Adult/Fantastique
Editeur : Michel Lafon

Je tiens à remercier à Babelio et les éditions Michel Lafon pour cette opération Masse Critique d’avril 2016. J’étais ravie de voir que j’allais recevoir « Le voleur de cœur », un roman de Rawia Arroum qui m’avait vraiment attiré pour son univers original lié à la musique. Connaissant « Boys Out ! », je m’attendais à passer un très bon moment du début à la fin. Malheureusement tout ne m’a pas plu et, même si j’ai été séduite par la première partie de l’ouvrage, je ressors assez déçue de ma lecture…

cvt_le-voleur-de-coeur_4612Pas facile d’apprivoiser un nouveau livre, surtout lorsque l’univers change du nôtre. Ici, on découvre « Symphonie », un monde riche divisé en plusieurs zones et en plusieurs clans. Le protagoniste principal vient du sud qui est composé du clan de Hard, de Classique, de Clavier, de Tam et de Vent. Ces cinq clans sont censés vivre en harmonie mais, à moins d’aller à la guerre, ils se méprisent : tous sont enclins à démontrer leur supériorité… Tels « Divergente », « Enclave », « Hunger Games » et bien d’autres sagas, ces clans sont constitués de personnes au caractère, au physique et aux activités bien distincts. Par exemple, les Hards ont des allures de rock star avec des dreadlocks colorées, des bijoux aux doigts, etc. (C’est tellement d4rk !) Au début, j’avoue avoir trouvé cela peu innovant et assez stéréotypé, cependant au bout d’une cinquantaine de pages, je suis habituée grâce à la plume simple mais agréable de l’auteure. Cette dernière explique progressivement et assez bien son univers sans tout jeter d’un coup au visage du lecteur. C’est très appréciable.

Les peuples du sud vénèrent « Melody », une rivière-mère sacrée dans laquelle on ne peut pas se baigner sinon la rivière nous dénonce en se lamentant. Gare à la milice ! Dylan, le héros, prend un certain plaisir à piquer une tête régulièrement en compagnie de sa compagne, une classique, où ils batifolent et se moquent des règles de Symphonie… Pourtant Melody n’est pas une rivière comme les autres : elle chante les premières notes de la musique qui rythmera la vie d’un enfant baptisé. Ensuite, chaque enfant reçoit une mélo-âme, un instrument qui devient une extension de son corps. Tel un daemon dans la saga « À la croisée des mondes », ce membre supplémentaire est vital. Il y a des organes dans cet instrument. On peut voir comment se porte une personne grâce à cette mélo-âme. Si on l’égratigne, on se blesse. Si on s’en éloigne, on a le souffle coupé et on s’évanouit. Si on la perd, on meurt… Ayant adoré le système de daemon, je trouve cette idée d’instrument-partie du corps très sympathique. D’autant plus que ces instruments sont magiques : certains rendent invisibles, d’autres permettent d’envouter la nature ou les animaux, de tout détruire, d’envoyer des messages, de soigner les blessures, etc. Chaque métier est en rapport avec la musique. Celui que l’auteure met le plus en avant est celui des « musiciens-soldats » : avec leur mélo-âme, ils blessent et tuent leurs ennemis. Ce sont de très belles idées que Rawia Arroum a bien développé

… Peut-être trop ? Honnêtement, j’avais la sensation que TOUT avait un nom : les personnages, les cultes/religions, les clans, chaque arbre ou rivière, tous les instruments, … Et des personnages, il y en a énormément, si bien qu’il est aisé de se perdre ! Déjà que découvrir un nouveau monde n’est pas évident, alors ça en plus… Je l’avoue : j’ai dû noter sur un papier qui est qui, à qui appartient tel instrument, etc. Sinon je ne m’en sortais pas… Heureusement que j’ai procédé ainsi car mon papier m’a servi plus d’une fois.

Hormis cela, j’ai eu du mal avec Dylan de Hard, le héros. Au début, il est présenté comme un jeune homme beau, fier, arrogant, taquin voire cynique et égoïste. En effet : né avec une cuillère dans la bouche, il abuse plus d’une fois de son rang et fait passer ses amis ou sa famille au second plan. Seul son bien-être personnel et celui de Kana, sa compagne, le préoccupe. Il fait ce qu’il veut… A moins d’apprécier les anti-héros, j’ai trouvé qu’il était difficile de s’attacher à lui. D’autant plus qu’il passe le tiers de son temps à fuir, s’évanouir, s’uriner dessus et vomir… Waouh… Mais Dylan a surtout plusieurs secrets. Il y a par exemple sa mélo-âme qui n’est pas comme les autres : elle est « mort-née », c’est-à-dire qu’elle n’a aucun pouvoir. Il n’est pas malade quand il est loin d’elle et ne ressent rien. C’est un simple instrument comme l’un des nôtres. Cette différence le rend touchant : on comprend qu’il soit perdu dans cet univers. Lui, son « truc » c’est plutôt d’écrire des textes, des paroles, des poèmes, … Et je dois avouer que ses petits extraits étaient très jolis !

Les deux compagnons de Dylan ont été ceux que j’appréciais le plus. Il y a d’abord Kana surnommée « Minifemme » qui est une ancienne amie d’enfance devenue sa promise. Leur relation est pleine de tendresse et de complicité. Je les ai trouvés adorables. Ensuite, il y a Ethan, son meilleur ami… Ou presque. En fait, j’avais surtout l’impression que c’était une « pseudo amitié » à sens unique débordant sur la romance. Un gros triangle amoureux qui n’a pas vraiment abouti… Outre cette étrange relation, j’ai apprécié le personnage d’Ethan qui est touchant du début jusqu’à la fin du roman. Hormis le trio et Kellan (le père de Dylan), les autres personnages sont moyennement dépeints. C’est à la fois dommage et normal étant donné le nombre de protagonistes…

C’est l’intrigue qui m’a le plus déçue. Au début, cela partait bien : on découvrait le monde de Symphonie, le petit trio, la guerre entre le Nord et le Sud, le problème de Dylan, des péripéties sinistres (barbarie, voix étranges, viols, …). Il y avait une véritable intrigue avec de nombreux rebondissements, si bien que je ne voulais pas lâcher mon livre. Il était vraiment difficile de s’ennuyer ! Puis, tout a basculé dès l’instant où Dylan a pris la mer vers la moitié du livre. Dès lors, le jeune homme a passé son temps à se réveiller, délirer puis se rendormir. J’ai fini par être aussi perdue que lui : qu’est-ce qui était vrai ? Était-ce une vision liée à la drogue ou la fatigue ? En plus de ces réveils à chaque chapitre, les autres personnages ont commencé à se comporter bizarrement avec Dylan… Que son père ou ses amis le protègent, je comprends tout à fait (surtout avec de telles révélations finales !)… Mais j’ai trouvé abusé que tout le monde l’aide et prenne soin de lui. C’est devenu tellement manichéen voire « bisounours »… Et je ne parle même pas de la fin qui m’a cruellement déçue…

Enfin, la plume de Rawia Arroum était très agréable : simple sans trop l’être, bien travaillée et remplie de poésie. Certaines descriptions sont vraiment jolies et presque musicales. C’est parfois enchanteur. Même si je n’ai pas tout aimé, j’ai arpenté avec plaisir son univers. A noter que chaque début de chapitre commence par un extrait de chanson (exemples : Green Day, Linkin Park, Michael Jackson, Nightwish, Jean-Jacques Goldman, Sum41, Mika, Renaud, etc.). Le registre est varié, on sent que la jeune auteure est réellement passionnée par la musique, notamment par les paroles qui ont autant d’importance qu’un air.

C’est donc un avis mitigé qui, malheureusement, tend plus vers le regret que le coup de cœur… Cependant, je pense que je ferai attention aux prochaines sorties de cette auteure car elle a un certain talent et sa plume est très agréable. Merci encore à Babelio et aux éditions Michel Lafon pour cet envoi.

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Citations :

Noircir des partitions, c’est respirer. Les notes sont notre oxygène.

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Le ciel s’étend en un dégradé de rose et d’or. L’aube est là, prête à se transformer en un jour magnifique, comme pour me narguer. Il a beau faire soleil, il pleut en moi. C’est même carrément la tempête ! J’éprouve bien trop de choses ce matin : un vent de regrets, des trombes de chagrin, un ouragan d’amertume, un alizé de nostalgie. J’ai l’impression d’être un nouvel élève dans cette énorme classe qu’est le monde.

 

Ma note :

♥  3/5

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6 réflexions au sujet de « « Le voleur de cœur » de Rawia Arroum »

  1. J’ai un avis qui ressemble beaucoup au tien ! Le personnage de Dylan était quelque peu décevant de par ses réactions, et l’intrigue en tant que telle, dès que tous prennent la mer, devient de plus en plus chaotique et… injustifiée ? La fin m’a aussi cruellement déçue, moi qui m’attendait à une révélation extraordinaire…!

    Tout de même, je suis d’accord avec toi sur le fait que l’univers était très bien fait et original et que l’auteure a réellement l’air passionnée par la musique !

    À bientôt ! ^^

    Aimé par 1 personne

  2. Ah, je suis contente de retrouver à peu près les mêmes points qui m’ont gênée dans ta chronique ! J’ai pas trop su comment me situer par rapport à cette lecture. C’était un peu trop dispersé et au final j’ai pas adhéré (en plus c’était glauque).

    Aimé par 1 personne

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