Horreur·Science Fiction

« Zombie, Ohio » de Scott Kenemore

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : Zombie, Ohio
Auteur : Scott Kenemore
Genre : Horreur/Science Fiction
Editeur : Panini France

« Zombie, Ohio » est un livre que j’ai tardé à acheter car j’espérais que quelqu’un chronique cet ouvrage et me donne envie de le lire ou au contraire de l’oublier… 51jy86j25wl-_sx210_En effet, malgré le résumé plutôt accrocheur, je ne savais pas à quoi m’attendre… J’ai finalement cédé en me disant que les éditions Paninibooks avaient produit de bonnes sagas et qu’il n’y avait pas de raison que celle-ci fasse exception… Au final, je dois avouer que cela se lit bien, mais je suis loin du coup de cœur. Je sens que j’oublierai assez vite les histoires de Peter Mellor. Il faut dire que j’en attendais peut-être un peu trop ? J’avais tiqué sur la dernière ligne de la quatrième de couverture : « Il décide de mettre sa nouvelle vie à profit et de résoudre son propre meurtre. » Ainsi, je m’attendais à une ambiance orientée polar, gore et déjantée… Ce ne fut pas forcément le cas. L’enquête sur sa mort ne prend que quelques lignes et, finalement, c’est la transformation morale et la dégénérescence physique du héros qui sont mis en avant dans ce roman.

Peter Mellor, professeur de philo dans l’Ohio, se réveille près de sa voiture accidentée. Hélas, il est totalement amnésique : il ne se souvient plus de son identité, a oublié ses proches ainsi que le carnage qui sévit depuis peu sur Terre. Pire : il comprend progressivement qu’il n’a pas survécu à l’accident ! La moitié de son crâne est à l’air, sa peau est d’une pâleur à faire peur et il n’a pas besoin de respirer… Même s’il parle et peut raisonner, il n’y a plus de doute possible : il est devenu un zombie ! Faut-il dire la vérité à son ami Sam ? Doit-il rester aux côtés de sa petite amie Vanessa et de sa famille ? Que se passera-t-il s’il cède à ses pulsions meurtrières ou à ses envies de manger de la chair humaine ? De quel côté est-il vraiment ? Peut-il rester parmi les vivants ou bien ne vaut-il mieux pas vivre avec des zombies ? Régulièrement, Peter va se remettre en question et va tenter d’apprivoiser sa nouvelle nature tout en (ré)apprenant à être celui qu’il était avant. Au fil des pages, le lecteur assistera à ses remises en question, mais également à ses découvertes.

Les personnages sont nombreux, toutefois il ne faut en retenir que quelques-uns : Sam, Vanessa et quelques membres du corps enseignant. Les autres sont de « passage » et sont vite oubliés. C’est souvent le soucis lorsque la narration est à la première personne : on n’a qu’un seul point de vue. Le manque d’informations sur les autres personnages peut s’expliquer par l’amnésie du héros… Cependant, j’aurais aimé que l’ensemble des protagonistes soient plus étoffés psychologiquement ou mieux décrits. J’avoue avoir ressenti l’envie d’apprendre à connaître les autres survivants…
Peter est un personnage plutôt attachant. Bien que son humour laisse parfois à désirer et qu’il n’a que les mots « manger cerveeeeauu » en tête (*sigh*), il reste « humain ». En effet, il a beau être un zombie, il reste assez « gentil » contrairement à d’autres morts-vivants dotés de pensée (exemple : Gary, un zombie manipulateur et intelligent dans « Zombie Island » de David Wellington). Bien qu’il tue des survivants, il ne touche pas aux enfants et les laisse même survivre en leur donnant des vivres, des vêtements chauds ainsi que des conseils. De plus, lorsqu’il rencontre des personnes malveillantes comme le pervers qui a enlevé Elsie, il n’hésite pas à les tuer. Ce côté manichéen est également présent avec les autres personnages : on discerne les gentils dans le groupe de Vanessa ou de Sam et il y a les « méchants » gangs constitués de tueurs et de violeurs. Heureusement que Peter n’est ni bon ni mauvais (même si, comme je l’ai dit précédemment, il a bon fond).
Il est intéressant de voir Peter évoluer puis basculer dans la folie. Lorsqu’il s’accepte enfin comme un zombie, le roman prend une toute autre tournure ! Tout comme le prêtre Isidro dans « Les marcheurs » de Carlos Sisi, Peter va se constituer une armée de non-morts, puis va créer divers stratagèmes pour tuer les survivants. Le fait qu’il puisse courir, ouvrir des portes, parler, ruser et utiliser des objets va faire de lui un monstre. J’ai aimé ce côté badass/anti héros, tout comme j’ai apprécié la constitution de sa horde. Avant de trouver un groupe de quatre cent zombies, il va nommer les membres de son petit escadron selon leurs caractéristiques physiques (exemple : Rock Star, Mario, le Turc, etc.). Bon sang, c’est qu’on s’attacherait presque à ces goules, nous aussi !

Dans l’univers Z, je dois avouer adorer les premières heures de l’épidémie : la découverte du virus, l’engouement des médias, la foule qui commence à paniquer, les premières confrontations avec les revenants, la survie, la rencontre puis l’élaboration d’une équipe de rescapés, etc. Si, comme moi, vous aimez ces moments hauts en adrénaline, sachez que vous n’aurez rien de tout cela dans « Zombie, Ohio ». Peter étant récemment mort et amnésique, il ne se souvient pas de la fin de son monde. Il n’y aura pas de réelle découverte de l’épidémie. En revanche, il va découvrir ce qu’est un zombie : appétit, sixième sens pour détecter les vivants, physique infatigable, comportement en meute, … Bien que l’auteur n’innove pas (hormis Peter, les zombies sont généralement lents et idiots), ces découvertes sont tout de même intéressantes et amusantes. En effet, notre cher narrateur n’hésite pas à faire de l’humour, ce qui peut distraire comme agacer… Pour ma part, je dois avouer avoir souri deux/trois fois, mais guère plus. Il faut dire que Scott Kenemore fait de nombreuses références à sa culture. Même si c’est expliqué en bas de page, il m’a parfois fallu faire des recherches pour visualiser/comprendre la vanne car je ne connais pas grand chose sur la culture américaine/anglaise (ex : Peter et Judy deux marionnettes, le monstre Grendel, etc.). En parlant de vanne, certaines sont vraiment très lourdes… De même que certains clichés qui, bien qu’ils soient pointés du doigt et critiqués, sont tout de même là ! J’ai fini par passer à côté et à me dire que c’était un style, un côté absurde/décalé et qu’il fallait faire avec…

La plume de Scott Kenemore est simple, plutôt plaisante. J’ai remarqué quelques longueurs et des scènes redondantes, cependant cela ne m’a pas empêchée de poursuivre ma lecture avec plaisir. On adhère aisément au héros qui justifie ses actes et ses pensées, si bien qu’on finit par le comprendre. Bon, certes, il y a plusieurs incohérences ou des éléments hasardeux/chanceux qui ponctuent le récit, mais ça en devient comique. Mention spéciale pour le super dindon noir qui aidera Peter à plusieurs reprises… Pour le genre Z, je dois avouer que cela ne fait pas peur, bien au contraire. Amateur de frissons, passez votre chemin. En revanche, si vous aimez la littérature Z légère, avec de l’humour et du gore, alors « Zombie, Ohio » devrait vous plaire. Si je devais simplifier mon point de vue sur son style d’écriture, je dirais que « ça se lit plutôt bien ».

Spoiler > Regret sur la fin… (Surlignez le texte si vous souhaitez lire le message caché)
J’ai été assez déçue par la fin de l’ouvrage… Peter n’a finalement pas abandonné son humanité et opte pour sauver ses proches et redevenir gentil. Un vrai happy end… Malgré ses actes, tous ses défauts et le fait qu’il soit en charpie, Vanessa l’accepte tel qu’il est… Euh… Je regrette, mais j’ai du mal à concevoir cette relation… le corps de Peter est plus qu’à moitié détruit et il est défiguré. Alors comment sa petite amie peut-elle concevoir un avenir avec lui ? Je veux bien que l’amour peut résister à toutes les épreuves, mais là, c’est un peu trop gros pour être concevable…

Cet ouvrage comporte donc des points forts et des points faibles, néanmoins j’ai passé un bon moment de lecture. J’avoue avoir été surprise par la tournure des événements et ravie par le côté stratège/badass de Peter lorsqu’il a abandonné son humanité. Enfin, j’ai été ravie par l’identité du « coupable » de la mort de Peter. Je ne m’y attendais pas, je pensais qu’il s’agissait de quelqu’un d’autre. J’aime être surprise dans ma lecture. « Zombie, Ohio » n’est peut-être pas un coup de cœur, toutefois je ne regrette pas ma lecture…

 

Citations :

Je me déplaçais lentement, mais Chasseur était encore plus lent. Une de ses chaussures avait disparu, et le pied à nu avait pourri jusqu’à ne plus être qu’une sorte de griffe de viande fripée. Mon compagnon était silencieux, comparé à un humain, mais bruyant pour un zombie. Ses gémissements allaient du registre doux et hésitant, comme un ingénieur perplexe qui se gratte la tête devant un plan, au registre angoissé et urgent, comme une femme en train d’accoucher.
– Bordel, Chasseur, tu me fous les jetons, disais-je quand il s’attardait trop dans cette dernière catégorie.

—————

J’ai sorti mon trousseau de clés. J’étais prêt à les essayer une par une, mais la porte d’entrée n’était pas verrouillée. Le bouton a tourné sans effort, et le battant s’est ouvert devant moi. J’ai pénétré à l’intérieur, errant dans ce parfum familier jusqu’à trouver l’interrupteur. En l’actionnant, j’ai compris d’où venait l’odeur. C’était celle des livres. Des centaines et des centaines, voire des milliers et des milliers, de livres. Ils étaient partout. Il y avait des livres sur les tables, sur les chaises, par terre, empilés en colonnes à l’architecture incertaine, précairement calées contre les murs. Je m’étais laissé déborder. Peut-être, me suis-je dit, que la maison leur avait été abandonnée. Tout cet arrangement avait un air de reddition. Les livres avaient gagné.

 

Ma note :

♥  3/5

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