BD·Fantastique/Fantasy

« Elisabeth » (End T1) de Barbara Canepa et Anna Merli

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : Elisabeth (End T1)
Auteurs : Barbara Canepa et Anna Merli
Genre : Bande dessinée ado/Fantastique
Editeur : Soleil

Je connaissais Barbara Canepa grâce à plusieurs séries : « Sky Doll », « Monster Allergy » et « W.I.T.C.H. », je savais donc d’avance que ma lecture serait un régal visuellement parlant. Ici, l’artiste s’est associée à Anna Merli pour créer un tome étrange qui sort des sentiers battus.51vcviiq5dl-_sx210_ J’ai lu dans le descriptif Babelio qu’il y avait des éléments dans l’enveloppe à la fin (une lettre et une photographie). Dommage, ce n’est pas le cas avec la BD que j’ai empruntée : l’enveloppe est vide. (Est-ce l’œuvre d’un bibliothécaire ou un petit fan qui a décidé de conserver le tout ?) L’idée d’objets a du charme, malheureusement je ne peux pas donner mon ressenti ou mon avis sur ce petit bonus.

Dès le début en ouvrant la BD, j’ai senti qu’il s’agissait d’une histoire qui faisait froid dans le dos à cause du dessin (une jolie demoiselle aux allures de poupée avec de grands yeux, un chat avec des pattes de serpents et un décor un peu morbide) ou du texte (« J’ai 13 ans. Elisabeth est mon nom. Mes cheveux sont blancs comme la vie. Si le cœur vous en dit, vous pourrez me rencontrer. Mais pour cela, il vous faudra mourir… »). L’ambiance de la bande dessinée ne s’annonçait pas très gaie, mais cela n’était pas pour me déplaire. Elisabeth est donc une adolescente de treize ans pour qui le destin a basculé : impuissante et apparemment immatérielle, elle assiste à son propre enterrement sans pouvoir agir… Pire encore, elle se réveille dans son cercueil où elle tente de fuir… Songe ou réalité ? Le fait est que la demoiselle vit dans ce que l’on pourrait qualifier de limbes. La pauvre enfant sent la solitude la ronger, car les êtres vivants qu’elle touche perdent la vie au moindre contact. Tous sauf Leonardo (une chauve souris) et Napoléon (un serpent corail venimeux), deux êtres étranges dotés de parole. Ses deux compagnons la soutiennent, la protègent et lui tiennent compagnie, même quand elle songe à fuir cet endroit dénué de couleurs…

Parallèlement à l’histoire d’Elisabeth, le lecteur découvre ce qu’il se trame au collège, dans le monde des vivants. Dorothea, la sœur d’Elisabeth semble être le fruit de tous les ragots : elle serait une sorcière ou une femme dotée de pouvoirs. Mais cette dernière est perdue et ne sait que faire… Au fond d’elle, elle a la sensation que sa sœur est encore en vie ! Il y a aussi Nora, une ancienne amie de l’héroïne, qui entraîne ses camarades en pleine nuit à la recherche de réponses. L’amitié peut-elle aller au delà de la Mort ? Dans ce monde, les rumeurs et les spéculations ne manquent pas… Tous les personnages secondaires semblent être de vraies vipères ! Même les Sœurs qui dirigent l’établissement ont de lourds secrets à cacher… Alors quel sera le fin mot de cette histoire ? Elisabeth est-elle réellement morte ? Il s’agit là d’une sorte de conte sordide avec une ambiance à la « Tim Burton » : on distingue des créatures fantastiques (ex : le chat serpent corail), la Mort (tombes, cadavres d’animaux, …), la sorcellerie (Rituel pour communiquer), un monde étrange, stérile et privé de couleur, d’aube et de crépuscule avec ses propres règles. Même si le changement d’un monde à l’autre était parfois brutal ou sur la même planche, j’ai aimé le fait que la narration s’alterne. Cela rajoute du suspense et permet de faire avancer le récit des deux côtés. Par contre, l’ambiance est assez glauque pour une BD jeunesse ! Je la qualifierais plutôt pour adolescents, car les nombreux cadavres d’animaux pourraient effrayer des petits lecteurs.

Comme je m’y attendais, les planches sont vraiment superbes et très travaillées. Bien que les teintes soient parfois sombres et froides, les détails ne manquent pas à travers les cases. C’est esthétiquement très joli que ce soit dans les limbes ou dans le monde des vivants. Les yeux des personnages me parlent : ils semblent être remplis d’émotion (le miroir de l’âme ?). En revanche, j’ai été surprise : dans cette édition, on ne découvre qu’à la fin qu’il s’agit d’un premier tome et qu’il existe une suite intitulée « Nora » (à moins que, dans mon empressement face à un nouveau livre, je n’ai pas fait attention à ce détail ?). Ainsi, à la fin de l’ouvrage, je me suis retrouvée comme une idiote : contrairement à ce que croyais, il ne s’agissait pas d’un « one shot » ! Malheureusement, la médiathèque où j’ai emprunté cette bande dessinée ne possède que ce tome… La suite devra donc attendre… Je reste tout de même séduite par ce premier volume dont l’univers me fait un peu songer à Tim Burton (en plus doux). Les dessins sont superbes et plairont sans doute à tous les lecteurs. Une BD à découvrir.

 

Citation :

N’est-il pas étrange de pouvoir connaître la paix, avec cette certitude inéluctable de la mort ? Et dès lors, avoir la possibilité d’accepter ce terrible événement ?… Un phénomène naturel inévitable, aussi inévitable que celui de la nuit qui succède au jour… Et pourtant, tant redouté de tous.

 

Ma note :

♥  4/5

2 réflexions au sujet de « « Elisabeth » (End T1) de Barbara Canepa et Anna Merli »

  1. Je ne connaissais pas l’auteure, mais c’est vrai que les dessins sont vraiment sublimes. L’histoire mérite un peu plus d’explications qui viendront j’espère avec les tomes suivants, car effectivement il ne s’agit pas d’un one-shot mais d’une trilogie: END = E pour Elizabeth, N pour Nora et D pour Dorothea, et les deux autre tomes ne sont pas encore sortis…^^

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