Romans

« La danse des vivants » d’Antoine Rault

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : La danse des vivants
Auteurs : Antoine Rault
Genre : Roman historique
Editeur : Albin Michel

Avant de donner mon avis sur « La danse des vivants », je tiens à remercier Babelio ainsi que les éditions Albin Michel pour cette masse critique. Bien qu’il comporte des sujets difficiles, cet ouvrage a été très intéressant. ladansedesvivantsantoineraultGrâce à sa plume fluide et maîtrisée, Antoine Rault entraîne le lecteur en 1918, dans l’incroyable histoire de Charles qui a perdu la mémoire suite à un traumatisme sur un champ de bataille… Il ne sait plus du tout qui il est. J’ai trouvé que l’auteur savait très bien retranscrire les sentiments de ses personnages, notamment ceux de Joseph ou de Charles/Albert/Gustave. Son style d’écriture est d’une grande sensibilité… Mais pas que ! En effet, Antoine Rault sait également très bien retransmettre l’horreur de la guerre. J’ai frémi plus d’une fois lors de certaines descriptions. Par exemple, dans la scène de l’entonnoir créé par un obus, j’ai retenu mon souffle en observant le sang froid de Charles qui, malgré ses différents, a été aux côtés de Friedrich. Bien qu’elles ne durent que quelques pages, les scènes de la faradisation m’ont également donné des sueurs froides, car c’était bien décrit et cela me faisait songer à des documentaires que j’avais regardé par le passé… D’autres sentiments m’ont également envahie au cours de ma lecture : la peine… C’est la Guerre me direz-vous, toutefois je m’étais attachée à Hans qui était un protagoniste vraiment sympathique… Je félicite Antoine Rault qui a su m’émouvoir de bien diverses manières.

En plus de toucher le lecteur, ce roman permet de s’attacher à Charles. On espère que ce dernier va retrouver peu à peu la mémoire. Sa quête de l’identité sera difficile, notamment lorsqu’on lui proposera de se faire passer pour un allemand. Devenu espion malgré lui, le pauvre Charles ne sait pas vraiment dans quoi il s’est lancé. Même si certaines personnes ont l’air de confiance, cela ne les empêche pas de tirer les ficelles dans l’ombre… Charles va-t-il réussir à retrouver qui il est ? Arrivera-t-il à faire la part des choses malgré cette nouvelle identité qu’on lui a imposé ? Arrivera-t-il à se faire passer pour un autre ? Et s’il rencontrait les proches de Gustav Lerner (l’officier dont il a usurpé l’identité), que se passerait-il ? Grâce à la narration alternée, on peut suivre les pensée de Charles, mais également celles de son entourage (famille, autres soldats, etc.). Je ne m’attendais pas à une histoire aussi haletante… Et pourtant, à l’arrivée de Werner Coquelis, tout bascule ! Je tournais les pages à toute vitesse, la crainte au ventre…

Même s’il s’agit d’une fiction, le récit retrace avec brio certaines périodes de l’Histoire : l’Armistice, le traité de Versailles, la bataille contre les « Rouges » dans la Baltique, … On sent que l’auteur s’est grandement documenté. Le tout parait très crédible. Par contre, j’ai trouvé certains passages assez longs, en particulier ceux où les quatre Grands (Wilson, Lloyg Georges, Clemenceau et Orlando) se querellaient autour du traité concernant l’Allemagne… Bien que cela soit intéressant, je préférais le récit de Charles…

Si vous aimez les romans ayant la Guerre comme thématique, alors je vous recommande fortement « La danse des vivants ». C’est vraiment un ouvrage émouvant et travaillé. Merci encore à Albin Michel et Babelio pour cette découverte.

 

Citations :

Ce qu’il ressent soudain, c’est une infinie solitude. Il est moins qu’un enfant, moins qu’un nouveau-né. Quand il voit le jour, un nouveau-né entend la voix de sa mère, sent son odeur, on le couche sur sa peau et, bientôt, le doux laid fade de son sein coule en lui. Puis le nouveau né entend la voix de son père qui le prend fièrement dans ses grandes mains et le brandit comme le trophée d’une victoire : mon fils ! Mais lui… ce sacrement d’amour, ce baptême… perdu sur un champ de bataille… effacé… Jusqu’à la vieillesse, jusqu’à la mort, on sait qu’on est le fils de quelqu’un… aussi sûr qu’une boussole indique le nord…

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Il faut une seconde pour faire la guerre. Il faut longtemps, très longtemps, pour faire la paix. Les plaies de l’histoire sont lentes à cicatriser.

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Il y a un âge où on aimerait mieux l’oublier. Quand on comprend de façon certaine qu’on en a moins devant que derrière.

 

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Ma note :

♥  4/5

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