BD·Romances·Science Fiction

« La mère des victoires » d’Enrique Fernandez

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : La mère des victoires
Auteur : Enrique Fernandez
Genre : Bande dessinée/Science-Fiction/Romance
Editeur : Delcourt

« La mère des victoires » est une bande dessinée qui aurait pu être déclinée en deux tomes tant son univers en riche ! Le lecteur est plongé dans un monde futuriste où la guerre fait rage… Mais où les médias s’en mêlent ! couv41293993En effet, rien n’arrête la télévision qui est bien décidée à se faire de l’argent sur les combats, notamment avec « Conflit direct », une émission télévisée. Cette dernière explose le nombre d’audiences, si bien que les sponsors publicitaires comme les boissons « Pump ! » s’en donnent à cœur joie. Des pilotes de vaisseaux spatiaux s’affrontent sous le regard des téléspectateurs. La gloire n’est jamais loin… Mais n’oublions pas que c’est surtout leur vie qui est en jeu. J’ai trouvé décevant le fait que la BD ne développe pas son contexte de guerre. Pourquoi y a-t-il un conflit ? Contre qui ? Est-ce un monde similaire au nôtre mais ayant lieu des années plus tard ? Il y aurait eu tant à dire… Hélas, on se contente de savoir qu’il y a une guerre, mais on n’approfondit pas plus. Il faut dire que tout est perçu du point de vue du capitaine Raijuro, ce qui empêche une vision d’ensemble de la guerre. Par ailleurs, bien que l’on assiste à plusieurs combats aériens ou au sol, l’horreur des batailles ne se voit pas assez. Je n’ai pas senti une ambiance violente, morbide ou effroyable… Tout le monde sourit et s’amuse à bousiller les vaisseaux ennemis. C’est tout juste si l’on parle de la mort comme un fait banal. Est-ce que la course à la popularité qui influe sur le jugement des personnages ? Peut-être… Le fait est que j’ai trouvé la BD trop « joyeuse » alors que la thématique générale ne l’est pas

On suit donc le capitaine Raijuro qui est devenu l’un des meilleurs combattants avec son équipe. Hélas, le beau capitaine est tiraillé entre son travail et une femme qu’il a abandonné par le passé alors que beaucoup d’hommes hauts gradés auraient souhaité la conquérir. Hélas, le capitaine a préféré sa carrière à sa douce conquête, la commandante Eva Anderson… On sent que cette dernière l’aime toujours. Quelques flash-back montrant leur rencontre et leurs parties de jambes en l’air le prouvent largement. La guerre n’est finalement qu’une trame de fond, un décor, qui passe après la romance. J’ai donc eu une sensation d’inachevé… L’auteur aurait vraiment dû diviser son œuvre en deux volumes, car l’ensemble de l’histoire est trop floue. J’ai finalement l’impression de n’avoir lu qu’une histoire à l’eau de rose dans un récit de science-fiction peu développé alors qu’il y a des choses intéressantes ! A noter que le duo Eva-Raijuro est plutôt explosif : ils se taquinent, se tournent autour, s’observent et s’envoient des piques. Malgré un passé douloureux, on sent une grande complicité entre eux. Lorsqu’ils mettent leur fierté de côté, ils s’entendent à merveille. Bien que ce ne soit pas hilarant, les scènes d’humour sont accompagnées d’une certaine dynamique : l’auteur ne propose aucun temps mort. Tout s’enchaine, c’est fluide et agréable.

Graphiquement, c’est plutôt superbe. La seule chose m’ayant déplu, c’est le style de visage des personnages. Ils sont très fins, presque cadavériques. Je préfère quand les protagonistes ont un peu plus de joues… Cela dit, les traits restent aussi expressifs que percutants. C’est simplement un style de dessin auquel je n’accroche pas (mais qui plaira sans doute à d’autres lecteurs). De plus, le reste des illustrations est bourré de détails, très bien colorisé et souvent explosif. Le découpage est aussi dynamique que l’histoire, tandis que les couleurs sont très bien choisies.

Cette BD a donc des défauts comme des qualités, si bien que je ne sais pas si j’ai aimé ou non ce que j’ai lu. Au final, j’aurais surtout souhaité un approfondissement de l’univers, connaître l’origine de cette guerre ou encore voir à quoi ressemblaient les ennemis. C’est frustrant : on survole un monde riche qui mériterait d’être développé ! Quel dommage : plusieurs choses étaient réunies pour réaliser une bonne saga…

 

Citations :

Tu sais très bien ce que font les organisateurs avec ce genre d’événements : « on va essayer le nouvel engin dans un secteur vraiment dangereux, pour qu’il nous offre un bon spectacle ». Grands héros plus grandes désillusions égal gros chiffres d’audience.

—————

Ne baissez pas la garde, mon capitaine.

 

Ma note :

♥  3/5

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