BD

« L’arabe du futur » T2 de Riad Sattouf

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : L’arabe du futur T2
Auteur : Riad Sattouf
Genre : Bande dessinée pour adultes / Autobiographie
Editeur : Allary

résumé du livre

Né d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf raconte sa jeunesse au Moyen-Orient. Il apprend à lire et écrire l’arabe, découvre la famille de son père et, malgré ses cheveux blonds et deux semaines de vacances en France avec sa mère, fait tout pour devenir un vrai petit syrien et plaire à son père. Il découvre également la vie paysanne et la rudesse de l’école à Ter Maaleh, les courses au marché noir à Homs, les dîners chez le cousin général mégalomane proche du régime, les balades assoiffées dans la cité antique de Palmyre, …

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Ma critique

Ce second tome est de la même qualité que le précédent, que ce soit au niveau des illustrations que de l’histoire. L’auteur utilise le même procédé de coloration afin de situer l’endroit où se passe l’action tout en mettant certains éléments en valeur. Ici, il ne doit y avoir qu’une quinzaine de pages se déroulant en France. L’action se centralise donc sur la Syrie. L'Arabe du Futur, tome 2 : 1984 -1985 Riad SattoufQuant aux personnages, ils sont toujours autant expressifs. Je n’ai donc pas été déçue par les dessins simples et épurés : c’est toujours un régal de tourner les pages.

J’ai trouvé le récit bien plus sombre que dans le premier opus (qui l’était déjà à cause des armes ou de la scène du chien qui m’a beaucoup marquée). La violence est réellement partout, notamment à l’école où les enfants ne sont vraiment pas grand chose. C’est presque banal de frapper des enfants s’ils ouvrent la bouche, se comportent mal ou oublient de faire quelque chose… Et je ne parle même pas de ceux qui n’ont pas pu aller aux toilettes/faire leur commission dehors à temps… Il y a également les Puants, ces enfants trop pauvres, considérés comme des moins-que-rien qui n’ont pas d’autre place que le fond de la classe. J’ai été très intriguée par l’éducation de cette maîtresse (elle préfère apprendre l’hymne national plutôt que le reste) et plus particulièrement, par sa tenue : elle est voilée, mais en jupe courte avec des talons hauts. Malgré mes lectures diverses, je dois avouer que je n’aurais jamais imaginé de tels vêtements pour une enseignante. Par ailleurs, j’ai trouvé les enfants aussi cruels que violents. Je ne parle pas uniquement du passage des grenouilles : ils se frappent et menacent sans arrêt de mort ! Ils sont à l’image de ce que l’on leur inculque. C’est vraiment une culture que je ne connais pas, mais que je découvre en même temps que le jeune Riad.

J’ai beaucoup aimé certaines scènes, même si elles étaient courtes. Ma préférence va aux passages avec Maha et Leila : Riad et cette dernière étaient très mignons lorsqu’ils ont partagé leur passion du dessin. Hélas, le sourire a vite quitté mon visage, en particulier lorsque j’ai découvert le sort que l’on a réservé à Leila sous prétexte qu’elle avait déshonoré sa famille. Quelle horreur… Cette BD bouleverse, terrifie, écœure et étonne son lecteur. Malgré les émotions que je ressens, je suis admirative et cherche à apprendre voire comprendre ce monde que je ne connais pas… Riad est touchant : même si l’on sent le point de vue de l’adulte derrière ses propos, il reste jeune et naïf. Il ne juge pas… Alors que pour ma part, je l’avoue, j’ai beaucoup de mal avec la figure paternelle. Quant à la mère, je suis vraiment étonnée qu’elle ne se révolte pas davantage (toutefois j’ai lu dans quelques critiques qu’elle va finir par ne plus être aussi soumise dans le troisième tome).

À mes yeux, cette bande dessinée est non seulement autobiographique tout en étant pédagogique : j’apprends des choses, que ce soit au niveau de la culture, de la religion ou de la langue arabe. Le contenu est vraiment très riche et permet de susciter de nombreuses émotions ou questionnements. Au risque de me répéter, c’est une série à découvrir !

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Citations

Quand on était enfants, il était déjà très intelligent. C’est le destin de tous les enfants intelligents de devenir docteur. Comme toi.

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Les filles ont apporté le plat dans le salon, et les hommes, mes parents et moi avons mangé. Maha et ses filles attendaient. C’étaient des tripes de mouton farcies de riz. Très bon.
– Ça me gêne de manger alors que ta sœur et ses filles nous regardent. Elles peuvent pas manger avec nous ?
– Pfff, mais c’est comme ça ici… C’est la vie… Et tu sais quoi ? Ça leur fait plaisir.

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Nous nous sommes arrêtés dans une rue où il n’y avait que des vendeurs de jus de fruits.
– C’est des fruits frais mixés, tu vas voir, c’est trop bon. On va s’en prendre deux entre hommes. Il y a fraise-banane, mangue-pomme, orange-kiwi, et orange. Tu veux quoi ?
– Fraise-banane !
– UN MANGUE-ANANAS ET UN FRAISE-BANANE, COUSIN !
– J’ai que orange, cousin.
– Et pourquoi sur ta carte tu mets tous ces choix ?
– C’est la publicité… Où tu veux que je trouve tous ces fruits…
– HAHA ! ALORS FAIS-NOUS DES JUS D’ORANGE MON FRÈRE !
– Tout de suite monsieur.
– Haha enfoiré d’escroc… Ça c’est les commerçants syriens. Haha…

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Ma note

♥  4/5

 

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