Littérature jeunesse

« Ouled Roumia ou comment se faire des amis » de Claire Ubac

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Ouled Roumia ou comment se faire des amis »
Auteur : Claire Ubac
Genre : Roman jeunesse
Éditeur : L’école des loisirs

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résumé du livre

Le jour de ses neufs ans, Farid a eu pour la première fois le droit d’aller sur le terrain vague, de l’autre côté de la rue, là où les garçons de son âge se retrouvent pour jouer au foot. Il était sûr que ce jour serait l’un des plus beaux de sa vie. Mais tout à coup, un garçon a surgi derrière lui et lui a donné une grande tape dans la nuque en criant : « Ouled Roumia ! », ce qui veut dire : « Fils de la Française ! ». Jusqu’à présent, personne ne lui avait rien dit au sujet de sa mère. Le garçon a continué à lui crier ces mots de plus en plus souvent. Maintenant, Farid vit dans la peur. Il ne sait jamais quand son tortionnaire va surgir mais il le croise presque tous les jours. Il n’a rien osé dire à sa mère et n’en a pas vraiment parlé à ses nouveaux amis du terrain vague. Il se sent terriblement seul. Il croit que ce garçon est une incarnation du mal, il le soupçonne même d’avoir des pouvoirs surnaturels. La vérité est beaucoup plus simple… et inattendue.

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Ma critique

Et voici mon avant-dernière lecture pour le Challenge ABC… J’avoue ne pas avoir été attirée par la couverture, mais simplement par le nom de famille de l’auteure ainsi que par le résumé. J’étais curieuse de découvrir cette histoire abordant la thématique de l’amitié, de la famille et du harcèlement. D’autant plus que le contexte était très intéressant : on est dans un pays maghrebin où la culture est différente. Je m’attendais donc à découvrir une ambiance sortant des ouvrages jeunesse habituels… Hélas, pas de joli voyage à l’horizon ou de places du marché bondées… 41xt6x0aaal-_sx307_bo1204203200_Juste Farid, un petit garçon chagriné par un autre enfant qui ne cesse de l’insulter et de le cogner régulièrement. Il y a énormément de longueurs, puisque Farid va malheureusement subir les moqueries de Nouredine, alias « Le Bouc », plus d’une quinzaine de fois sans réagir…

Il est très rare que je spoile une fin, mais sachez que je vais faire une exception pour ce roman jeunesse, car cette conclusion qui a principalement gâché ma lecture. En effet, Farid va finir par aller voir Nouredine pour lui mettre un coup de boule. « Le Bouc » va ensuite devenir son ami et va lui expliquer qu’il n’est pas très sympathique car un membre de sa famille est malade. Notre jeune héros accepte cette excuse et tout est bien qui finit bien… Je regrette, mais non, je n’adhère pas à cette fin qui prône la violence. D’autant plus que Farid n’en a pas parlé avec ses parents et n’a pas réfléchi sur la chance qu’il avait d’être métis ou d’avoir une maman différente. Il se contente de se faire harceler, puis de frapper avant de devenir l’ami de son agresseur. Certes, cela soulage, toutefois je m’attendais à un message plus important.

L’ouvrage est censé être pour les 9-12 ans, néanmoins j’ignore si l’histoire plaira. Il n’y a pas beaucoup de rebondissements, le rythme est lent et les scènes se répètent souvent… Mais, j’espère me tromper, car l’idée de base était vraiment bonne et le lieu où se passe l’histoire sortait de l’ordinaire… Hélas, en ce qui me concerne, c’est malheureusement une grosse déception. « Ouled Roumia ou comment se faire des amis » est une lecture que j’oublierai vite et ne conseillerai pas forcément…

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challenge abc.

Citations

Avant de connaître Saïd, Kamel et Sélim, Farid pensait que la solitude, c’est quand on n’a pas d’amis. Depuis qu’il est assailli par le Bouc, il s’aperçoit qu’il ne savait pas ce qu’est la solitude. La solitude, c’est avoir des amis tout en étant séparé d’eux. Leur parler avec l’impression que ta voix sonne faux ; bouger, jouer, rire tout en ayant l’impression de faire semblant. Te sentir honteux de les trahir parce que tu leur caches une chose importante. La solitude, c’est être malheureux sans être consolé […]. La solitude, c’est n’avoir que des pensées menaçantes pour te tenir compagnie.

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En fait, il n’est pas loin de lui en vouloir de ses cheveux blond-blanc, de ses yeux bleus et de son accent françaouïa. Si seulement son physique ne se détachait pas des autres mères d’ici. Cela lui éviterait, à lui, d’être humilié au son de l’horrible « Ouled Roumia »…
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– Elle voulait pas que je vienne au terrain parce qu’elle a peur des voitures, c’est pour ça ! […]
– Ouais, c’est normal, là-bas en France ils ont des bolides, alors ils rentrent leurs enfants vite fait après l’école, sinon ils finissent tous zigouillés sous les roues !

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Ma note

  1/5

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2 réflexions au sujet de « « Ouled Roumia ou comment se faire des amis » de Claire Ubac »

  1. C’est malheureux, je trouve, que certains romans jeunesse ne véhiculent pas les bons messages ! J’ai ressenti ce genre de colère à la lecture du pourtant très encensé « Le faire ou mourir » parce que j’étais révoltée qu’on n’attire pas plus l’attention sur le fait qu’un jeune en perdition soit capable de s’accrocher à une fréquentation aveuglément et que cette fréquentation peut parfois s’avérer nocive, à l’inverse de l’amitié idyllique du roman…

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis rassurée de lire ce genre de commentaire car, effectivement, c’est malheureux de véhiculer des messages erronés ou mauvais.
      Je n’ai pas lu « Le faire ou mourir », mais je vois ce que tu veux dire. L’auteur aurait dû attirer l’attention du jeune lecteur, c’est clair…

      Aimé par 1 personne

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