Romances·Romans

« La Môme Églantine » de Jeanine Berducat

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « La Môme Églantine »
Auteur : Jeanine Berducat
Genre : Roman du terroir / Romance
Éditeur : La Loupe

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résumé du livre

Élise, la sage cadette d’un foyer paysan du Berry, va plonger dans le tumulte du Paris joyeux du 19ème siècle. Elle subit le sort des « filles mères » que l’on exilait pour préserver l’honneur de la famille. Un vrai déchirement pour cette jeune maman qui doit confier son garçon à sa sœur afin de rejoindre la capitale où elle va servir comme nourrice dans une « maison ». Une maison bien particulière… La maîtresse est danseuse au Moulin Rouge. Dans ce milieu interlope, parviendra-t-elle à retrouver Rodolphe, le peintre qui avait su la séduire le temps d’un été avant de disparaître ?

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Ma critique

Une fois de plus, le club des lecteurs aura su me faire sortir de mes lectures habituelles ! En effet, avec « La Môme Églantine », je suis partie à Paris au 19ème siècle et, avec l’héroïne, j’ai découvert le French Cancan et la vie d’antan… Cela n’a pas forcément été une lecture facile pour moi, car j’ai eu du mal à me faire au style de l’auteure ou à la façon dont certains personnages s’exprimaient, toutefois j’ai fini par m’y faire. Peu à peu, je me suis attachée à Élise qui, bien qu’ingénue, naïve et amoureuse, va évoluer au fil des rencontres qu’elle va faire. Au départ jeune bergère, elle va devoir devenir nourrice à Paris, puis va s’initier à la danse de cabaret. Cet enseignement, elle le doit à La Goulue, la vedette et cheffe des danseuses du Moulin Rouge. Grâce à elle, la jeune femme va découvrir le monde de la séduction, du plaisir et des tenues affriolantes, tout en restant elle-même. J’ai aimé le fait qu’Élise fasse des expériences sans pour autant devenir une débauchée. couv49662889Elle apprend de ses erreurs, découvre la capitale et laisse ses émotions parler d’elles-mêmes tout en gardant les pieds sur terre. C’est finalement une fille bien qui n’hésite pas à parler à autrui sans avoir d’aprioris et qui n’hésite pas à aider. Elle garde à l’esprit que le père de son petit Paul, peintre de métier, se dissimule quelque part à Paris et compte bien le retrouver !

Les personnages qu’Élise rencontre sont nombreux. Il pourrait être aisé de se perdre, néanmoins l’auteure les présente petit à petit avec, à chaque fois, une scène qui reste en mémoire… Ces rencontres et les amitiés vont toutes être touchantes. Ma préférence va à Marguerite (une cuisinière avec qui elle va travailler), à La Goulue (sa maîtresse de French Cancan) et à Sarah (une gitane diseuse de bonne aventure). Ces trois femmes m’ont émue, chacune à leur manière… Il est à noter que la figure masculine n’est pas très bien représentée dans cet ouvrage. C’est un monde de Femmes, c’est écrit par une femme et cela se voit. Ces messieurs sont principalement des artistes, des personnes avides de bonne chair qui n’hésitent pas à laisser un môme à celle qu’ils ont courtisée ou encore des lâches. Entre le père qui ordonne à sa fille de partir, le beau Rodolphe qui s’en va en la laissant en cloque, Grégoire le fils du Châtelain de Puy Guillon et les hommes qui fréquent le cabaret, l’Homme n’a pas de beaux rôles… Il n’y a qu’un vieux musicien qui sort du lot… C’est un peu dommage !

J’ai beaucoup aimé le fait que le récit soit réaliste. Avec les descriptions de Jeanine Berducat, on imagine aisément l’ambiance champêtre et bucolique ainsi que la confrontation de deux univers totalement opposés : la campagne et Paris. Je me suis réellement sentie dans une autre époque ! C’était plutôt plaisant… Enfin, j’ai été surprise par les nombreuses révélations finales : je ne pensais pas qu’il y aurait autant de liens entre les protagonistes ! Si vous aimez les romans du terroir et les histoires crédibles, alors venez faire la rencontre d’Élise, une jeune femme qui va non seulement découvrir un autre monde que le sien en plus de se découvrir elle-même…

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Citations

Méfie-toi petite ! Tout ce qui brille n’est pas d’or ! Tu ne connais pas les dessous : des vies diluées, des beuveries, des ruptures, il faut garder la tête sur les épaules ! Ces amusements ne sont pas pour nous. D’ailleurs, tu as bien vu que toute la haute société fréquente le Moulin Rouge.
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La belle en larmes
Pleure l’abandon de ses charmes
Dont le volage enjôleur
A cueilli la fleur.
Elle sanglote
Au bord de l’onde qui grelotte
Sous les peupliers tremblants
Pendant que son regard flotte
Et se perd sous les nénuphars blancs
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Elle sortit et revint avec un bébé bien plus gros que Paul, qu’elle tendit à Élise. Une grande émotion submergea la jeune fille.
– On dirait mon petit ! Qu’il est mignon ! Quand je pense que j’ai dû l’abandonner !
Elle éclata alors en sanglots.
– Mais c’est pas possible, ce n’est pas une nourrice qu’on nous a envoyée, c’est une fontaine. Allez, garde tes larmes, tu es jeune, belle, la vie te tend les bras. A Paris tu trouveras le bonheur.
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Ma note

♥  4/5

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4 réflexions au sujet de « « La Môme Églantine » de Jeanine Berducat »

  1. Je n’ai pas lu beaucoup de romans de terroirs mais ceux que j’ai lu m’avais bien plu! C’est parfois intéressant de sortir de sa zone de confort pour découvrir d’autres univers. En l’occurrence ici je pense que j’apprécierais le côté réaliste, parisien du XIXe siècle et la rencontre des personnages tous différents 🙂

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