Romances·Romans

« La Coquetière » de Linda D. Cirino

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « La Coquetière »
Auteur : Linda D. Cirino
Genre : Romance historique
Éditeur : Liana Lévi (Piccolo)
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résumé du livre

En 1936, dans le sud de l’Allemagne, à la lisière de la Forêt-Noire, Eva mène une existence solitaire et monotone sur la ferme familiale. Un jour, alors que son mari est sur le point de partir pour l’armée, elle découvre un jeune étudiant caché dans son poulailler. D’instinct, elle le protège et l’abrite. Cette présence déroutante et inexplicable va pourtant bouleverser sa vie et sa vision du monde… Pourquoi Nathanael est-il là? Quelles sont les raisons qui l’ont fait mettre au ban de la société? Quel danger court-il? Avec son simple bon sens, Eva pose les vraies questions sur les préjugés, l’aveuglement, la lâcheté. Elle fait le récit émouvant de sa double éducation sentimentale et politique.

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Ma critique

Ce fut un beau moment rempli d’amour, d’émotions et de réflexions sur Autrui et sur la tolérance. On va suivre Eva, une fermière allemande qui fait de son mieux pour subvenir aux besoins de sa famille. Tandis que son mari part régulièrement avec l’armée et que ses enfants vont à l’école ou s’activer avec les H.J. (jeunesses hitlériennes), elle s’occupe toute seule des champs et surtout des poules dont elle vend des œufs au marché. Cette coquetière est vraiment courageuse, généreuse, intuitive, simple, directe, douce, spontanée et travailleuse. couv51882063C’est une héroïne attachante qui va beaucoup réfléchir sur ses actes, la politique de son pays et sur ses sentiments naissants. En effet, un beau jour, elle va découvrir Nathanael, un étudiant juif en fuite, dissimulé dans son poulailler. Ignorant tout de la haine que portent les autorités aux juifs, elle va l’aider en commençant par le nourrir et lui parler. Ce fut vraiment touchant de les voir se rapprocher, tisser des liens, rire et se découvrir. Leur relation est progressive, si bien que leur amour sonne juste et beau. Eva va véritablement s’épanouir aux côtés de cet homme : elle va apprendre le plaisir, les véritables sentiments (le sexe avec son mari ne semble pas l’enchanter et leur mariage n’a pas vraiment abouti à l’Amour passionné) ainsi que les différences que l’on impose aux Hommes pour une stupide origine… Certaines choses sont évoquées, mais n’en demeurent pas moins affreuses, c’est par exemple le cas d’une discussion où Eva apprend par ses enfants qu’une femme a été stérilisée, car elle a eu des relations avec un garçon dont le grand-père est juif… J’ai souvent tendance à oublier que l’absurde et l’horreur vont vraiment loin…

La plume de Linda D. Cirino est agréable à suivre et permet de rentrer facilement dans le roman. On a l’impression d’une voix-off qui s’adresse parfois directement au lecteur. Par ailleurs, l’auteure arrive très bien à retranscrire les émotions ou les doutes qui assaillent la jeune femme. Par contre, j’ai trouvé cette dernière très naïve et m’attendais presque à ce qu’elle tombe enceinte, puis que son mari revienne à la ferme et tombe sur son petit ventre arrondi… Heureusement, à défaut de savoir se protéger, l’héroïne a évité ce drame… Ce qui m’a soulagée d’une grosse frayeur. On ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup de rebondissements : on reste souvent dans un huis-clos (la ferme familiale) et, lorsque l’on bouge, c’est pour aller sur le marché du village ou chez les sœurs. C’est assez calme néanmoins, cela s’accorde à merveille avec le caractère de la belle coquetière. Pour ma part, cela ne m’a pas dérangée, car on se sent bien dans ce petit cocon où le travail ne manque pas, toutefois cela peut ne pas plaire à tout le monde… Il faut également dire que je me suis vite attachée à Eva malgré son adultère : sa relation avec Nathanael est pleine de tendresse, de naïveté et d’amour. J’ai également apprécié l’amitié qui s’est tissée entre Eva et Marie, une demoiselle recommandée par les nonnes qui cache un lourd secret.

Même si j’avais déjà lu une romance de ce genre, je l’ai trouvé bien construite et émouvante. Par contre, la fin ne m’a pas spécialement plu, car je l’ai trouvé précipitée. J’ai eu la sensation que l’auteure cherchait à tout prix à finir son ouvrage. Même si je n’ai rien contre les fins ouvertes, il reste encore plein de choses que j’aurais souhaité savoir ou lire, comme le retour du mari ou encore le futur des enfants qui, à force d’endoctrinement, ont des propos terrifiants. Il me manque quelque chose, si bien que j’ai un sentiment d’inachevé. C’est dommage, car cela aurait vraiment pu être un coup de cœur… Malgré cette conclusion expéditive et ouverte, je vous recommande cette belle histoire d’amour en milieu rural avec une héroïne que je ne pense pas oublier… En refermant cet ouvrage, je ne peux que songer aux héroïnes de Tracy Chevalier où les Femmes sont aussi remarquables qu’Eva.

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Citations

Nous ne voyons pas la chose de la même façon. Le garde, quand il m’a regardé, a vu l’équivalent d’un chien ; moi, quand je l’ai regardé, j’ai vu un égal.

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Nous étions comme des enfants captivés par un jeu dont ils découvrent les possibilités, qui s’émerveillent l’un l’autre de leurs inventions et s’enchantent de l’intimité de ses mystères.

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C’était comme s’il oubliait que me toucher pourrait avoir des conséquences, pour moi ou pour lui…

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Ma note

♥  4/5

4 réflexions au sujet de « « La Coquetière » de Linda D. Cirino »

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