Romances

« La première fois qu’on m’a embrassée, je suis morte » de Colleen Oakley

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « La première fois qu’on m’a embrassée, je suis morte »
Auteur : Colleen Oakley
Genre : Romance / Littérature contemporaine
Éditeur : Milady

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résumé du livre

Jubilee Jenkins souffre d’un mal extrêmement rare : elle est allergique au contact humain. Après avoir été embrassée par un garçon au lycée, elle se retrouve aux urgences à la suite d’un choc anaphylactique. Dès lors, elle décide de ne plus sortir de chez elle pendant des années. Mais à la mort de sa mère, Jubilee doit affronter le monde et les gens. Un jour, à la bibliothèque, elle fait la connaissance d’Eric Keegan et de son fils adoptif, un petit génie perturbé. Bien qu’Eric ne comprenne pas pourquoi Jubilee le tient à distance, il est sous le charme… De manière inattendue, leur rencontre va permettre à ce trio irrésistible de s’ouvrir à la vie et à l’amour. 

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Ma critique

Un résumé accrocheur, un titre qui interpelle, une ambiance feel-good, des sujets sensibles et intéressants, un univers qui m’est familier, une couverture avec des livres, … J’ai rapidement compris que cet ouvrage avait tout pour me plaire ! C’est d’ailleurs le cas, puisque je me suis régalée tout au long de ma lecture : j’ai ri, je me suis parfois reconnue en l’héroïne, je me suis inquiétée pour le petit Aja et j’ai espéré jusqu’au bout que certaines choses se concrétisent… couv47902596Dans « La première fois qu’on m’a embrassée, je suis morte », on va suivre Jubilee, une jeune femme atteinte d’une étrange maladie depuis sa plus tendre jeunesse : elle est incapable de toucher les gens. Si cela arrive, elle ne va pas absorber l’énergie vitale de son interlocuteur comme le ferait Malicia des X-Men… C’est plutôt elle qui va en subir les conséquences, puisque cela peut provoquer de vives réactions sur son épiderme, voire pire… Depuis ses six ans, elle est incapable de recevoir des câlins ou des baisers de sa propre mère… À son quotidien déjà bien difficile va se rajouter l’agoraphobie… J’ai aimé la façon dont l’auteure a abordé sa maladie. Les émotions de Jubilee sont vraiment bien retranscrites : on comprend son manque d’amour maternel, sa crainte du contact humain, ses stratagèmes pour continuer à vivre sans sortir de son domicile et ses blessures du passé qui ont du mal à cicatriser. Ce premier baiser dont parle le titre a réellement été une scène traumatisante pour elle, que ce soit pour son contexte ou pour les retombées qui l’ont obligée à vivre comme une véritable ermite. Le sujet, sensible, intéressant et peu exploité dans la littérature, m’a beaucoup touchée. J’ai également adoré suivre la jeune femme dans son nouveau travail. En effet, suite à un drame, Jubilee est obligée de quitter son foyer pour travailler. Par chance, elle trouve un emploi à la bibliothèque. En tant que médiathécaire, son quotidien me parlait ! Je me suis retrouvée en elle avec l’heure du conte pour Halloween, la présence de certains usagers réguliers, les références littéraires, les piles de livres partout à la maison, etc. J’ai donc complètement adhéré au contexte de l’ouvrage.

La narration oscille entre Jubilee et Eric, un père de famille qui peine à garder la tête hors de l’eau. Sa femme l’a quitté, sa fille (une ado rebelle) lui en veut et ne souhaite plus lui parler et il vit seul avec Aja, le fils de son défunt meilleur ami qu’il a adopté. Or, Aja est un garçon introverti, intelligent, cultivé, mais terriblement surprenant. Lorsqu’il est dans sa bulle, il n’a pas conscience de ses actes ou de ses paroles. Ainsi, sans qu’il s’en rende compte, il peut briser une table basse en se prenant pour un super-héros doté de pouvoirs psychiques. Cela engendre des problèmes scolaires et des troubles du comportement. Bien qu’il faille attendre un peu de temps pour creuser sa personnalité, j’ai aimé ce petit garçon touchant, avec du répondant et passionné de comics. Le fait qu’il soit légèrement autiste apporte quelque chose à l’intrigue et va permettre à Jubilee de se lier d’amitié avec lui. Par son intermédiaire, on va également aborder le sujet du deuil et la difficulté à reprendre pied. On va aussi creuser la thématique des relations parents-enfants qui est le thème central derrière cette romance. De son côté, Eric est un homme patient avec le cœur sur la main qui cherche à se rendre utile et à tisser une relation père-enfant avec sa fille et Aja. Si j’ai aimé cette facette de sa personnalité, je reconnais avoir eu un peu plus de mal avec son comportement. Je l’ai parfois trouvé très insistant, limite intrusif. Au début, on a l’impression qu’il suit partout Jubilee, qu’il cherche à attirer son attention ou qu’il désire à tout prix à ce qu’elle lui succombe. Certes, cela ne se fait pas de façon malsaine mais, personnellement, je l’ai trouvé trop insistant… Cela dit, j’ai fini par l’accepter et à m’attacher aux personnages, notamment grâce à la narration alternée qui permet vraiment de les comprendre.

La romance en elle-même est attendrissante. Bien que ce coup de foudre partagé soit rapide, Colleen Oakley évite les facilités en prenant le temps de développer la relation des deux protagonistes. Ainsi, chacun garde ses sentiments pour lui et découvre l’autre au fil du temps. On a vraiment l’impression de suivre leur relation. De plus, on ne fait pas dans le mièvre : les émotions sont là, mais ne font pas de l’ombre à l’intrigue ou aux thèmes abordés. Cela sonne réaliste, doux et crédible. Détestant les romances du genre guimauve, qui arrivent comme un cheveu sur la soupe ou qui ne sont pas développées, j’ai été plus que ravie par leur amour… Hélas, mon enthousiasme a déchanté avec le dernier chapitre. En effet, j’ai trouvé la conclusion trouvée expéditive et pas à mon goût… Le choix d’opter pour un bond dans le temps comme celui-là m’a déçue et m’a laissée perplexe… Certes, lorsqu’un livre est classe feel-good, on s’attend à ce que les choses se terminent plus ou moins bien… Mais là, je n’ai pas du tout adhéré à cette fin. C’est dommage, parce qu’à côté de cela, j’ai adoré l’ambiance de l’ouvrage, la façon dont les sujets ont été traités et les différents personnages (le couple, les deux enfants d’Eric ou encore Madison, une amie de Jubilee). Malheureusement, cette conclusion m’a laissé un sentiment amer qui a fait que j’ai reposé mon ouvrage avec une petite moue désappointée. Dommage ! Cette romance avait énormément de potentiel et aurait pu faire partie de mes favorites… Je ressors donc partagée par cette lecture qui a à la fois ses forces et ses faiblesses, mais qui reste très agréable à lire.

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Citations

Si j’ai appris une chose, c’est que l’amour est chaotique. Il ne nous est pas livré dans un joli paquet cadeau. Il ressemble plutôt au cadeau d’un enfant, tout froissé et gribouillé au crayon. Imparfait. Mais toujours un cadeau. Seulement, tous les cadeaux ne sont pas faits pour durer éternellement.

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– Et c’est une bonne chose ? Une faible estime de soi ?
Elle se mord la lèvre inférieure, l’air pensive, et réfléchit quelques secondes.
– Ça vaut mieux que l’inverse.
– Comment ça ?
– Vous avez été au lycée… Qu’y a-t-il de pire au monde qu’un ado arrogant ?

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Le timing, l’amour n’en a rien à cirer. 

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Ma note

♥ 3,5/5

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5 réflexions au sujet de « « La première fois qu’on m’a embrassée, je suis morte » de Colleen Oakley »

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