BD

« Mon père était boxeur » de Vincent Bailly, Barbara Pellerin et Kris

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Mon père était boxeur »
Auteurs : Vincent Bailly, Barbara Pellerin et Kris
Genre : Bande dessinée / Biographie
Éditeur : Futuropolis

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résumé du livre

Cadet d’une famille de quatorze enfants, mon père a l’habitude de se faire respecter avec les poings. À 18 ans, galvanisé par un titre de champion de France Espoir, il interpella ma mère dans la cour de la filature Badin pour lui raconter un rêve qu’il avait fait la nuit même : l’épouser. Durant dix-sept ans, ma mère accompagna ses victoires et ses défaites. Pourtant, de leur histoire je ne me souviens que des disputes, de mon père fou de rage, fou d’amour, fou de jalousie, fou d’une violence qui le dépassait.

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Ma critique

couv17518047Après avoir lu « Un sac de billes » illustré par Vincent Bailly, je me suis tournée vers une autre biographie : celle de Barbara Pellerin. Celle-ci va brosser le portrait de son père au fil des années : sa naissance, son enfance et ce moment où tout a basculé alors qu’elle était une fillette… Elle donne ainsi ses ressentis du moment et les oppose à sa vision d’adulte. Bons et mauvais moments défilent au rythme des pages. On découvre alors cette figure paternelle effrayante, violente, mais aussi aimante. Une fois adulte, Barbara décide de réaliser un film documentaire qui va lui permettre de réellement échanger avec son géniteur. Tous deux vont pouvoir prendre du recul… Ce père, qui ne s’est jamais livré autrement qu’avec ses poings ou des injures, va montrer à quel point c’était un homme blessé… Il aimait sa fille. Il ne savait simplement pas comment s’y prendre… J’ai été très touchée par cette relation difficile entre le père et sa fille. Que ce soit le texte, les illustrations ou la colorisation, beaucoup d’émotions se dégagent des pages. Par exemple, j’ai été très émue par la scène nocturne dans la chambre de Barbara où s’est réfugiée la mère qui s’est fait battre… J’ai également été retournée par les dernières pages…

Je reconnais que, durant ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de juger cet homme dont je ne savais rien hormis ce que je lisais… Sa violence envers sa compagne ne me laissait pas de marbre. Même si cet album est comme un hommage ou une déclaration d’amour à retardement et, même si ce boxeur n’a jamais brutalisé sa fille et qu’il a tout fait pour rendre heureuse cette dernière, je n’ai pas pu changer mon jugement… D’ailleurs, cela va sans doute paraître curieux, mais j’ai eu du mal à regarder le DVD qui accompagnait la BD. Il s’agit d’un reportage retraçant l’histoire de l’album avec des conversations, des questions au père de Barbara et des séances de boxe. On reconnaît les décors dessinés par Vincent Baily. Film et BD. Les deux éléments sont complémentaires… Je trouve que c’est une bonne idée de proposer les deux néanmoins, je dois avouer avoir été déstabilisée par le court-métrage. En effet, j’avais l’impression d’être une voyeuse et me sentais peu à l’aise… J’étais comme en train d’espionner leur relation, chose que je n’avais pas ressentie en lisant la BD. De ce fait, je n’ai pas pu aller jusqu’au bout du visionnage. Je ne vous parlerais donc pas davantage de cet élément annexe.

Le coup de crayon est plaisant toutefois, je l’ai trouvé un peu plus brouillon qu’ « Un sac de billes », car les traits sont encore plus visibles. On a l’impression de voir plein d’esquisses mises en bulle. Cela a son charme, mais cela peut également déplaire à certains… Par contre, la mise en couleur est souvent judicieuse et permet de faire ressortir beaucoup d’émotions dans les planches. Ce fut une bande dessinée pleine de subtilité, de réalisme et de sensibilité. Elle ne laissera sans doute pas les lecteurs insensibles !

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Citations

– C’est vraiment la boxe que tu as envie de filmer ? Ce ne serait pas plutôt… ton père?
– Lui, c’est juste ma porte d’entrée dans la boxe.
– Ce ne serait pas l’inverse, plutôt ? La boxe qui est une porte d’entrée vers ton père.

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Parfois, je croise dans la rue des hommes qui me rappellent la forme de ton visage ou ta silhouette. J’entends alors instantanément ta voix grave et douce m’appeler…

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J’écoutais sa voix lointaine et mon cœur de petite fille devenait un sac d’épines.

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Ma note

4/5

2 réflexions au sujet de « « Mon père était boxeur » de Vincent Bailly, Barbara Pellerin et Kris »

  1. De prime abord, je ne pense pas que c’est un ouvrage qui aurait attiré mon attention, mais les émotions qui semblent se dégager des illustrations et du texte me font revoir mon opinion…
    L’ajout d’un court-métrage est une bonne idée même si je comprends que tu aies pu te sentir mal à l’aise… Quant au père, je trouve intéressante ton analyse, car c’est le genre de personnages complexes dont on peut finir par expliquer une certaine violence sans la justifier. Et c’est une ambivalence que je trouve très dur à vivre autant dans la vraie vie que dans un livre…
    En bref, merci pour ta chronique ! Je n’achèterai probablement pas le livre, mais si je le croise en bibliothèque, je n’hésiterai pas à l’emprunter.

    Aimé par 1 personne

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