Littérature jeunesse·Romances

« La première fois que j’ai été deux » de Bertrand Jullien-Nogarède

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « La première fois que j’ai été deux »
Auteur : Bertrand Jullien-Nogarède
Genre : Romance / Roman contemporain / Littérature ado
Éditeur : Flammarion
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résumé du livre

Le scooter de Tom nous emporta loin du monde. Mes bras entouraient sa taille et je laissai ma tête reposer doucement sur son épaule. Je ne crois pas avoir été plus heureuse qu’à cet instant. Juste une fille comme les autres. Il avait suffi qu’un anglais à cravate surgisse de nulle part pour que mes pieds ne touchent plus le macadam. J’étais vraiment folle amoureuse …

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Ma critique

Voici un ouvrage qui m’a fait passer par une myriade d’émotions aussi bien négatives que positives. Pour un premier roman, je trouve que l’auteur a proposé une romance bien écrite avec des thématiques ainsi que des réflexions intéressantes. Son héroïne a un certain mordant, des idées bien à elle ainsi qu’une personnalité bien développée. Cela dit, il faut tout de même un temps pour apprendre à la connaître… couv40640914Ainsi, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le récit. Les premiers chapitres m’ont laissé un sentiment assez mitigé, en particulier à cause des nombreuses pensées de Karen qui se sont avérées assez pessimistes, sombres et fatalistes. Heureusement, les choses ont commencé à changer avec l’arrivée de Tom dans son lycée. Puis, mon ressenti général s’est nettement amélioré lorsque le petit couple a commencé à concrétiser leur relation à Londres. Dès lors, l’ouvrage a su me plaire. En revanche, la fin inattendue m’a beaucoup touchée et a fait que j’ai vraiment eu du mal à écrire cet avis…

« La première fois que j’ai été deux » aborde avec justesse le thème de la relation à distance et de la première fois. Honnêtement, cela me parle, car j’ai moi-même eu cette expérience amoureuse. Ainsi, les réflexions de Karen m’ont paru très crédibles, car j’ai autrefois ressenti les mêmes choses… Comme elle, je vivais à fond le moment lorsque j’étais avec mon aimé. Le déchirement des « au revoir », l’euphorie des retrouvailles, le petit nuage de l’instant présent, les pensées négatives lorsque l’on pense au temps qu’il y aura lorsque l’on reverra son chéri, tout cela sonne juste et réaliste. De plus, leur romance est très mignonne. Même si leur premier baiser s’est avéré un peu rapide, tous deux apprennent ensuite à réellement se connaître grâce à des mails ou ces échanges épistolaires. On prend plaisir à les voir converser ou à lire les ressentis de Karen dans son journal intime. Des échanges pleins de tendresse qui font du bien. Tom est réellement un garçon doux, sincère, compréhensif, mature, cultivé, adorable et taquin. On comprend aisément pourquoi l’héroïne succombe à son charme.

Dans cet ouvrage, le dépaysement est total ! J’ai grandement aimé les escales de Karen à Londres. Les descriptions des lieux donnaient l’impression d’y être ! On visualisait très bien la scène. Sans oublier les concerts auxquels sont allés le tandem et leurs amis dont l’ambiance était très bien retranscrite. Ce récit dégage énormément de peps et de fraîcheur. À plusieurs reprises, je me suis imaginée avec les protagonistes… Du côté de ces derniers, j’ai trouvé le duo bien construit et étoffé. On apprend bien à connaître le couple et leur entourage (grands-parents de Tom, mère de Karen, Mélanie et Jonathan les deux amis de Karen, etc.). Parmi les personnages secondaires, ma préférence est allée vers Jonathan, un garçon un peu déjanté à la culture impressionnante. Amoureux de Mélanie depuis plusieurs années, il ne se définit pas uniquement à l’image de l’amour transi : c’est surtout un ami drôle, fidèle, affectueux, à l’écoute et présent lorsque ses compagnons ont besoin de lui. Son amitié avec Karen m’a vraiment plu.

lapremierefoisquejaietedeuxSi les idées de premiers émois, de la première relation amoureuse sérieuse et de la relation à distance sont bien traitées, j’ai malheureusement eu du mal avec la finJ’avoue que ce ressenti est purement personnel. En fait, je lisais cette romance dans l’optique de découvrir une œuvre feel-good avec de beaux sentiments. De quoi m’occuper l’esprit ce week-end, parce que j’en avais besoin… Hélas, le dernier quart du récit a pris une tournure inattendue qui s’est alignée avec ce que je traversais en ce moment et que j’essayais d’oublier/de mettre de côté grâce à la lecture. Autant dire que j’ai été touchée et submergée par l’émotion avec cette conclusion… Si j’enlève le côté personnel, je dirais que cela reste un final inattendu, touchant et très bien dépeint. Encore une fois, le sujet abordé est bien retranscrit. L’auteur sait de quoi il parle et l’exprime très bien… En revanche, j’ai un doute sur la décision des deux protagonistes… Sans trop en dire, la vie m’a appris que les choses ne se passaient jamais comme ça dans la réalité… Mais on ne peut qu’espérer que cela se réalise…

Merci encore à Bertrand Jullien-Nogarède et aux éditions Flammarion pour la découverte de cette romance. Cette lecture fut dépaysante, émouvante, tendre, bien développée et philosophique avec plein de réflexions sur la vie, la famille, l’amitié et l’amour en général. Je vous invite à jeter un œil sur Babelio où j’ai recensé pas mal de citations qui m’ont plu et m’ont paru justes. Bref, un très bon premier roman.

.FlammarionPantoneVerct.

Citations

Certains moments de notre existence garderont à jamais une intensité particulière, une vibration dont les ondes continueront à nous parcourir longtemps après.

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Pourquoi faut-il que je vive maintenant dans l’attente d’un mail de Tom ? Il y a encore quelques semaines j’étais bien tranquille dans mon petit monde, jugeant la conduite des uns et des autres, me moquant intérieurement des histoires de cœur de mes amis. Et me voilà à la merci d’un silence de quelques heures. Tout ce que je voulais éviter.
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C’était la première fois que Tom m’appelait « ma petite chérie ». J’en fus surprise et touchée. Personne ne m’avait jusqu’alors appelée « ma petite chérie ». Il en est des privilèges comme des poissons rouges : leur utilité reste à définir, mais on en est pas moins content au début ! Quand j’entends des adultes se donner toutes sortes de sobriquets amoureux, je trouve évidemment ça totalement ridicule. J’ai raison, d’ailleurs. Rien n’est plus bête. Mais « ma petite chérie », c’est quand même trop mignon. C’est mon petit nom cucul à moi. Après tout, j’ai bien le droit à mon morceau de guimauve à moi. L’amour a des vertus aphrodisiaques qui nous rendent de toute façon assez crétins pour ne plus vous amuser de situations qui nous faisaient hurler la veille. J’étais peut-être tout simplement en train de devenir adulte…

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Ma note

♥ 4/5

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8 réflexions au sujet de « « La première fois que j’ai été deux » de Bertrand Jullien-Nogarède »

  1. Je l’ai vu passer sur quelques blogs et même si j’ai vécu une relation à distance, j’avoue que la fin risque de me perturber. Tu restes assez évasive pour ne pas spolier, mais je sens que ça risque de me déplaire… Mais ta chronique n’en demeure pas moins très belle et met joliment en valeur l’histoire.

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