Romans·Young adult

« Et ils meurent tous les deux à la fin » d’Adam Silvera

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Et ils meurent tous les deux à la fin »
Auteur : Adam Silvera
Genre : Young Adult / Littérature contemporaine
Éditeur : Robert Laffont (Collection R)

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résumé du livre

Le 5 septembre, un peu après minuit, Death-Cast appelle Mateo Torrez et Rufus Emeterio pour leur annoncer une mauvaise nouvelle : ils vont mourir aujourd’hui. Mateo et Rufus sont de parfaits inconnus, mais, pour différentes raisons, ils cherchent tous deux à se faire un nouvel ami lors de leur journée de fin. Les bonnes nouvelles : Il y a une application pour ça. C’est ce qu’on appelle le dernier ami, et grâce à cela, Rufus et Mateo sont sur le point de se retrouver pour une dernière grande aventure: vivre une vie en une seule journée.

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Ma critique

C’est en traînant sur les réseaux sociaux que je suis tombée sur cet ouvrage dont la couverture et le résumé ont eu vite fait de m’interpeller… C’est finalement la critique de BettieRoseBooks qui a fini par me convaincre, puisque cette dernière a eu un coup de cœur. Or, j’ai déjà constaté que nous avions les mêmes ressentis sur certains ouvrages. J’ai donc décidé de me fier uniquement à son avis ainsi qu’à mon envie de découvrir ce qu’il se cache derrière ce titre qui dévoile tant de choses sur le récit… couv55606736Un pari osé qui s’est finalement avéré positif, puisque je suis ressortie globalement conquise par ce roman.

L’histoire nous plonge dans un monde ressemblant au notre, à ceci près : grâce à un système nommé Death-Cast, on sait qui va mourir dans moins de vingt-quatre heures. C’est comme si le destin était impossible à déjouer… Lorsque le service Death-Cast nous contacte par téléphone, plus de retour en arrière : on sait que l’on va périr. Comment ? C’est impossible à déterminer. Cela peut-être un accident de voiture, une agression, un ascenseur qui lâche, un train qui déraille, une chute mortelle, un meurtre, … Les moyens diffèrent cependant, l’issue ne change pas… Grâce aux appels, on a alors la chance de vivre à fond son dernier jour : faire ses adieux à ses proches, organiser ses funérailles, vivre des choses que l’on n’aurait jamais osé entreprendre, savourer chaque moment et s’émerveiller de tout sans se soucier du lendemain… On devient alors ce que l’on nomme un « Decker » ; quelqu’un qui vit ses dernières vingt-quatre heures… voire moins ! Personnellement, ce système me ferait froid dans le dos… J’ignore ce que j’entreprendrais s’il me restait moins d’une journée à vivre. Affronter ses proches, les informer du deuil imminent, faire un trait sur ses rêves ou son avenir et devoir faire ses adieux à tout ce que l’on a connu doit être bouleversant… En tout cas, une chose est certaine : le contexte pousse à la réflexion personnelle.

Sur un rythme souvent lent et très calme, on va suivre le dernier jour de Rufus, un orphelin sûr de lui, tête brûlée parfois délinquant, et de Mateo, un geek peureux plutôt solitaire qui a opté pour une vie tranquille. Malgré la situation dramatique, Adam Silvera a toujours su être juste et crédible. Les morts ne sont pas sanglantes ou détaillées, le duo est intéressant et, sans alourdir l’histoire, la narration papillonne de temps à autre vers d’autres citoyens afin de percevoir leur point de vue sur les deux héros ou sur la vie en général. On a alors la sensation que, pendant que les personnages principaux vivent leurs derniers instants, la vie continue… Le temps est éphémère… Il passe inexorablement, tandis que le compte à rebours s’écoute lentement mais sûrement. Même si les personnages gravitant autour du duo principal sont de passage et ne sont pas développés, certains ont réussi à titiller ma curiosité, en particulier Lidia, une jeune maman qui élève seule son enfant et qui fait preuve de peps, d’humour, de gentillesse et de franchise. L’acceptation de soi, la Mort, les liens que l’on tisse, la famille, l’amitié et l’Amour sous toutes ses formes sont des sujets universels. Ce sont des messages forts que véhicule l’auteur. Ainsi, on peut reprocher le fait que le récit ne dure qu’un jour et soit assez mou, mais on ne peut nier que les thématiques nous parlent, nous poussent à la réfléxion ou nous émeuvent. Certaines scènes sont d’ailleurs très touchantes comme, par exemple, celles qui vont décrire le passé de Rufus ou celles qui vont mettre en scène le père de Mateo. Celui-ci étant dans le coma, il ne sera donc pas au courant que son fils va mourir et ne sera donc pas à ses côtés pour le soutenir…

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Pour pallier à l’absence de proches ou pour avoir un soutien, les Deckers ont la possibilité d’utiliser l’application « Le Dernier Ami ». Elle permet d’avoir une dernière personne, normale ou un autre Decker, à qui parler. C’est ainsi que Rufus et Mateo vont se rencontrer… J’ai trouvé leur relation vraiment été particulière, belle, étrange, respectueuse, complice, douce et unique. Tout en étant complètement différents, les deux jeunes hommes se complétaient à merveille et avaient beaucoup de points communs. Ils vont beaucoup apporter l’un à l’autre. Ensemble, ils vont braver leurs craintes et révéler leur passé, touchant ainsi le lecteur de plein fouet… Je ne pensais pas découvrir deux personnages aussi complémentaires et émouvants. Cela a été une véritable surprise ! D’ailleurs, si j’ai parfois regretté le manque de tension ou le rythme léger du récit, j’ai finalement balayé ce défaut en reconnaissant que c’est grâce à cette lenteur que l’on a pu autant découvrir le tandem… Si les choses étaient allées trop vite, je ne pense pas que je me serais autant attachée à eux… Ceci dit, j’aurais souhaité avoir un juste milieu, car j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs !

Je ne sais pas si je garderai un souvenir impérissable de cette lecture à cause de la fin (qui n’est pas celle que vous croyez) cependant, je peux vous assurer qu’elle m’a beaucoup touchée… Malgré le titre qui annonce d’entrée la couleur, on ne peut s’empêcher de découvrir puis de s’attacher à ces deux garçons. Jusqu’au bout, on espère l’inévitable… D’ailleurs, certaines choses surprennent, d’autres moins… Et que dire de ce dernier quart qui s’avère véritablement haletant et tendu ? Plus on avance vers la conclusion, plus notre cœur bat les cent à l’heure ! C’est un condensé d’émotions qui vous assaillira petit à petit. Reste à voir si, comme moi, vous voulez reposer cet ouvrage avec un pincement au cœur…

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ltgwe-newlogo

(Ouvrage lu dans le cadre du LTGWE. N’hésitez pas à cliquer sur la bannière.)

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Citations

On approche un peu plus de la mort à chaque minute qui s’écoule, dans un monde qui veut notre peau…

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J’ai perdu du temps et raté des occasions de m’amuser, tout ça parce que j’attachais de l’importance à des choses qui n’en avaient pas.

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Holà, on prend pas l’ascenseur, lance Rufus. Deux Deckers qui prennent l’ascenseur ensemble pendant leur Jour Final, c’est qu’ils veulent se foutre en l’air, ou alors c’est le début d’une blague pourrie.

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Ma note

♥ 4/5

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11 réflexions au sujet de « « Et ils meurent tous les deux à la fin » d’Adam Silvera »

      1. Le sujet pourrait me plaire, mais mon manque d’attrait pour le contemporain (même s’il y a une pointe de SF) actuel combiné à une fin prévue ainsi qu’une histoire sur une seule journée m’ont décidé à ne pas tenter!

        Aimé par 1 personne

  1. j’ai adoré ce livre. l’idée qu’on soit prévenu de sa mort imminente.. ça m’a un peu rappelé la série Black Mirror qui fait également dans l’anticipation. tout comme toi, je ne retiendrais probablement pas ce livre dans les années à venir, n’en reste que c’était une belle histoire **

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