Science Fiction·Young adult

« Sirius » de Stéphane Servant

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Sirius »
Auteur : Stéphane Servant
Genre : Science-Fiction / Young Adult
Éditeur : Éditions du Rouergue

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résumé du livreAlors que le monde se meurt, Avril, une jeune fille, tente tant bien que mal d’élever son petit frère, Kid. Réfugiés au cœur d’une forêt, ils se tiennent à l’écart des villes et de la folie des hommes… jusqu’au jour où le mystérieux passé d’Avril les jette brutalement sur la route. Pourchassés, il leur faut maintenant survivre dans cet univers livré au chaos et à la sauvagerie. Mais sur leur chemin, une rencontre va tout bouleverser : Sirius.

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Ma critique

Cet ouvrage, il en aura fait des allers-retours entre les rayons de la bibliothèque et ma pile à lire ! Plusieurs fois, j’ai tenté d’emprunter ce petit pavé en espérant prendre le temps de le lire, puis je le rendais, non sans regrets. J’ignorais totalement si ce livre allait me plaire ou non… En effet, après voir lu beaucoup de critiques unanimes, je craignais de mettre la barre trop haut.  C’est finalement l’avis de Stelphique qui m’a boosté, si bien que je m’y suis attaqué le temps d’un week-end.couv19954591 La lecture fut globalement agréable, prenante, assez déroutante, originale et un brin loufoque. J’avoue que l’on frôle parfois l’ovni littéraire, si bien que j’ai un doute sur le fait que l’intrigue plaise à tout le monde en raison de son côté onirique et fantastique… En tout cas, l’avancée du récit et son dénouement sont vraiment atypiques. Pour ma part, j’ai refermé « Sirius » avec satisfaction.

L’un des points forts de ce titre est son univers post-apocalyptique. La vie n’est plus ce qu’elle était : la majorité des animaux sont morts, la nature peine à repousser, les villes n’existent plus, les tremblements de terre sont fréquents et chaque créature n’est plus apte à donner naissance. Le concept d’enfanter a disparu… Ainsi, les humains se contentent de survivre et de vivre en ermite ou en groupe… J’ai trouvé que l’auteur retranscrivait bien le chaos. On sent que l’Homme a franchi un cap qui a complètement anéanti l’humanité. Or, il continue de semer le mal, puisqu’il semble être fréquent que certains cherchent des vivres là où ils le peuvent… Quitte à commettre le pire… ! L’atmosphère est sombre, oppressante et sinistre : chaque rencontre peut conduire à la mort. En effet, la démence, la fin ou la solitude semblent avoir rongé les rescapés. On est donc dans un climat d’incertitude, puisque la personne dont on croise la route peut aussi bien nous vouloir du bien que du mal et peut également agir brutalement par peur ou pour se défendre. Pourtant, malgré le contexte, j’ai trouvé que le texte dégageait parfois quelque chose de joyeux… L’histoire se déroule aux côtés d’Avril, une adolescente à la peau ébène et à l’épaule tatouée d’une étoile noire, qui a pris Kid, un bambin à la peau laiteuse, sous son aile. Malgré leurs différences physiques, Avril affirme qu’il s’agit de son frère. Elle se donne véritablement corps et âme pour lui. Leur lien apporte une véritable bouffée de fraîcheur. Kid est garçon innocent plein de naïveté, de gentillesse et de curiosité. Sa vision utopique et candide du monde (l’ancien comme l’actuel) rend parfois l’ambiance douce et pétillante. Il est comme une jeune pousse au milieu des cendres. Un espoir. Un avenir.

Le rythme de l’ouvrage est à la fois lent, un peu répétitif et dynamique. On est sur l’idée de voyage. Dans ce road-trip, Avril et Kid vont devoir quitter leur foyer pour se rendre dans les montagnes où ils espèrent trouver leurs parents. Leur route sera truffée d’embûches, de rencontres et de découvertes. Ils devront systématiquement s’adapter à ceux qu’ils auront en face d’eux ou au nouvel endroit dans lequel ils mettront les pieds. Comme si les choses n’étaient déjà pas assez compliquées, on va rapidement faire la rencontre de Darius, un jeune homme dément, psychopathe, malsain et cruel qui traque sans relâche Avril. Cette dernière le connaissant bien, décide de toujours avancer pour ne jamais croiser la route de ce fou… Comme le danger n’est jamais loin, le rythme est donc soutenu. Cela dit, cela n’empêche pas le tandem de discuter ou de passer un peu plus de temps dans certains endroits. Parmi ceux qu’ils ont croisés, j’ai particulièrement été marquée par le vieux Herik et par le Conteur, un ancien écrivain qui va accompagner les héros pendant un certain temps. Sa façon de penser et son passé m’ont émue. Ce qui est également intéressant dans cet ouvrage, c’est le fait que les protagonistes ne sont pas tous des humains ! Sirius, Artos, Un et bien d’autres joueront un rôle majeur dans l’intrigue et se verront dotés d’une intelligence sur-développée pour ce qu’ils sont…

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Derrière cette histoire ressemblant à un conte post-apocalyptique, on distingue de véritables réflexions comme, par exemple, l’environnement, l’entraide, la tolérance et la place de l’animal. Dans ce nouveau monde, l’animal a d’abord été rejeté, car on estimait que sa simple présence pouvait apporter la mort et la maladie. Pourtant, pour certaines personnes tel que Kid, une bête est comme un membre d’une famille… Une amitié et une coopération est possible… Et c’est là où je crains que les avis divergent. En effet, l’auteur a décidé de partir sur l’idée d’égalité de tous les êtres vivants. On découvrira dans les chapitres où Kid est le narrateur que certains individus sont très spéciaux puisqu’ils peuvent même aller jusqu’à communiquer sans être proches les uns des autres et ce, qu’importe leur nature. Pour moi, on touche complètement au divin ou aux superpouvoirs… J’ai plutôt apprécié le concept toutefois, je m’attendais à quelque chose de plus réaliste… J’ai donc mis un certain temps à m’y faire.

Ovni, roman d’anticipation young adult, conte, œuvre de science-fiction atypique, … « Sirius » de Stéphane Servant a le mérite de ne pas laisser le lecteur indifférent. Rien qu’avec son concept de chapitres numérotés de façon dégressive et repartant de zéro à la fin est original. Reste à vous si vous serez ou non conquis par l’ambiance ou les personnages… En tout cas, je pense que ce livre me marquera un petit bout de temps

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Citations

La honte, c’est comme l’égoïsme. C’est humain.
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Un jour peut-être, les hommes s’étaient crus différents. Parce que tout leur appartenait. Parce qu’ils avaient le pouvoir de vie et de mort sur les autres espèces. Mais à présent, à présent, ils étaient nus et grelottants, comme aux premiers jours du monde. A présent, ils étaient semblables, tous les cinq. Les hommes n’étaient pas différents du cochon.
– Ce cochon est plus mon frère que vous, souffla Avril. Nous ne partageons plus rien.
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Au matin, la pointe effilée du soleil trancha les liens du sommeil. Ils se réveillèrent en se frottant les yeux

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Ma note

♥ 4/5

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17 réflexions au sujet de « « Sirius » de Stéphane Servant »

  1. Je partage à 200% ton ressenti sur ce livre qui frôle, en effet, l’ovni littéraire. Lu dans le cadre d’un challenge, je suis ravie d’avoir tenter l’expérience car tout dans ce livre m’a plu et notamment la réflexion sur la place des animaux dans la société…
    Par contre, comme toi, je pense qu’il ne plaira pas à tout le monde, il faut accepter de parfois lâcher-prise et de se laisser porter par l’imaginaire de l’auteur.

    Aimé par 1 personne

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