Littérature jeunesse·Romans·Young adult

« Ma vie de Bacha Posh » de Nadia Hashimi

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Ma vie de Bacha Posh »
Auteur : Nadia Hashimi
Genre : Roman contemporain jeunesse, ado’, young adult et adulte
Éditeur : Castelmore

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résumé du livre

La famille d’Obayda aurait bien besoin d’un peu de chance : depuis l’accident de leur père, la vie dans la campagne afghane n’est pas facile pour la fillette de dix ans et ses soeurs. La tante d’Obayda a une idée pour leur porter bonheur : transformer la fillette en bacha posh, c’est-à-dire la faire passer pour un garçon. D’abord désemparée, Obayda – désormais appelée Obayd – devient amie avec Rahim, une autre bacha posh. En sa compagnie, elle va découvrir la liberté…

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Ma critique

Après avoir été touchée par « Pourvu que la nuit s’achève » de Nadia Hashimi, j’ai eu envie de découvrir d’autres titres de l’auteure. J’ai continué avec « Ma vie de Bacha Posh » et ne compte pas m’arrêter là, puisque j’ai emprunté « La perle et la coquille »… Tous ces titres ont comme point commun le fait de mettre en avant des Femmes Afghanes courageuses, touchantes et déterminées. L’auteure met vraiment un point d’honneur à aborder les thématiques des inégalités hommes/femmes, de la discrimination, des conditions de la Femme en Afghanistan et les traditions/la culture du pays. Des sujets très forts qui ne laissent aucun lecteur indifférent. D’ailleurs, systématiquement, j’ai été émue, révoltée et passionnée par ses récits.couv22619920 Dans « Ma vie de Bacha Posh », on va suivre Obayda, une enfant d’une dizaine d’années qui, pour subvenir aux besoins de sa famille et ramener l’harmonie, va devoir devenir un garçon. Étant donné que la base de l’histoire me rappelait « Parvana » de Deborah Ellis, j’avais très peur de lire la même chose sous une autre plume. Heureusement, ces deux œuvres abordent le principe du Bacha Posh (s’habiller, se comporter et devenir un garçon/une fille temporairement afin d’avoir les mêmes privilèges et libertés que le sexe opposé) de façon différente.

Obayda, devenue Obayd malgré elle, va narrer son histoire comme s’il s’agissait d’un journal intime à la première personne. Nadia Hashimi a volontairement employé une narration simple, enfantine, naïve et simple… C’est à la fois la force et la faiblesse du récit. Ce roman est publié aux éditions Castelmore et s’adresse ainsi à des jeunes (le site indique dès 8 ans, j’aurais tendance à dire 10 ans)… Cependant, il a également été imprimé en gros caractères aux éditions de La Loupe afin de toucher un éventail plus large : celui des adultes et des seniors. On peut donc dire que c’est un livre tout public… Le sujet étant important, je trouve cela primordial de mettre cette histoire à la disposition de tous… Néanmoins, le style est quand même très jeunesse. De plus, en tant qu’adulte, je trouve que l’auteure développe peu certaines scènes, passe sur quelques détails ou survole certains points. On touche à des choses sensibles, mais on reste en surface afin de ne choquer personne. J’aurais par exemple souhaité en savoir plus sur les conditions de la Femme ou le mariage forcé… J’aurais également voulu découvrir ce que traverse Rahim(a) et si son destin va rester ainsi… Hélas, plusieurs de ces éléments resteront incomplets ou sans réponses. Le dénouement m’a à la fois donné le sourire et m’a chagrinée : il me manquait quelque chose. Je suis donc assez partagée de ce point de vue-là.

Le principe du Bacha Posh est vraiment très surprenant ! Avant de plonger dans ces histoires mettant en avant cette tradition, j’ignorais que cela existait voire que c’était une pratique très courante ! Suivre le quotidien, les difficultés et les réflexions d’Obayda a été passionnant. Les relations qu’entretient chaque membre de la famille de l’héroïne sont également très intéressantes et émouvantes. Le père de la narratrice m’a énormément touchée… Pour les jeunes lecteurs, c’est un très bel ouvrage abordant des thématiques fortes, contemporaines et dépaysantes. Le texte fait en sorte de proposer suffisamment d’action et de réflexions sans pour autant heurter la sensibilité. Pour les adultes, cette lecture se révélera très poignante, passionnante et facile à lire. C’est une bonne première approche si on ne connaît pas la coutume du Bacha Posh ou que l’on souhaite lire quelque chose de féministe dans un autre pays que l’Europe et avec de belles valeurs.

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Citations

Transforme Obayda en garçon. Un fils dans la maison porte bonheur. Ton mari va retrouver le sourire. Ensuite, vous pourrez envisager de faire un autre bébé. Une bacha posh apporte une énergie masculine dans le foyer. Le prochain enfant sera un garçon. Et une fois que tu auras un véritable fils, ce sera le jour et la nuit, tu verras. Ton mari va retrouver le goût de vivre. J’ai vu les bienfaits de cette transformation dans notre entourage. Ce n’est pas de la magie, mais ça marche. Et Obayda pourra alors redevenir une fille. Tout le monde y gagne.

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Quand on vivait à Kaboul, mes parents envisageaient de l’envoyer à l’université plus tard, mais dans ce village, il n’y a rien après le lycée, et Nila en a conscience. Ici, on prend ce qu’on peut. L’eau, l’électricité, l’école. Rien n’est acquis d’avance.

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– Peut-être que ce n’était pas pour aujourd’hui.
– Comment ça ?
– Tu sais, le destin et tout ça.
– Tu crois au destin ?
Rahim ralentit et me laisse le rattraper. On marche côte à côte, coude contre coude. Il fait noir mais ça ne m’embête pas. C’est comme un bras autour de mes épaules. Rahim réfléchit à ma question avant de répondre.
– Parfois, j’y crois, et parfois non. Disons que si quelque chose de bien m’arrive, je préfère croire que le destin n’a rien à voir là-dedans. J’aime mieux penser que j’y suis pour quelque chose.
– Et si c’est quelque chose de désagréable ? Tu vas croire au destin ?
La voix de Rahim devient froide et dure.
– Dans ce cas, j’aimerais que le destin soit une personne pour pouvoir lui donner un bon coup de pied dans la figure.
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On a enlevé une seule lettre à mon nom et ça a tout changé. C’est une minuscule lettre, on l’entend à peine. Rahim… Rahima. Tu vois ? Si tu la prononces vite, tu peux la manquer. Qui aurait cru qu’un son aussi microscopique puisse faire une si grande différence ?

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Ma note

♥  4/5

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8 réflexions au sujet de « « Ma vie de Bacha Posh » de Nadia Hashimi »

  1. Ayant déjà lu La perle et la coquille qui traite justement des bacha posh, je ne pense pas lire celui-ci. Il est plus jeunesse mais il survole, surtout, donc je préfère rester sur mon gros coup de coeur de cette auteure ❤️️ Par contre, je compte lire les autres romans adultes de Nadia Hashimi !

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