Littérature jeunesse

« Solaire » de Fanny Chartres

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Solaire »
Auteur : Fanny Chartres
Genre : Littérature jeunesse / Roman contemporain
Éditeur : L’école des loisirs

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résumé du livre

Les enfants, les enfants, nous dit-maman à voix basse. Réveillez-vous. Cela pourrait être le début d’un roman fantastique. L’histoire d’une mère qui réveille ses enfants car des phénomènes inexplicables se déroulent dans leur maison. Des bruits suspects. Des cris. Des traces rougeâtres sur les portes et les murs. Le bois qui grince…Le vent qui hurle… Le livre s’achèverait sur une île paradisiaque accueillant une mère et ses deux enfants. Sauvés. Heureux. Cela pourrait… Mais ce n’est pas ça. Notre mère nous réveille pour que nous allions dormir avec elle dans son lit. Maman a peur de beaucoup de choses. De la nuit encore plus que du reste…

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Ma critique

Voici un roman jeunesse à la couverture trompeuse : on n’est pas sur une histoire toute mignonne avec une famille parfaite… Bien au contraire ! Fanny Chartres a choisi de proposer un récit réaliste, dur, contemporain et très fort émotionnellement. Ernest et Sarah vivent avec leur mère qui, malgré son amour pour eux, est incapable d’être stable ou de les rendre heureux. On est face à une mère dépressive, violente, paranoïaque, anxieuse, démente, malade et dans sa bulle. couv61448158Un soupçon de retard après l’école peut la conduire à une rage folle. Elle se laisse complètement aller. Ses enfants sont en totale autonomie : ménage, course, vie quotidienne. Avec un tel train de vie, le mal-être de la maman jaillit sur ses petits, notamment sur Sarah, adolescente, qui va sombrer dans l’anorexie… Je ne pensais pas tomber sur une telle ambiance loin d’être édulcorée ! Certains passages sont choquants et poignants, mais surtout, terriblement crédibles. Malgré la jeunesse et la naïveté du petit Ernest, j’ai ressenti un panel d’émotions ainsi que de l’empathie pour le tandem. Malheureusement, il arrive que certains parents aient des problèmes (plus ou moins graves) et que ces derniers aient des répercussions sur toute la famille… Or, je trouve cela important de le montrer en roman comme cela a été fait avec « Solaire » . Cela change des fictions pleines de tendresse ou qui suggèrent une réalité sans rentrer en détails…

J’ai également été agréablement surprise de trouver un roman mettant en valeur une relation frère/sœur douce, belle et sincère. Ici, pas de chamailleries ou de conflits : Sarah et Ernest sont soudés comme les doigts de la main. Malgré les difficultés de la vie, ils sont là l’un pour l’autre, notamment le petit Ernest qui s’accroche pour que sa « Ossette » se remplume un peu ! C’est lui qui gère les angoisses de sa mère et qui veille à ce que son aînée ne baisse pas les bras. Pour y arriver, il va demander de l’aide à l’infirmière scolaire, son amie Francine et son frère Gaspard, etc. Mais également des personnages imaginaires : Le loup le plus fort de l’album de Mario Ramos (métaphore de sa peur et de l’anorexie de sa sœur) et du bon géant de Roald Dahl (symbolique du bonheur et de son courage). Grâce à tout ce petit monde, il va faire son possible pour venir en aide à sa sœur qu’il aime. Jusqu’au bout, l’auteure va se montrer juste, sensible et crédible. Ainsi, on ne termine pas cette histoire sur un happy-end, mais sur une note d’espoir…

Un beau roman qui, en plus de faire référence à des œuvres jeunesse, met en avant des choses rares en littérature ! Je ne sais pas si cela va plaire à tous les lecteurs mais, pour ma part, j’ai aimé cette découverte…

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(Lu dans le cadre du concours MoseL’Lire. N’hésitez pas à cliquer sur la bannière.)

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CitationsPuis il s’éloigne avec le loup qu’il tient sous son bras droit comme un vulgaire paquet de linge sale. Je ne le quitte pas des yeux jusqu’à ce que leurs silhouettes ne forment plus qu’un point minuscule dans l’immensité verte.

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Mais tu sais, les enfants n’ont pas à être forts à la place de leurs parents, vous aurez bien le temps de l’être plus tard.

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En premier lieu, je rebaptise les différents repas. Le petit déjeuner devient « l’envolée du matin », le déjeuner est « la pause enchantée », le goûter, « l’anticreux du milieu », et le dîner, « les délices de fin de journée ». Puis je commence à détailler le contenu et les ingrédients de chacun. Au programme : lait du jour levant, poudre de l’aurore, pain de la vie, biscottes antichocottes, galipette complète, omelette en fête, soupe étoilée, cake aux mille sourires, fondant et réconfortant, tarte aux amours meringués… 

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Ma note

♥ 4/5

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2 réflexions au sujet de « « Solaire » de Fanny Chartres »

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