Science Fiction·Young adult

« Dry » de Neal Shusterman et Jarrod Shusterman

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Dry »
Auteurs : Neal Shusterman et Jarrod Shusterman
Genre : Science-Fiction / Young Adult
Éditeur : Robert Laffont (Collection R)

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résumé du livre

Avez-vous déjà eu vraiment soif ? La sécheresse s’éternise en Californie et le quotidien de chacun s’est transformé en une longue liste d’interdictions : ne pas arroser la pelouse, ne pas remplir sa piscine, limiter les douches… Jusqu’à ce que les robinets se tarissent pour de bon. La paisible banlieue où vivent Alyssa et sa famille vire alors à la zone de guerre. Soif et désespoir font se dresser les voisins les uns contre les autres. Le jour où ses parents ne donnent plus signe de vie et où son existence et celle de son petit frère sont menacées, Alyssa va devoir faire de terribles choix pour survivre au moins un jour de plus.

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Ma critique

Avez-vous soif depuis le réchauffement des températures de mai/juin ? Imaginez un été où tout le pays est obligé de couper l’eau courante… D’un coup… Sans prévenir… Pour une durée indéterminée… Dans ce roman à quatre mains signé Neal Shusterman (à qui on doit la super saga La Faucheuse) et son fil Jarrod, on va découvrir une ambiance post-apo haletante ! J’ai trouvé ce roman réaliste, notamment dans les conséquences de cette coupure d’eau générale. En effet, on va assister aux premiers débordements, aux émeutes, aux autorités qui tentent de faire face, aux rencontres avec des gens plus ou moins intentionnés ainsi qu’à la façon dont chacun va survivre et s’adapter. Le genre « fin du monde » n’est pas nouveau pour moi, car je l’affectionne, notamment dès qu’il est question de zombies… couv35351975Toutefois, je n’avais encore jamais lu un ouvrage pour ados/young adult qui traitait aussi bien le sujet ! Tout y est : l’atmosphère, les rebondissements, le dépassement de soi, la traque de ressources, etc. On ne s’ennuie pas un seul instant !

L’ouvrage est à quatre voix et comporte parfois des reportages télé ou des narrations ponctuelles de personnages secondaires. Parmi les héros, on distingue Alyssa qui va devoir protéger son petit frère Garrett une fois ses parents disparus… C’est une demoiselle que j’ai appris à apprécier, car je ne la trouvais pas assez développée au début, voire pénible… Puis, son évolution a été très intéressante : de l’adolescente entêtée, elle est devenue une jeune fille courageuse, observatrice, capable de prendre sur elle et altruiste, mais pas tout le temps. Malgré le chaos, elle fera tout pour rester humaine… Mais pour combien de temps ? Kelton, son voisin, est un narrateur qui ne va pas progresser, mais qui va surtout mettre en pratique tout ce qu’il a appris. En effet, son père étant un adepte de la survie au point de préparer sa maison en vue d’un cataclysme, Kelton a toujours baigné dans cette ambiance particulière et anticipe aisément ce qu’il va se passer… Jacqui est un personnage qui va débarquer vers le premier tiers du livre et qui a réussi à titiller le plus mon intérêt ! C’est une jeune adulte badass, débrouillarde, lucide, réfléchie, franche, individualiste, imprévisible, complexe et fonceuse. Enfin, on notera le jeune Henry, un garçon calculateur, négociateur, manipulateur et bon orateur ! J’ai eu beaucoup de mal à le cerner, ce qui est totalement volontaire de la part des auteurs pour ajouter du suspense… Cela dit, en ce qui concerne ce dernier, j’ai quand même du mal à imaginer le fait qu’aucun adulte ne se soit retourné contre lui… Un homme ou un groupe aurait très bien pu le maîtriser ou lui forcer la main… Mais bon, passons…

La panique et l’adrénaline, on la sent dès le début du scénario. Même en tant que lecteur, on imagine aisément certaines scènes ainsi que la soif constante qui anime les personnages principaux, la foule ou les gangs… De plus, on sait que la situation des héros est toujours précaire : tôt ou tard, il y aura des débordements, de la violence, du stress et des meurtres… Les pauvres narrateurs n’auront donc pas souvent le temps de souffler… J’ai trouvé l’intrigue aussi constante que bien ficelée ! Tout s’enchaîne de façon cohérente et crédible. En outre, les auteurs ont réussi à m’apprendre certaines choses comme le risque de dysenterie ! Ils ont également su m’étonner avec le coup de l’attaque nocturne et pour le fort Mc Cracken ! Je ne m’attendais pas à ce revirement de situation… Certes, c’était une grosse possibilité cependant, je n’avais pas osé l’envisager… Ainsi, à défaut d’innover le genre, Neal Shusterman et Jarrod Shusterman ont réussi à me surprendre et à m’emporter dans ce terrible voyage. Un bon roman d’anticipation efficace et plausible ! Vous verrez votre eau en bouteille ou celle de votre robinet autrement…

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Citations

Je vais dans la cuisine pour tourner le robinet moi-même – comme si j’avais de la magie au bout des doigts. Rien. Pas la moindre petite goutte. Notre robinet a subi un arrêt cardiaque et on aura beau tenter de le ranimer, ce sera peine perdue. Je note l’heure du décès, comme aux urgences : 13h32. Le 4 juin.
Chacun se rappellera précisément où il se trouvait lorsque l’eau a cessé de couler des robinets, je songe. Comme pour l’assassinat d’un président.
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Pour les autorités, il est beaucoup plus facile de gérer des gens qui agonisent dans le calme que des personnes furieuses qui se battent pour survivre.  
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Les gens ont tendance à écouter Alyssa pour le meilleur et pour le pire. Pour ma part, j’ai autant confiance en elle qu’en une portion de poulet impérial trouvée dans le minifrigo d’un étudiant.
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C’est un sentiment puissant que de jouer avec sa vie. Nous connaissons tous cette sensation. C’est un sentiment qui vous saisit lorsqu’on songe, rien qu’une seconde, à s’engager à contresens sur la route ou à sauter d’un balcon. Ou encore à jouer à la roulette russe avec le revolver que planque son père. Ce n’est pas comme si on était capable de passer véritablement à l’action, mais le sentiment est présent, comme le vent qui souffle dans notre dos quand on se tient sur le rebord d’une falaise, et qui nous pousse doucement… Imagine… Imagine…
C’est ce que mon psychiatre, plus connu sous le nom de Dr Charlatan appelait l’Appel du Vide – une expression définie dans les revues psychiatriques et tout.
Ce sentiment, je le connais intimement. Il fait partie intégrante de moi. Ce vide me hante quand je mange, quand je dors et quand je rêve, et dès qu’il m’appelle, je suis en première ligne, prête à lui répondre.

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Ma note

4,5/5

 

12 réflexions au sujet de « « Dry » de Neal Shusterman et Jarrod Shusterman »

  1. J’ai du mal à comprendre pourquoi je ne l’ai pas encore lu vu que j’adore La Faucheuse et que le thème principal m’intrigue. Je ne suis pas encore décidée malgré la multitude d’avis positifs. Je le note mais je pense que j’attends le tome 3 de La Faucheuse avant de me lancer dans cette autre saga.

    Aimé par 1 personne

    1. J’hésitais aussi, par crainte de ne pas accrocher autant que les avis positifs. ^^ Du coup, je l’ai emprunté en bibliothèque. Et bien je ne le regrette pas. Si tu aimes le genre post-apo, c’est vraiment chouette comme lecture.
      Idem, le t3 de la faucheuse de fait tellement attendre ! Surtout après la fin incroyable du t2…

      Aimé par 1 personne

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