Fantastique/Fantasy

« Les noces de la renarde » de Floriane Soulas

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Les noces de la renarde »
Auteur : Floriane Soulas
Genre : Fantastique
Éditeur : Scrineo

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résumé du livre

1461, Japon. Hikari, une mystérieuse jeune femme, vit avec ses sœurs dans une forêt peuplée de petits Dieux de la province d’Izumi. Fascinée depuis toujours par les humains, elle s’intéresse de près aux villageois installés au pied de la montagne, et plus particulièrement à Jun, l’un des bûcherons. Mais le contact avec les hommes est formellement interdit par son clan…

2016, Tokyo. Depuis toujours, Mina a le pouvoir de voir et de côtoyer les yokaï, esprits et monstres du folkore japonais. Solitaire à cause de ce don qu’elle doit cacher à tous, la jeune fille ne se sent pas à sa place dans la société. Jusqu’au jour où un esprit tente de s’introduire dans ses rêves et que Natsume, une fille de sa classe, l’entraîne dans une chasse au démon à travers la capitale…

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Ma critique

Au salon littéraire d’Épinal, j’ai craqué pour cet ouvrage suite à l’avis positif des Fantasy d’Amanda. Or, la plume de Floriane Soulas m’intriguait déjà assez, notamment avec le titre « Rouille », qui a eu le Prix Imaginales des lycéens, mais dont les avis divergeaient et dont l’univers steampunk m’intéressait que moyennement… Alors, lorsque j’ai vu que « Les noces de la renarde » mettaient en avant le folklore japonais, j’ai eu envie de tenter ! Et je n’ai pas été déçue de ce côté-là : on retrouve un beau bestiaire avec des yokaïs possédant toutes les formes (tanuki, kitsune, bakeneko, etc.), des kami (divinités), des spectres, des prêtres exorcistes ainsi que des pouvoirs magiques à foison. couv16571385C’est très riche et l’auteure n’hésite pas à parler des lois ou des coutumes qui régissent du côté des Hommes et des dieux… C’est vraiment une chouette ambiance qui est très dépaysante.

Le récit se déroule sur deux périodes : à partir de 1461 avec la yokaï renarde Hikari et en 2016 avec la jeune étudiante Mina. On est donc sur du Japon féodal et du Japon moderne. Les deux femmes ont des tempéraments différents et vont vivre des choses parfois incroyables… Pour une fois, j’avoue ne pas savoir si j’ai une préférence du côté des personnages. Ces héroïnes sont touchantes, dynamiques, courageuses et talentueuses cependant, elles avaient parfois un petit côté trop naïf… Elles m’ont été sympathiques toutefois, je n’ai pas forcément réussi à m’attacher à elles… Dans la narration avec Hikari, on va réellement découvrir le folklore des yokaïs avec une touche d’amour impossible, des morts, de la vengeance et de l’émancipation. Cette histoire a mis beaucoup de temps à démarrer et j’avais parfois du mal à retenir tous les noms de la meute… Je trouvais également regrettable que les protagonistes soient aussi manichéens. Par exemple, on cerne très vite la cheffe méchante et tyrannique, la vieille ayant mauvais fond, la seule et unique amie dévouée, le beau bûcheron, … Un peu plus de nuances eût été préférable. De même, j’aurais espéré que certains personnages secondaires soient un peu plus creusés ! Je reconnais que j’ai réussi à davantage me plonger dans l’univers de Mina, puisque l’on est sur une ambiance de lycée avec des êtres fantastiques. À cela s’ajoute une petite enquête policière avec un mystérieux démon laisse des cadavres de yokaïs derrière lui… Le trio Mina, Natsume et Mayuri m’a bien plu. Leur avancée est lente, mais constante.

De façon générale, j’ai apprécié cette lecture, notamment pour son atmosphère et son dénouement. J’ai été surprise du lien qui unissait les deux narrations, car j’ai compris ce qu’il en retournait seulement vers le dernier quart. Floriane Soulas a vraiment bien su ménager son suspense et a proposé un livre très intéressant ! Mais quel dommage de prendre autant son temps… Il y a de sérieux problèmes de rythme ! J’ai eu la sensation de longueur, voire de répétition, tout au long du roman, notamment du côté d’Hikari dont j’avais saisi la finalité dès la première rencontre… Dommage pour ce côté prévisible ! Du côté de Mina, il y a un peu d’action de temps en temps… Les choses commencent surtout à être prenantes vers la moitié de l’ouvrage, lorsque la demoiselle décide de découvrir son ascendance ainsi que l’origine de ses pouvoirs. De ce fait, on se demande pendant un long moment où l’auteure veut en venir. Certaines scènes auraient pu aller plus vite néanmoins, je comprends ce choix : Floriane Soulas offre une pluie de détails et se concentre sur l’émotion. Ses descriptions sont souvent pleines de délicatesse ou de détails, ce qui contribue à mieux imaginer les différents passages… Hélas, cela se fait au dépens du rythme. C’est donc un avantage comme un inconvénient…

« Les noces de la renarde » est un one-shot avec du bon, comme du décevant, mais j’ai refermé ce titre avec satisfaction ! C’était sympathique. Si vous êtes avides de culture nippone et de folklore japonais et que vous n’avez pas peur des longueurs, prenez vos sandales et direction le Japon !

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Citations

– C’est si terrible que ça ? demanda-t-elle, les sourcils froncés.
– C’est pire. S’ils se rendent compte que tu les voix, alors ils s’accrochent à toi et ne te lâchent plus. Ils répandent tellement de tristesse et de colère, c’est insupportable. Alors je les ignore. Certains arrivent encore à sentir que je suis différente. Ici, dit-elle en balayant la salle du regard, c’est comme un endroit hors de la réalité. Crois-moi, quand tu dois annoncer à un revenant qu’il est mort, c’est triste et violent, ça n’a rien à voir avec cet endroit. Tu as de la chance de ne pas les voir, de juste les sentir, parfois. C’est une malédiction. 

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Il détacha de son cou le talisman qui y pendait et le lui offrit.
– Je ne peux pas accepter, dit Hikari en observant l’objet avec curiosité.
– Vous avez dit que vous n’étiez pas une déesse, mais je sais que ce n’est pas la vérité.
– C’est dangereux de me traiter de menteuse dans ce cas, répondit la chasseresse d’une voix faussement outrée. 

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– C’est un présage, il faut prêter attention à ce qui nous entoure, renchérit la nourrice.
Reika tourna ses yeux aveugles vers le ciel et tendit la main pour sentir la pluie fine. Son geste fit s’envoler les derniers pigeons à ses pied alors que déjà, l’ondée s’arrêtait. Le soleil fit étinceler les gouttelettes un peu partout.
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S’il s’agit de la mission que vous devez mener à bien, je pense que votre choix est déjà fat mais que vous refusez de le voir.

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Ma note

4/5

 

22 réflexions au sujet de « « Les noces de la renarde » de Floriane Soulas »

  1. Ohw! Le rythme lent, le longueurs et les répétition reviennent souvent dans les chroniques que je lis. En effet si elle détaille même avec délicatesse comme tu dis, ça se ressent sur le rythme… Pour les perso manichéens aussi c’est dommage ! Je l’ai dans ma PAL, à voir quand je pourrai le lire, j’ai quand même bon espoir vu ta note malgré les soucis relevés é le fait que tu ne t’es pas attachée aux perso

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis rassurée de voir que tu l’as aimé (je m’en serais voulu, sinon :p). En tout cas, on a relevé les mêmes points forts (le folklore japonais, notamment) et les mêmes points faibles (quelques longueurs et l’impression que l’auteure ne sait pas trop où elle veut en venir).

    Par contre, j’ai l’impression d’avoir davantage apprécié Hikari, mais il faut dire que c’est la première fois que je rencontre une yokaï dans mes lectures. J’imagine que l’attrait de la nouveauté a bien fait son travail ;).

    Aimé par 1 personne

      1. Bah… Je n’aime pas conseiller des livres que la personne n’apprécie pas, en fin de compte. Ça m’attriste de voir que je me suis largement plantée LOL.
        J’ai retenté une lecture qui se déroule au Japon, et ce fut moins concluant, mais à cause de l’univers, donc je pense que ça me correspond aussi. Ouf !

        Aimé par 1 personne

  3. Fan de Japon, j’étais déjà très tentée et ton avis ne fait que confirmer mon intérêt pour cet ouvrage, son ambiance, le bestiaire, la beauté de la plume de l’autrice, la double temporalité 🙂 Reste ces problèmes de rythme et de répétitions qui me poussent à garder ce roman pour une période où j’aurais envie d’une lecture peut-être un peu plus posée…

    Aimé par 1 personne

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