Littérature jeunesse·Romans policiers / Thriller

« Tsipora et le vengeur de sang » de Rachel Hausfater

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Tsipora et le vengeur de sang »
Auteur : Rachel Hausfater
Genre : Roman jeunesse – ado / Polar
Éditeur : Magnard

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résumé du livre

Tsipora, douze ans, vit avec ses parents, son grand frère Uriel et sa petite sœur Deborah dans leur ferme non loin de Jérusalem, au temps du roi Salomon (près d’un millénaire avant J.-C.). Sa vie paisible est rythmée par les tâches domestiques, et par les visites à la famille pour les fêtes. Mais Tsipora, dont le nom signifie « l’oiseau », préfère se promener, jouer, et suivre son père et son frère, plutôt que de rester à la maison ou de se marier, comme les autres filles. Elle picore, bavarde, toujours prête à s’envoler ! Un jour, elle fait la rencontre d’Ezra, un jeune homme en fuite. Dans la région, l’hospitalité est un devoir sacré, aussi elle n’hésite pas à le cacher et le nourrir. Il ne leur faut pas longtemps pour s’apprivoiser, et bientôt Ezra lui confie son secret : il veut aller à Hébron, ville refuge qui le protègera du vengeur de sang, car s’il se cache, c’est parce qu’il croit avoir tué un homme… Que s’est-il vraiment passé ? Tsipora est bien décidée à découvrir la vérité, et à protéger son ami.

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Ma critique

Lorsque l’on m’a proposé la lecture des aventures de Tsipora, j’ai accepté sans hésiter, car le résumé m’attirait. De plus, je n’avais pas lu beaucoup d’ouvrages jeunesse/ado permettant de découvrir un contexte historique ancien (un millénaire avant J.-C., au temps du roi Salomon) ainsi que les traditions ou coutumes juives de l’époque. J’étais curieuse de voir comment tout cela sera traité et espérais que l’auteur apporterait des informations, sans pour autant noyer son jeune lectorat. tsiporaAjoutons à cela, le côté « polar » qui éveillait ma curiosité, annonçant ainsi du rythme dans le récit. J’ai globalement apprécié le résultat qui, en plus de proposer des personnages avec un fort caractère, transmet un beau message d’entraide et d’altruisme tout le long de l’histoire.

On suit donc Tsipora, une adolescente de douze ans dont le destin va basculer suite à une rencontre. La demoiselle m’a rapidement plu, car elle a un tempérament affirmé : elle est à la fois féministe, active, avide de liberté, avenante, gentille, vive et le cœur sur la main. Lorsque quelque chose ne lui plaît pas comme un mariage arrangé avec son cousin, elle le clame haut et fort ! Sa famille n’a d’autre choix que d’accepter sa décision. Par ailleurs, elle n’hésite pas à effectuer plusieurs tâches dans la ferme familiale (même si cela ne lui plaît pas toujours), à s’occuper de sa petite sœur Deborah ou à venir en aide à ceux dans le besoin comme Ezra, un garçon un peu plus âgé qu’elle qui va faire sa rencontre par hasard. Rapidement, le tandem se forme, tissant alors une amitié sincère et protectrice. Même si Ezra avoue à sa nouvelle camarade qu’il pense avoir tué quelqu’un et qu’un proche réclamant vengeance le traque, la fougueuse Tsipora n’a pas peur et lui propose refuge chez elle. J’ai apprécié ces scènes d’échanges entre le duo ainsi qu’entre la famille de l’héroïne et ce meurtrier présumé. Par ailleurs, j’ai pu apprendre des choses, comme la tradition de nourrir puis d’héberger ceux dans le besoin ou encore celle d’effleurer un objet sacré quand on rentre dans le foyer. C’était très intéressant de découvrir quelques informations historiques de façon générale et sur des fêtes juives, ou encore d’apprendre du vocabulaire en hébreu (très simple : papa, maman, etc.). Cela donne du charme au roman et dépayse un peu. Cependant, je pense que certains points auraient pu être un peu plus expliqués, notamment le mariage, car les jeunes lecteurs ne sont pas habitués à trouver de tels événements avec des personnages de leur âge… Il aurait peut-être fallu situer de nouveau le contexte avec une note en bas de page…

Bien qu’assez facilement résolue à mon goût, l’enquête fut sympathique à suivre ! Toutefois, à y réfléchir, il aurait été difficile de la faire durer, car le livre est assez court (110 pages) et comporte bien d’autres éléments ! L’auteure a su trouver un juste milieu entre découverte d’une époque, tissage des liens entre les personnages, investigation et voyage pour découvrir ce qu’il s’est passé avec Ezra, jugement et petits rebondissements de-ci de-là. Il n’y a donc pas de place pour l’ennui. En outre, j’ai trouvé que ce petit ouvrage avait énormément de rythme que ce soit dans le scénario, dans la construction du livre puisque chaque chapitre fait maximum trois pages ainsi que dans la narration qui s’est révélée être à la fois fraiche, simple, rebelle et dynamique. On dévore ce titre avec entrain et on admire les très belles illustrations à chaque tête de chapitres. Je remercie de nouveau les éditions Magnard jeunesse pour cet envoi !

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logo.

Citations

Dans nos contrées, l’hospitalité est un devoir sacré. L’étranger qu’on rencontre dans la rue ou sur la route, on le ramène chez soi, on lui lave les pieds pour enlever la poussière du chemin, on partage le repas avec lui et on lui donne un abri où passer la nuit.
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Venir pour quoi ? Pour moudre le blé ? Cuire le pain ? Laver le sol ? Filer la laine ? Ou pour peigner mes cheveux ? Ma mère les veut sages alors qu’ils sont frisés, elle les veut couverts alors que je les aime libres. A deux mains, je fourrage dans ma tignasse et repousse les boucles brunes qui me tombent dans les yeux. Pas question de les cacher ni de les discipliner. Ni de me discipliner.
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– Tu ne me fais pas confiance, c’est ça ? Parce que je suis trop jeune ? Parce que je suis une fille ?
– Mais non ! s’écrie-t-il, ce n’est pas vrai. J’ai confiance en toi.
– Même si on ne se connaît pas ?
– Oui, même. Tu m’as aidé, tu m’as donné à boire et à manger, tu m’as parlé gentiment et…
– Et ?
– … Tes yeux sont doux…
– Les tiens aussi, je murmure, le cœur battant.
– Et puis, reprend-il, tu n’as pas peur de moi.
Il s’est mis à regarder au loin et sa voix tremble. Je pose ma main sur son bras et lui demande :
– Et toi, de quoi as-tu peur ? De qui ?
– Moi ? J’ai peur de moi…
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Ma note

4/5

2 réflexions au sujet de « « Tsipora et le vengeur de sang » de Rachel Hausfater »

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