Science Fiction

« Les mains pleines de lumière » de VII

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Les mains pleines de lumière »
Auteur : VII
Genre : Science-Fiction / Roman d’anticipation
Éditeur : Auto-édition / Anti-Monde

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résumé du livreUn matin, Artiom Khan se réveille inexplicablement dans un vaste no man’s land irradié. Il y trouve une communauté qui, malgré un dénuement extrême, s’est organisée sous la forme d’une collectivité utopique aux conceptions à l’opposé de celles du monde extérieur. Dans ce futur post-industriel à l’allure d’âge de pierre, Artiom fait la découverte d’une inquiétante plante censée lui permettre d’élucider les secrets de l’existence humaine. Mais quelles sont les véritables motivations de cet étrange végétal ?

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Ma critique

Merci à VII de m’avoir proposé de découvrir son roman d’anticipation dont les thématiques m’avaient intriguée dès la lecture du résumé. J’ai plongé dans cet univers avec curiosité, découvrant alors des terres hostiles où survit un petit groupe d’hommes et de femmes. C’est là qu’Artiom va se réveiller sans qu’il n’en comprenne les raisons. Rasé de la tête jusqu’aux pieds, il va se demander qui l’a enlevé et placé là… Mais surtout pourquoi, dans quel but et pour combien de temps ? Ce sont des questions légitimes que le lecteur va également se poser, notamment en découvrant cette communauté vivant dans ce que l’on appelle « Le Champ ». J’ai apprécié découvrir Valeria (une femme assez dingue, réactive et paranoïaque), Andika (une survivante cachotière, patiente mais parfois violente), Dounia (une vieille dame aveugle pleine de connaissances), Ildar, Julka (un chat mystérieux) et bien d’autres. Même si l’auteur aurait pu les développer un peu plus, ce sont des personnages secondaires qui interpellent, notamment la gent féminine. mainspleinesdeLeur personnalité est complexe, trouble et captivante. Pendant longtemps, on a du mal à les cerner ou à savoir sur quel pied danser, si bien que l’on comprend aisément la méfiance qui anime le narrateur. Par l’intermédiaire de ces rescapés, VII aborde divers sujets sur notre société : l’hypertechnologie avec l’omniprésence des machines, les tendances sociales, les opinions politiques, l’écologie, la vie en communauté, la liberté, etc. Chaque individu a sa vision des choses et ne va pas hésiter à en débattre avec Artiom.

Après avoir fait la rencontre des habitants du Champ, le lecteur va pouvoir découvrir cet environnement dangereux dans lequel on n’aimerait pas mettre les pieds ! En effet, très rapidement, on apprend que ces terres ont été irradiées. Survivre est donc difficile, puisque les animaux ou la végétation sont contaminées. De plus, certaines zones sont plus nocives que d’autres et il semble rarissime de pouvoir partir. Survivre longtemps est donc difficilement envisageable, notamment si l’on a une santé assez fragile. Pourtant, le petit groupe continue de vivre sans trop y songer et quelques individus ont même essayé de donner naissance… On apprend énormément de choses sur les effets de la radioactivité, que ce soit sur le court ou le long terme. Cela m’a rappelé la série tv « Tchernobyl » qui aborde également très bien le sujet. Il est à noter que les descriptions des corps en décomposition sont particulièrement dégoûtantes. Les âmes sensibles risquent de frémir ou d’être fortement écœurées ! Durant son errance dans ce nouveau monde, le narrateur va être confronté à une étrange plante ayant une allure particulière ainsi que des capacités insoupçonnées. Cet organisme fascinant va totalement bouleverser le récit et va permettre d’aborder de nouvelles thématiques comme le savoir, l’évolution de l’espèce, la conscience humaine ainsi que les croyances. Dès lors, une véritable quête initiatique commencera pour Artiom. Les réflexions qui en découlent sont très pertinentes, noires, cruelles et pessimistes. C’en est même déstabilisant ! J’ai parfois ressenti un certain mal-être durant ma lecture suite à ces idées soulevées et à quelques scènes. J’ai par exemple été décontenancée par l’une des actions de Valéria que j’ai jugée aussi inattendue que malsaine…

J’ai globalement apprécié « Les mains pleines de lumière » qui change des récits post-apocalyptiques ou futuristes que l’on a l’habitude de lire. Grâce à l’étrange plante que va découvrir le héros, le texte va prendre une dimension imprévue, spéciale et originale. J’ignore si cela plaira à tous les lecteurs, cependant cela a le mérite de changer… J’ai tout de même quelques regrets comme le dénouement assez précipité (j’aurais souhaité quelques chapitres supplémentaires) ou encore le manque d’attache à Artiom. Bien qu’il paraisse crédible et humain, ce n’est pas le type d’individu que j’affectionne. Ses réflexions ou quelques-unes de ses actions m’ont déstabilisée. Ainsi, il ne m’a pas paru sympathique. Toutefois, cela ne m’a pas empêchée de prendre plaisir à le suivre ! L’ambiance est immersive, efficace et remplie sans cesse de nouvelles informations, rendant l’ennui difficile. Si vous appréciez les romans d’anticipation, la science-fiction qui apporte des réflexions sombres et l’ambiance de survie/post-apo’, ce titre est susceptible de vous plaire.

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Citations

Inutile d’inventer des mondes, les mondes sont là ! Contente-toi de les découvrir, me conseillait-elle avec ce ton raisonnable sévère si particulier. Les théorèmes existaient bien avant qu’on ne les résolve.
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Nous sommes en train de muter, la nature mute elle aussi, voilà tout. Nous étions des chimpanzés inintelligents, nous sommes devenus une espèce subtile et nous nous transformerons bientôt en humanoïdes… Le Champ verra naître des surhommes ; en comparaison, les génies d’hier passeront pour des simplets, et tout ceci grâce à la radiation ! La radiation est un don du Ciel, à son contact nous entrons dans un monde inconnu, sans précédent, une véritable expérience métaphysique !
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Nous croisions parfois des chiens errants, anciennement domestiqués, retournés à l’état sauvage. Devant l’entrée du château d’eau, nous observâmes un énorme molosse qui rampait sur le bitume, les pattes arrière pulvérisées par je ne sais quoi. Comme un escargot, il dessinait derrière lui une traînée écœurante, mélange de vase et de matières organiques. Il se laissa mourir dans un grand tube métallique comme pour s’éteindre à l’abri des regards. Lorsque nous nous apprêtâmes à prendre notre bain, l’odeur qui émanait de l’énorme tuyau était devenue si épouvantable que nous décidâmes d’aller ensevelir la dépouille du molosse dans un fossé. De grosses mouches tachetées s’envolèrent de la carcasse quand nous soulevâmes le corps du pauvre chien. Vidé de ses organes, il ne pesait pas plus lourd qu’une couverture.
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Certains meurent moins d’une semaine après leur arrivée. C’est l’action stochastique, une sorte de roulette russe.

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Ma note

4/5

2 réflexions au sujet de « « Les mains pleines de lumière » de VII »

  1. Je ne connaissais pas, mais le roman a l’air original et d’aborder des thèmes intéressants bien que faisant froid dans le dos. Quant à la galerie de personnages étoffée, c’est quelque chose qui me plaît a fortiori quand il y a un chat mystérieux dans le lot 🙂

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