Littérature jeunesse

« Inventer les couleurs » de Gilles Paris et Aline Zalko

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Inventer les couleurs »
Auteurs : Gilles Paris et Aline Zalko
Genre : Roman contemporain / Littérature jeunesse-ado
Éditeur : Gallimard

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résumé du livre .
Hyppolite vit avec son papa à Longjumeau. La vie pourrait être grise, avec un papa qui s’échine entre les quatre murs d’une usine, et l’école où Hyppolite fait l’apprentissage d’une vie avec ses copains Gégé et Fatou. Seulement voilà Hyppolite dessine et les couleurs transfigurent tous ceux qui l’approchent. Et si un enfant pouvait faire grandir les adultes autour de lui ?

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Ma critique

En voyant que cet ouvrage avait été écrit par l’auteur d’« Autobiographie d’une courgette » (que je vous invite à lire ou à voir la jolie adaptation), j’ai voulu plonger au plus vite dans cette nouvelle publication. Il faut avouer que la couverture est magnifique me faisait songer au style de Benjamin, un illustrateur utilisant également beaucoup de couleurs et dont je suis particulièrement admiratrice. couv9662240Aline Zalko a de l’or au bout des doigts : ses dessins sont tout simplement magiques, colorés et envoûtants ! C’est un véritable plaisir des yeux ! D’ailleurs, il y a énormément d’illustrations dans ce petit roman, que ce soit des pages complètes ou des éléments glissés de-ci de-là. Cela donne une impression d’arc-en-ciel tout au long de la lecture. « Inventer les couleurs » est tout simplement sublime !

Malheureusement, le texte n’a pas été à la hauteur du visuel. J’ai d’abord trouvé qu’il n’y avait pas réellement d’intrigue. C’est très calme. On narre surtout le quotidien d’Hyppolite, un petit garçon qui adore dessiner et qui fait des bêtises avec ses camarades à l’école. Il vit seul avec son père qui, suite au départ de sa femme, a sombré dans la dépression, l’alcoolisme et le tabagisme. L’enfant est son seul rayon de soleil qui semble le raccrocher à la vie… D’autres thématiques sont évoquées comme la violence conjugale, la prostitution ou encore le racisme. Il y a un décalage très intéressant entre la dureté des sujets abordés, l’innocence d’Hyppolite et la douceur des dessins néanmoins, j’ai eu l’impression de redite. C’était déjà le procédé utilisé dans « Autobiographie d’une courgette ». Or, j’aurais souhaité que Gilles Paris se renouvelle un peu… De plus, j’ai été frustrée par le dénouement. J’ai eu un sentiment d’inachevé. Cette histoire m’a paru être une mise en bouche ou le prélude d’un roman qui aurait pu être davantage développé. C’est bien trop bref ! On en voudrait encore…

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L’art, et plus particulièrement le dessin, est un élément important dans le récit. Il permet au jeune narrateur ainsi qu’à son père de s’évader et de fuir le réel où tout est gris, sans saveur, difficile et déprimant… C’est une métaphore très poétique, délicate et bien pensée. D’ailleurs, malgré la situation, elle apporte une touche d’espoir dans les dernières pages. Les émotions sont donc assez présentes et il y a beaucoup de sujets percutants toutefois, j’ai regretté la brièveté du texte. Cela a trop joué sur mon impression générale. Je suis donc plutôt déçue malgré les illustrations d’une grande finesse et les messages pertinents de ce bel écrit, plutôt à la destination d’un public de CM2 qu’à des 6e/5e.

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(Livre lu dans le cadre du concours MoseL’Lire.
N’hésitez pas à cliquer sur la bannière !)

P’tit bonus : le site de l’illustratrice !

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Citations

Gégé dit que, sous le tapis du bureau du directeur, il y a une cave où sont enfermés les enfants méchants, nourris à la soupe et aux croûtons de pain. Sacré Gégé. Lui aussi, à sa manière, il sait mettre de la couleur dans sa vie.

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Les feuilles des arbres sont violettes, la mer est blanche, et ma maison est arc-en-ciel, avec le soleil rouge qui entre par ma fenêtre comme un doux réveil qui me réchauffe.

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Je me demande pourquoi on dit gros mot pour « connard » ou « poufiasse ». Ces mots n’ont rien de gros. Ils sortent de la bouche comme une envie de faire pipi. Une urgence.

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J’essaye de suivre sa respiration. Son souffle dans mon cou sent fort la bière et la cigarette, et tant pis si ça sent pas le lilas, c’est mon papa et je l’aime comme il est. D’ailleurs je suis habitué à l’odeur de la bière et, quand il me manque trop, j’ouvre une canette juste pour sentir papa.

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Ma note

2/5

4 réflexions au sujet de « « Inventer les couleurs » de Gilles Paris et Aline Zalko »

    1. Je comprends pour les couleurs.^^ Honnêtement, si tu as l’occasion de le feuilleter, tu devrais en prendre plein les mirettes !
      Oui, c’est dommage… Mais je n’ai pas encore vu de critiques négatives à ce sujet. Je suis la seule avec ce ressenti pour le moment.

      J'aime

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