Romans

« Cassius » de Catherine Locandro

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Cassius »
Auteur : Catherine Locandro
Genre : Biographie
Éditeur : Albin Michel

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résumé du livre .
Dans les années 50, aux États-Unis, la ségrégation bat encore son plein. Malgré leur jeune âge et l’amour protecteur de leur mère Odessa, Cassius et Rudy en subissent la violence au quotidien. Ils encaissent les inégalités comme autant de coups. Jusqu’au jour où l’aîné des deux frères découvre la boxe… Dans les gymnases, la couleur de peau importe peu. Sur les tapis et les punching-balls, les distinctions s’effacent dans une même odeur de sueur. Jab ! Crochet ! Uppercut ! Pour Cassius, progresser devient rapidement une obsession. Il pratique chaque jour et gagne peu à peu en technique et en endurance, aidé en cela par son entraîneur Angelo Dundee. Sur le ring, son énergie est stupéfiante, et son jeu de jambes si rapide qu’il fait penser à une danse. Ses adversaires peinent à suivre le rythme ! Et ce n’est encore qu’un début… Catherine Locandro raconte avec sensibilité et passion le parcours et l’ascension extraordinaire de celui que l’on surnommait « The Greatest », l’un des plus grands boxeurs de l’histoire.

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Ma critique

L’ouvrage n’avait pas grand-chose pour me plaire : il s’agit d’une biographie, genre que je n’affectionne pas forcément, sur le monde de la boxe, un sport qui me laisse insensible, voire qui peut me rebuter… Comme il s’agit d’une lecture pour mon travail et que je souhaitais en savoir plus sur Mohamed Ali, j’ai mis de côté mes appréhensions et j’ai plongé dans cette Amérique mouvementée durant les années 50. caiusLe moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai été agréablement surprise ! Ce fut une découverte intéressante, bien écrite et très fluide. J’ai appris beaucoup de choses sur ce champion du monde de poids lourds ! Certes, c’est romancé et les dialogues que l’auteure a prêté aux personnages n’est que fiction cependant, Catherine Locandro a l’air de s’être bien renseignée sur le boxeur, son entourage ainsi que le contexte historique. On sent bien son travail de recherche et de restitution… Et c’est à mes yeux une grande force d’avoir réussi à intéresser quelqu’un qui n’aurait pas lu ce titre spontanément.

L’œuvre est partagée en plusieurs parties qui se succèdent de façon chronologique. Par ailleurs, chaque division permet au narrateur de changer. L’enfance de Mohamed Ali, alias Cassius Clay, est par exemple narrée par sa mère Odessa. Puis, son adolescence ainsi que ses premiers pas dans la boxe sont racontés par son frère Rudy qui a pu noter la réelle évolution de son aîné. Ce sera ensuite à Angelo Outman, l’un des entraîneurs de Cassius, de relater les combats de son poulain qui deviendra trois fois champion du monde ! Enfin, les dernières pages laisseront la parole à Mohamed lui-même, au sommet de sa gloire, lorsqu’il fait le point sur sa carrière. Chacun offre ainsi sa vision du sportif et montre sa réelle progression au fil des années. La jeunesse de Cassius est la partie m’ayant conquis le plus, car elle met en avant une période historique que l’on connaît peu… Un moment sombre, injuste et révoltant avec la ségrégation raciale. Comme dans « La couleur des sentiments » de Kathryn Stockett ou « Sweet sixteen » d’Annelise Heurtier, le lecteur ne reste pas insensible face à ces inégalités et ces interdictions… En outre, il est surprenant d’apprendre que Cassius a été lucide très tôt ! J’ai été admirative de cet enfant qui a conscience du problème et qui va finalement trouver le seul endroit où les noirs et les blancs sont égaux : le ring ! Un lieu où l’on peut s’exprimer plus ou moins ouvertement et pas uniquement avec ses poings…

Les différents narrateurs ont tous un point commun : de l’admiration pour ce boxeur de talent… qui, en plus d’être un grand travailleur, en a derrière le crâne ! C’est avant tout quelqu’un d’engagé qui ne supporte pas les injustices… Ainsi, on va nous brosser un portrait très flatteur de cette personne provocatrice, motivée, sûre d’elle, impétueuse voulant sans cesse progresser. Véritable battant et bourreau du travail, la défaite ne l’anéantit pas et, au contraire, le motive pour aller plus loin. C’est une belle leçon de vie à prendre en compte ! Avant d’ouvrir cette biographie romancée, je ne connaissais que les victoires ainsi que l’image controversée du boxeur. Je suis donc ravie d’avoir davantage découvert ce sportif tenace et déterminé que ce soit dans un combat sur le ring ou dans sa lutte pour l’égalité. Certes, j’ai ressenti quelques longueurs et ne pense pas approfondir ma lecture avec d’autres ouvrages toutefois, je suis globalement satisfaite.

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(Livre lu dans le cadre du concours MoseL’Lire.
N’hésitez pas à cliquer sur la bannière !)

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Citations

Les champions ne se fabriquent pas dans les gymnases. Ils se distinguent par quelque chose qu’ils ont tout au fond d’eux – un désir, un rêve, une vision.

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C’est à cela que lui a servi la boxe : prendre la parole pour ceux qui ne le pouvaient pas, et être entendu…

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Je suis l’Amérique. Je suis cette partie du pays que vous ne voulez pas reconnaître. Mais habituez-vous à moi : noir, sûr de moi, présomptueux.
La boxe, c’était juste pour me présenter au monde.

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– Cassius est beaucoup trop capricieux.
– Il n’est pas capricieux. Il ne supporte pas l’injustice…
– A cinq ans ? ricane Cash.
Le ton sarcastique de son mari blesse Odessa. Pourquoi n’accepte-t-il pas le fait que Cassius ait déjà une personnalité et des émotions bien réelles ?

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Ma note

3,5/5

8 réflexions au sujet de « « Cassius » de Catherine Locandro »

  1. Joli tour de force de l’autrice d’avoir su te faire apprécier un ouvrage qui, de prime abord, ne t’aurait pas tentée !
    Je ne pense pas le lire, mais j’apprécie quand un auteur arrive à rendre des dialogues fictionnels réalistes et une biographie dynamique, ce style pouvant vite devenir barbant. Je ne savais pas le boxeur si engagé, c’est un aspect intéressant qu’on a trop tendance à faire passer sous silence.
    Néanmoins, et ce n’est peut-être qu’une impression, mais l’ouvrage me donne le sentiment de manquer quelque peu de nuances sur cet homme dont les actes ont parfois été discutables…

    Aimé par 1 personne

    1. Tout à fait d’accord pour ce joli tour de force.

      Tu as raison : Mohamed Ali est même assez glorifié ! D’ailleurs, la fin de sa vie, ses prises de positions politiques ou religieuses sont décrites en quelques lignes. L’auteure s’est vraiment concentrée sur sa jeunesse et ascension jusqu’à devenir champion. Elle n’est pas rentrée dans la polémique ni a pointé du doigt certains de ses actes ou propos effectivement plus que discutables…

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  2. J’aime beaucoup les romans dans lesquels chacun prend la parole à son tour. La plume est censée être différente à chaque fois, ce qui donne au roman un rythme intéressant . J’ai lu « la couleur des sentiments » et j’ai vraiment apprécié cette lecture. Peut-être que je lirai ce livre !!! Merci infiniment pour ta chronique. 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Entièrement d’accord avec toi en ce qui concerne les romans à plusieurs voix !
      Par contre, on n’est pas sur un roman avec Cassius. C’est vraiment une biographie. Et puis… J’avoue que La couleur des sentiments est indétrônable dès que l’on parle du sujet de la ségrégation. ❤

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