Fantastique/Fantasy·Romances

« Désaccordée » de Joanne Richoux

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Désaccordée »
Auteur : Joanne Richoux
Genre : Fantastique / Romance / Littérature ado-YA-adulte
Éditeur : Gulf Stream

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résumé du livre .
Violette, 17 ans, part en virée avec Maëva, Lucas et Alexis. Direction le château d’eau désaffecté de Saint-Crépin-l’Hermite, un endroit à la sinistre réputation. Quelques heures plus tard, elle ouvre les yeux. Elle est couchée face contre terre, au milieu d’une forêt sauvage. Ceux qu’elle rencontre portent des noms bizarres : Dièse, Trille, Sonate… Telle Alice tombée de l’autre côté du miroir, la jeune fille aurait-elle atterri dans un univers à part ? Pourquoi tout le monde la confond avec une certaine Princesse Croche, disparue trois ans plus tôt ? Et qui est Arpège, ce garçon casse-cœur qui la dévisage ? Violette le sent, l’envers de ce décor féerique, c’est un danger de mort. Mais comment retrouver le chemin de la maison ?

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Ma critique

J’ai beau avoir terminé le roman hier soir et avoir réfléchi sur ma future critique pendant de longues minutes, je ne sais toujours pas quoi penser de « Désaccordée », ni comment je vais vous en parler… Ce titre m’a interpellée depuis sa sortie, notamment grâce à sa sublime couverture et grâce à divers avis dithyrambiques comme celui de mon amie Mikasa. Le fait qu’il soit dans les sélectionnés du PLIB a également renforcé ma curiosité. couv46040988J’étais donc aux anges lorsque l’ouvrage est arrivé sous le sapin et me suis empressée de le découvrir ! Hélas, le résultat ne fut pas à la hauteur de mes attentes. Je me suis retrouvée face à un ovni littéraire qui m’a déstabilisée, charmée, enchantée, déplu et laissée perplexe. Tant d’émotions contradictoires ! Une chose est certaine : c’est un texte qui ne laisse pas de marbre, mais qui rentre dans la catégorie des ouvrages avec lesquels « ça passe ou ça casse ».

Le synopsis est volontairement inspiré d’« Alice au Pays des Merveilles » de Lewis Carroll, puisque l’on a une jeune fille innocente qui va basculer dans un monde parallèle rempli de personnes et de créatures fascinantes. On sent énormément l’affection de l’auteure pour la végétation luxuriante, les plantes aux fragrances subtiles, les teintes chatoyantes, les animaux fantastiques mais dangereux… C’est une véritable ode à la nature ! D’ailleurs, je me suis souvent laissé séduire par la beauté des descriptions et le côté onirique de ce monde floral. On imagine aisément plusieurs scènes. Dans ce monde, la musique a une place omniprésente. Les personnages ont tous un nom en rapport avec la musique ou le son. De plus, il y a souvent des extraits des chansons à travers le récit, car les protagonistes poussent régulièrement la chansonnette. En fin de chapitre, il y a toujours un titre d’une mélodie avec son interprète. Je ne l’ai pas fait, car cela m’obligeait à interrompre ma lecture, mais je pense que l’expérience doit être agréable si l’on passe les chansons au moment où Joanne Richoux les cite dans le livre… Pour ma part, j’ai plutôt décidé d’écouter sa playlist une fois le roman terminé. Libre à vous d’agir selon vos préférences cependant, je pense que cela donne une autre dimension d’écouter en même temps que l’on dévore les pages…

En plus d’Alice, cet univers ensorcelant m’a donné la sensation d’un mélange entre « Bienvenue à Pandorient » (La boîte à musique T1) de Gijé et Carbone, « Au pays de l’ailleurs » de Tahereh Mafi et, surtout, « Le voleur de cœur » de Rawia Arroum. Ce cocktail est assez surprenant, mais pas déplaisant, car le résultat est on ne peut plus original ! Dans le Monde des Muses, on va distinguer trois Ordres : les Vivaces, l’élite qui dispose de pouvoirs magiques, les Prunelles que l’on ne verra que trop peu à mes yeux ainsi que les Diapasons, des rebelles aux allures de loubards se déplaçant sur des motos vivantes et dotées de personnalités. Le concept est bon néanmoins, je regrette que l’on n’approfondisse pas davantage ces castes, en particulier les Prunelles qui furent assez inutiles. On se concentre surtout sur les dirigeants des deux factions ennemies, la Reine Trille et Crescendo, et quelques membres des Vivaces dont on va découvrir les pouvoirs. J’ai également regretté que l’on reste en surface avec l’idée de société matriarcale où le sexisme est inversé (les Femmes dirigent. Comme chez les Amazones, les Hommes ne sont là que pour ensemencer ses dames quand elles le désirent et sont très en retrait par rapport aux Femmes…). C’est dommage ! Peut-être que ce manque de développement est volontaire afin de ne pas impacter le rythme ? Ce dernier s’est révélé correct : les différentes parties du récit s’enchaînent avec aisance. Découvertes, tensions, rencontres, fuite, rebondissements, guerre, … Hormis la dernière partie, le récit n’est pas haletant toutefois, on progresse avec plaisir. Je n’ai ressenti aucun temps mort.

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Du côté des personnages, je n’ai pas ressenti spécialement d’attachement. Il me manquait systématiquement quelque chose. Violette a une personnalité simple, crédible, ingénue et assez sympathique. Encore jeune adolescente, elle n’a pas toujours conscience du danger ou des faux-semblants et ne connaît encore rien à l’Amour. Cette plongée dans le Monde des Muses sera pour elle une découverte constante, à commencer par elle-même. À mon sens, elle rentre parfaitement dans l’archétype de l’héroïne des contes. Par ailleurs, j’ai apprécié son évolution au fil des pages ainsi que ses réactions plutôt réalistes… J’aurais cependant souhaité qu’elle possède un peu plus de tempérament. Dièse, le beau Diapason, m’a semblé avoir du potentiel, mais manquait clairement de profondeur. L’héroïne n’a malheureusement pas passé assez de temps avec lui pour le découvrir, mais je suis certaine qu’il aurait été un parfait ami auquel on s’attache aisément. Enfin, ma principale déception vient d’Arpège, un Vivace charmeur, vif, taquin et sensuel. Si j’ai compris l’attirance immédiate et rapide de la narratrice pour lui, j’ai en revanche eu du mal avec leur relation que j’ai trouvé étrange, relativement voire malsaine. Il m’a donné l’image d’un chat jouant avec sa proie qui en a conscience, mais se laisse doucement conduire entre ses griffes… Cette attraction m’a dérangée, en particulier avec la scène de la cascade qui m’a mise mal à l’aise, car j’avais l’impression que cette idylle était un peu forcée. L’assurance dont a fait preuve Violette plus tard m’a finalement donné tort néanmoins, mon impression sur leur relation déroutante n’a malheureusement pas pu changer.

La plume de Joanne Richoux m’a laissé plusieurs ressentis. J’ai par exemple été séduite par ses descriptions lyriques de cet univers végétal, atypique, poétique et musical. Elle retranscrit également très bien les émotions de la narratrice. En revanche, je n’ai pas accroché à ses nombreuses onomatopées que ce soit dans les dialogues (AAAAAHHHhhhhh !, UuuuH, OoooH !) et l’utilisation de majuscules pour souvent accentuer des mots. Lorsque Violette est en plein trip, c’est déstabilisant. J’ignore si c’était pour renforcer le côté adolescent de la narratrice ou si le style de Joanne Richoux est toujours comme ça. Ainsi, malgré mon ressenti partagé, j’ai envie de lire « Toffee Darling », un road-trip apparemment déjanté se déroulant durant les années soixante.

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> P’tit plus avec quelques avis des personnes que je suis sur la blogo :
Mikasa . Pois0n . Léna . Satine

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logo-plib

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Citations

On aurait pu écrire une symphonie, rien qu’avec les soupirs des filles alentour.

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– Attention où tu marches.
Arpège m’a désigné le sol : recouvert de plantes.
Des clochettes de muguet s’éparpillaient çà et là, entre des boutons d’or aux pétales arrondis et des colchiques d’un mauve lumineux. Et aussi… une autre espèce que je n’ai pas su identifier. Les fleurs avaient la taille et la couleur des flocons de neige. Étoilées, chétives, elles pétillaient par milliers au bout de tiges qui s’ouvraient en parapluie.
Je me suis inclinée pour les effleurer ; elles ont alors… esquissé un mouvement de recul?
– Qu’est-ce que…?
Arpège m’a rejointe d’un démarche souple.
– On les appelle des Facéties. Elles sont fragiles. Et chatouilleuses. Je crois que tu leur as fait peur. Il ne faut pas les brusquer, sinon elles vont se désaccorder.
– Se désaccorder?
– Assieds-toi, laisse-les s’habituer à ta présence.

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– Les « Trois Ordres », hein ? Sans vouloir te vexer, ça fait un peu Seigneur des Anneaux. Vous avez des elfes, par ici ? Parce qu’un rencard avec Legolas, je ne dis pas non !
– Qui est ce Legolas ? Un Vivace ?
– Oh oui, il est vivace ! En particulier avec son arc.

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– Quoi?
– C’est tes cheveux.
« Tes cheveux », dans sa bouche à lui… ça m’a émue d’une façon inexplicable.
– Qu’est-ce qu’ils ont, mes cheveux ?
– Je sais pas. Ils sentent bon. Je crois que je pourrais m’enrouler dedans pour la nuit.

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Ma note

2,5/5

 

18 réflexions au sujet de « « Désaccordée » de Joanne Richoux »

  1. Booooon, au milieu de tous ces avis positifs, le tien a de quoi rassurer x)
    Clairement le truc ne manque pas de charme, « maiiiiiiis »… Ce n’est pas mauvais, il y a des qualités indéniables, mais hélas aussi des couacs au moins autant présents… Comme toi, j’ai vraiment eu du mal à mettre des mots sur mon ressenti au départ :/

    J’ai hâte de voir ce que tu penseras de ton autre tentative avec l’autrice du coup!

    Aimé par 2 personnes

    1. Oui, en lisant ton ressenti sur Babelio, j’ai vu que nous avions des avis assez similaires (avec quelques différences par exemple sur le rythme, car j’ai vu que tu t’es ennuyée au début).
      Ce n’est pas évident car, comme tu dis, il y a de bonnes idées… Dommage !

      Aimé par 1 personne

    1. Oui… La « note » indique que j’oscille entre la déception et le « c’est pas mal/avec du bon comme du mauvais ».^^ Il y a effectivement de belles idées ainsi que des défauts… Mais avec tous les bons échos, je suis déçue.

      J'aime

    1. Oui, les avis sont vraiment très différents voire contradictoires. Soit on déteste, soit on est complètement fan. J’ai vu peu de mitigés comme Pois0n ou moi…
      En tout cas, je serais curieuse de lire ton ressenti si tu tentes la plongée dans cet univers onirique et déroutant.^^

      Aimé par 1 personne

  2. Ce que tu en dis me fait me dire que da va casser pour moi donc je vais éviter. Héroïne ingénue et naïve, qui se laisse faire avec le bg telle une proie fasse au chat, han han…
    Les onomatopées dont tu parles aussi, c’est un truc qui casse vraiment le fil de la lecture (pour moi)
    Dommage ! Ça avait l’air plutôt pas mal côté bestiaire et idée
    Et dommage aussi que ça ne t’ait pas plu car c’est toujours mieux d’aimer XD

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, la relation avec le BG était spéciale. Beaucoup ont adoré, mais cela m’a personnellement refroidie.
      Je me souviens, effectivement, que les onomatopées t’avaient dérangée dans le clan des 4. Comme cette saga est jeunesse/ado, je passais l’éponge… Mais pas ici, car on est sur du YA. (Toi c’est en général ou ça dépend du public ?)
      Oui, dommage, car il y avait beaucoup de potentiel et de très belles idées !

      Aimé par 1 personne

      1. C’est de manière générale. Si c’est pas une bd ou un manga, voir des onomatopées typées comme tes exemples me crispent au bout de 2. Certaines situations peuvent le justifier mais l’abus n’est jamais bon, après c’est une question de goût 😅

        Aimé par 1 personne

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