Science Fiction·Young adult

« La saison des ravages » (Apocalypse Blues T1) de Chloé Jo Bertrand

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « La saison des ravages » (Apocalypse Blues T1)
Auteur : Chloé Jo Bertrand
Genre : Science-Fiction / Roman young adult – adulte
Éditeur : Bragelonne

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résumé du livre

Ils s’appellent Kiran, Matthew, Tobias et Charly. Ils ont quatorze, vingt, dix et seize ans. Ils vivent en Inde, en Australie, et dans l’Utah lorsque les conséquences cataclysmiques du dérèglement climatique s’abattent sur leurs têtes. Tornades, tsunamis, inondations ravagent subitement leur monde. Chacun d’eux se retrouve seul dans la tourmente – jusqu’à ce qu’ils se rencontrent sur la roue dévastée. Ensemble, ils vont devoir affronter territoires hostiles et folie humaine pour survivre … et retrouver ce qui leur a été arraché.

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Ma critique

Cette saga me faisait de l’œil depuis un certain moment et, suite aux avis enthousiastes comme ceux de Le tempo des livres, Minimouth Lit ou Les fantasy d’Amanda, j’ai décidé d’enfin me lancer dans cet univers post-apocalyptique ! Comme souvent dans le genre, le monde touche à sa fin et de nombreuses personnes ont perdu la vie durant ce cataclysme ! Cette fois-ci, c’est un ensemble de catastrophes écologiques qui ont eu lieu : tsunamis, inondations, tornades, tremblements de terre, tempêtes ou incendies ont tout ravagé ! Dans ce chaos, on va suivre quatre adolescents des quatre coins du monde qui, progressivement, vont se réunir alors qu’ils étaient de parfaits inconnus. Sur le papier, rien de nouveau. couv64762920Des romans d’anticipation mettant en scène des jeunes survivants sont légion dans la littérature ado. De plus, on pourra reprocher (et c’est l’un des éléments qui m’a le plus chagriné) le fait que l’on ne distingue AUCUNE narratrice. C’est une histoire avec des hommes âgés de dix à vingt ans et uniquement des hommes. Un choix assez audacieux, surtout venant d’une auteure, qui plaira à certains lecteurs ou qui en dérangera d’autres (comme moi).

La force de cette trilogie réside dans la dureté de son scénario. Mort, violence, amputation, maladie, viol sur mineurs, trafic d’enfants, … Le récit est hyper sombre et souvent sans espoir. Ce n’est clairement pas une saga que je conseillerais à un jeune public, car quelques passages sont difficiles, notamment ceux avec la gangrène ou encore ceux avec le petit Tobias qui, même s’ils ne sont pas détaillés, restent traumatisants. Ces quatre héros vont véritablement vivre le pire et vont devoir s’apprivoiser malgré les barrières de la langue et les dangers de cette nouvelle humanité. J’ai apprécié suivre ces personnages, surtout durant les trois-quarts du roman. Au début, j’ai trouvé qu’il y avait une bonne dynamique, en particulier avec Matthew qui va rechercher son frère Tobias. Sa traque est intense, obsédante et sans relâche. Même si on lui met des bâtons dans les roues ou qu’on le blesse physiquement, Matthew ne va jamais baisser les bras. C’est un amour fraternel incroyable qui fait chaud au cœur !

Ce que j’ai aimé dans cette série, c’est que les garçons sont imparfaits. Matthew est un jeune homme sanguin, fonceur, agressif et déterminé. Il n’hésite pas à intervenir ou à laisser sa colère s’exprimer lorsque les choses ne vont pas. Charly, un américain, a un tempérament similaire à celui du jeune australien… Néanmoins, il est également beaucoup plus grossier. J’ai d’ailleurs eu un peu de mal avec les passages où il était narrateur. Le vocabulaire est hyper familier et rempli d’injures. Si c’était seulement un peu, cela ne m’aurait pas dérangée toutefois, c’était très régulier. J’ai mis du temps avant de m’attacher à Charly dont les tocs ou les délires sont nombreux néanmoins, j’ai fini par y parvenir. Kiran, un indien, m’a davantage touchée. J’ai aimé sa sensibilité, son caractère réfléchi, sa patience et sa douceur… Enfin, il y a le petit Tobias dont la narration m’a souvent donné des coups de poing dans le ventre. À mes yeux, il est celui qui a le plus vécu le plus de traumatismes psychologiques… Certes, les autres héros subiront également des moments difficiles, mais le jeune cadet est vraiment celui qui m’a fait le plus de peine…

Ce premier tome fut donc souvent touchant, sensible et dur. De quoi émouvoir le lecteur ! Cependant, il n’est pas non plus sans défauts… En effet, j’ai été assez déçue par le manque d’action une fois le dernier tiers arrivé. D’habitude, la tension a tendance à s’accélérer lorsque l’on arrive vers la fin. Ici, hormis la dernière page qui tente de relancer un ultime rebondissement, c’est l’inverse. Ainsi, je me suis un peu ennuyée, me demandant où l’auteure voulait finalement aller, en particulier avec Tobias dont le changement final fut assez perturbant… Bien évidemment, mon ressenti concernant cette ultime partie n’entache pas mon envie de poursuivre la série, ce que je compte faire très bientôt !

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Citations

Les frères ne sont pas faits pour être séparés. Il y a quelque chose de cosmique qui les attache ensemble, quelque chose de fragile, et de fort en même temps. Quand tu sépares deux frères, tu déséquilibres l’univers. Ça se passe juste sous les côtes, à la jonction de la cage thoracique. Ça ne s’enlève que par l’arrachement, la mutilation. Et ça ne guérit pas. Ça ne guérit jamais.
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Je n’avais pas encore compris à quel point on était dans la merde avant d’entrer dans cet endroit. C’est la fin du monde, pour de vrai et pour tout le monde et je ne sais pas comment gérer ça…
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Tobias est un pot de colle un peu emmerdeur et trop bavard. Mais c’est le problème avec les gens qui prennent beaucoup de place : quand ils ne sont plus là, ça fait un grand vide.
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Il a deux types de tornades.
D’abord, des masses d’air chaud et des masses d’air froid se rencontrent, et un cumulonimbus descend en entonnoir jusqu’à toucher le sol. Ça souffle et ça casse tout.
Tu peux aussi mettre une scie et un couteau dans une grange qui sent la mort. Deux enfants dont l’un est en train de mourir de la gangrène, et l’autre qui lui coupe la jambe. Ça hurle et ça casse tout ce qui est important.

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Ma note

4/5

15 réflexions au sujet de « « La saison des ravages » (Apocalypse Blues T1) de Chloé Jo Bertrand »

  1. Pour Tobias, j’ai apprécié justement ce qu’il est devenu car c’était un miroir d’une idée philosophique comme quoi l’être humain n’est qu’un animal. Et quand il est acculé, il sort les crocs. Par rapport à ce qu’il avait vécu, c’était totalement justifié à mes yeux. De même pour les actes de violence qu’il arrive à commettre, son esprit a été obligé de se mettre en mode survie. Mais comme toi, ça m’a beaucoup émue, de même pour la détermination du père de Kiran à faire son fils être instruit.
    Pour Charly, j’avais vu que les fantasy d’amanda aussi avait eu du mal avec son langage, peut-être suis-je la seule mais ça m’a pas dérangée et j’ai même trouvé que c’était une touche de réalisme. Le monde est vaste, quasiment tous le monde jure plus ou moins vulgairement mais certains plus que d’autres.
    Pour l’absence de narratrice pareil, ça m’a pas dérangé, surtout quand j’ai pressenti certaines choses au niveau relationnel. Le tome 2 t’aidera peut être (ou pas mdrr) à voir les volontés de l’auteure.

    En tout cas, tu as beaucoup apprécié ta lecture, ça me fait plaisir que même si on se rejoins pas sur tout, bah que tu ais passé un super moment !

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    1. Ah, je n’avais pas vu les choses tout à fait comme ça. Pour moi, c’était un retour à l’état sauvage. Un retour à la pureté. L’animal se contente des besoins de base : manger, dormir, être en meute (jeu/protection). L’animal ne ment pas, ne viole pas, ne parle pas et ne joue pas avec autrui. Il est « pur » et dénué de mauvaises attentions, alors que l’Homme a fait traverser le pire au jeune homme. Du coup, il a perdu toute confiance en l’humanité et ce retour aux bas instincts lui est nécessaire. Une sorte de mode survie, effectivement !

      Ah, clairement pour le papa de Kiran ! ❤ Une belle preuve d'amour et de détermination !

      C'est vrai que l'on jure vulgairement (je suis la première à être assez vulgaire xD et je galère à me restreindre même à côté de ma fille.) Mais c'était un peu trop.
      Ah, tu vas peut-être confirmer mon ressenti : je sens le MxM entre Charly et Kiran…. Ne serait-ce qu'à cause de la jalousie de Charly envers Matt… Me tromperais-je ?
      Je trouve que cette relation serait logique et sympathique. Ils forment un bon tandem… Et j'espère que ce ne sera pas Matt/Charly. :s Eux, je ne les vois pas ensemble et ce serait "trop simple" cet amour commençant par la haine.

      Oui, c'était bien ! Je vais d'ailleurs continuer avec le t2 ce midi.^^

      J'aime

  2. j’avais interviewé l’auteure au dernier salon du livre de genève, et justement je lui avais demandé pourquoi il n’y avait pas de personnages féminins dans le premier tome (c’était le seul ressorti à ce moment là) et elle m’a expliqué. L’interview est en ligne si tu veux, tu cliques sur interviews. Après dans la suite sans trop en dire elle se ratrappe, ce n’était juste pas organique lors de la rédaction du tome 1, mais elle est consciente de ça.

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  3. Le fait que le récit ne comporte pas de personnage féminin avait été relevé par l’éditeur, mais je crois me souvenir que l’auteure avait insisté pour conserver ses personnages d’origine. Personnellement, ça ne m’a pas dérangée, mais je peux comprendre que ce soit ton cas.

    J’ai aussi eu du mal avec Charly et sa vulgarité gratuite. Comme toi, je me suis davantage attachée à Kiran.

    Et entièrement d’accord avec toi pour la fin, elle est… perturbante ? Voire même improbable, mais pourquoi pas. Je demande à voir la suite pour me prononcer ;).

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    1. J’ai lu un interview chez Lire en bulles. Le choix est volontaire, car l’auteure voulait avant tout mettre en avant des persos de couleurs (2 sur 4 ici) et introduire une relation lgbt (ce que l’on va voir très bientôt en LC ;D).
      Je me demande d’ailleurs si Charly/Kiran ne sera pas le couple… Matthew avait l’air focalisé sur son frère, donc je ne le vois pas avec Charly ou Kiran. Mais peut-être que je me trompe.

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  4. L’absence de personnages féminins ne me dérange pas outre mesure si derrière le scénario suit 🙂 Et puis, il y a cette relation fraternelle qui a l’air très belle et qui semble avoir su te toucher.
    Le premier tome est dans ma PAL et j’attendais d’avoir la suite avant de le lire, mais l’absence de rythme et de tension dans la dernière partie du roman rend cette précaution inutile… Merci de l’avoir précisé 🙂

    Aimé par 1 personne

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