Horreur·Romans policiers / Thriller·Science Fiction

« Loin de l’île » d’Yvan Landis

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Loin de l’île »
Auteur : Yvan Landis
Genre : Science-Fiction / Horreur / Thriller
Éditeur : Storia Editions

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résumé du livre

Après un voyage d’affaire en Chine, David Tanner revient auprès de sa famille à l’île de la Réunion. Enfin un peu de repos, il va pouvoir retrouver sa famille et son ami Pierre pour aller pêcher. Une épidémie frappe l’île qui est mise entièrement en quarantaine par décision de l’O.M.S. La population se soulève, il faut un coupable. David se rend compte que le début de l’épidémie coïncide avec son retour sur l’île.

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Ma critique

LoindelileLorsque j’avais vu « Loin de l’île » dans la dernière masse critique de Babelio, j’ai coché ce livre sans hésiter, car la couverture m’attirait énormément ! Certes, le thème était malheureusement d’actualité, puisque David, un commercial, revient de Chine et ramène malgré lui un virus… Ce dernier se répand comme une traînée de poudre, contaminant de plus en plus de personnes, si bien que l’île de la Réunion doit passer en quarantaine. Quel hasard, cette publication en ces temps difficiles ! Mais cela reste une fiction avec des zombies. J’espérais que cette histoire fantastique exorciserait un peu le climat anxiogène dû à la pandémie et me ferait, malgré tout, passer un bon moment. Hélas, au fil des pages, mon enthousiasme a déchanté. Si l’on exclut quelques coquilles ou de nombreux oublis de majuscule qui ont parasité ma lecture, je n’ai pas été transportée par ce que j’ai lu. Peut-être que ce titre plaira à d’autres lecteurs que moi ?… Il est rare que je n’accroche pas avec un roman Z et je ne souhaite pas froisser l’auteur en me contentant d’un simple « je n’aime pas ». Aussi, je serai sincère en argumentant au maximum.

Avec les revenants sur la couverture et l’idée de virus, le doute sur les créatures que l’on va rencontrer au fil des chapitres n’est plus permis ! Et pourtant, j’ai trouvé que cela changeait par rapport à ce que l’on peut croiser d’habitude… Cela aurait pu être un atout toutefois, je ne le vois pas comme tel. On retrouve l’idée de morsure qui transmet les symptômes aux victimes cependant, on a très peu d’informations sur l’incubation ou la transformation. J’ai plus eu l’impression d’un simple accès de rage qui prenait les infectés par intermittence. Même après avoir croqué quelqu’un, les personnes touchées étaient capables de parler, de conduire et d’agir « normalement ». Ensuite, elles s’évanouissaient… Mais pour combien de temps ? Pourquoi ? Y avait-il un autre stade après ces réactions ? Je suis assez frustrée, car l’auteur n’apporte pas ces réponses et nous laisse volontairement dans le flou. En outre, j’ai trouvé dommage de ne pas voir plus de passages gores. Non pas que je sois une psychopathe adepte de sang, mais quand je lis des œuvres avec des zombies, je m’attends à un minimum de tripes à l’air ou de peur ! Là, je n’ai ressenti aucune ambiance post-apocalyptique et aucune frayeur !

Dans un premier temps, j’ai été ravie de constater que l’histoire se déroulait sur l’île de la Réunion. Cela changeait des romans Z aux États-Unis ou à Paris. Malheureusement, c’est à peine si la localisation a eu de l’importance. Il n’y avait pas de réelles descriptions des lieux ou d’atmosphère des îles… À mes yeux, quelques mots en créole, deux/trois noms de villes et une scène en bateau ne suffisent pas. Cela m’a déçue, car j’ai eu la sensation que ce choix était simplement là pour expliquer l’idée de territoire confiné. En outre, la pandémie en elle-même m’a chagrinée. Peu développée, elle semble pourtant se répandre à une vitesse phénoménale. On assiste juste à quelques cas qui s’enchaînent (untel mord untel, qui va ensuite se faire les dents sur un voisin), mais les choses s’arrêtent là. On ne creuse pas l’idée de survie, d’épouvante ou de stress lié à ces êtres cannibales (ou, ici, simples mordeurs) ! J’aurais souhaité me trouver au cœur de l’action, pas aux côtés d’un David déprimé qui va pêcher avec son ami Pierre (qui ne pense qu’avec son pénis) et encore moins aux côtés des autorités ou des épidémiologistes qui ne cessent de blablater pour conclure par « on doit trouver le patient zéro / l’hôte ». D’ailleurs, j’ai trouvé bizarre qu’ils ne se mobilisent pas plus que ça pour stopper le virus, protéger la populace ou chercher un vaccin ! Ils se contentent d’enquêter sur David et, une fois trouver, de le pointer du doigt en le jugeant coupable de tout à travers les médias. Il était évident que la foule, apeurée, allait se jeter sur le pauvre héros ! Je n’ai jamais vu des autorités aussi peu compétentes et investies…

walking dead noah death gif

En lisant le résumé, j’avais espoir de plonger dans une histoire au « rythme d’un thriller à l’américaine » comme c’était promis. Hélas, cela n’a pas été le cas : le début a été assez lent et, même si l’on assistait à une infection progressive, il n’y avait pas de véritable tension. Entre les sessions de pêche avec le personnage principal ou les conversations avec peu d’intérêt pour l’intrigue, je n’ai pas eu l’impression de moments haletants. En revanche, je dois reconnaître que le dernier tiers bouge beaucoup. Enfin, il y avait enfin du thriller et je souhaitais savoir comment les héros allaient s’en sortir ! C’était une véritable traque, suivie d’une chasse à l’homme avec une course-poursuite ! Toutefois, les choses sont retombées comme un soufflet avec le dénouement qui n’était pas à la hauteur de mes attentes. Il faut également avouer que je ne me suis attachée à personne. Hormis le héros que j’ai trouvé assez plat, les autres personnages sont peu dépeints et surtout très stéréotypés, en particulier Pierre dont l’humour gras et vulgaire m’a hérissé le poil (on notera par exemple son « Blondasse Bombasse Baisable »). Les blagues de beauf’, ça va bien cinq minutes… Ajoutons à cela la place des Femmes qui fut très discutable et révoltante. J’ai ainsi retenu Claire, la femme de David, qui pète une durite en se montrant hystérique et chiante mais qui change d’avis le lendemain, sa fille Clara une ado rebelle et insolente qui suit aveuglément sa génitrice, la mère de Thibault qui se cantonne à un rôle de maman larmoyante, Emie qui ne sert pas à grand-chose ou encore Daphnée dont la présence s’est limitée à écarter les cuisses… En tant que lectrice, la place ou le rôle que les Femmes ont joué m’a gênée, voire irritée. J’espère qu’il s’agit d’un choix involontaire et non de la misogynie… Quoi qu’il en soit, cela a pesé dans mon ressenti.

De nombreux éléments ont donc été rédhibitoires pour moi. C’est vraiment dommage, car je pensais tomber sur un roman Z distrayant reprenant les codes du genre où l’auteur apporterait sa petite touche personnelle, tout en proposant un rythme intense. Malheureusement, je referme cet ouvrage avec beaucoup de déception… Merci tout de même à Babelio et à Storia Editions pour cet envoi.

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babelionewlogo.

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Citations

– Tu as vu les infos. Ils parlent encore d’une épidémie.
– Ah oui ! s’exclama le moustachu. Cette fois elle vient, elle vient…
– Du Brésil, répondit Clara.
– Perdu ! de Chine ! Tu nous as pas ramené ça dans tes bagages, hein David ?
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– Aaah Daphnée… les trois B en somme non !? Pierre lui donna un léger coup de poing dans l’épaule pour le secouer.
– Quels trois B ?
– Blondasse Bombasse Baisable imbécile ! Allez, tu peux me le dire à moi. Tu te l’ais faite ?
– Mais non… répondait Davis en s’étirant. C’est ma femme…
– C’est ta femme qui se l’aie faite… ça devient passionnant ton histoire.
– Dis donc tu es en forme aujourd’hui.
– Pas toi on dirait. C’est quoi la gueule que tu tires ? c’est ta femme aussi ?
– Oui.
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Un vieil homme édenté s’accrocha à la chemisette de Pierre.
– Vous avez vu que c’est un anagramme ? fit-il à Pierre.
– Quoi ?
– Tannas ! C’est l’anagramme de Satan ! répondit le vieux en ricanant.
Pierre repoussa le vieux pour se remettre au volant. Il remit le moteur en route, baissa sa vitre pour lancer au vieux :
– Il y a un « n » de trop, vieux con.

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Le gros homme se mit à bouger lentement. Il leva un bras vers le couple. La bouche ouverte, un filet de bave descendit mollement sur sa chemise. Gabriel fit craquer le cuir du fauteuil. Il était en train de se lever. Sans écouter sa femme, Serge la repoussa vers le salon pour refermer la porte à clé. Quelques secondes après, ils entendirent un grand bruit de masse qui s’écroule.

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Ma note

1/5

 

11 réflexions au sujet de « « Loin de l’île » d’Yvan Landis »

  1. N’étant pas très zombies, le fait que l’on n’insiste pas sur le côté gore de la chose me plaît bien mais les personnages stéréotypés, le personnage à l’humour gras et la place des femmes sont quelque peu rédhibitoires pour moi sauf s’ils sont là pour dénoncer, ce qui ne semble pas être le cas…
    Dommage, mais j’espère que ta prochaine lecture avec ces charmantes créatures saura te faire oublier cette déception.

    Aimé par 1 personne

  2. Ouaaah, ce livre est très d’actualité ! Mais je suis pas adepte de zombies donc je ne lirai pas, et t’en fais pas, tu as bien argumenté sur pourquoi t’as pas accroché, c’est sur qu’un rythme lent, le manque de frayeur et de description gore sont une pénalité pour ce genre où on attends à les trouver

    Aimé par 1 personne

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