Romans policiers / Thriller

« Les Sœurs du Mal » d’Alice Clark-Platts

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Les Sœurs du Mal »
Auteur : Alice Clark-Platts
Genre : Thriller psychologique
Éditeur : Hauteville

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résumé du livre

1997, dans une petite ville d’Angleterre. Une fillette est sauvagement assassinée après avoir été torturée par Lila et Rose Bowman, respectivement âgée de dix et six ans. L’affaire défraye la chronique et les deux sœurs la une de la presse à scandale. Si Lila est jugée coupable de meurtre, Rose, trop jeune pour répondre de ses actes, est remise en liberté sous une autre identité. Près de vingt ans plus tard, alors que Lila est toujours derrière les barreaux, sa sœur passe des vacances dans le Devon avec son compagnon. Quand une fillette disparaît de l’hôtel où elle réside, elle redoute que sa véritable identité soit révélée, car elle risque fort de devenir le suspect numéro un…

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Ma critique

couv11402660Plutôt pas mal ce thriller psychologique inspiré d’une histoire vraie ! Certes, j’ai ressenti plusieurs longueurs toutefois, j’ai trouvé l’ambiance et le dénouement terriblement bien gérés ! Jusqu’au bout, Alice Clark-Platts a su jouer avec le lecteur. Même si j’avais compris plusieurs choses, je ne pensais pas que les dernières pages seraient aussi glaçantes ! Avec brio, l’ouvrage pointe du doigt des réflexions auxquelles il est difficile de répondre : À quel âge est-on responsable de ses actes et doit-on répondre devant la justice ? Peut-on punir sur le long terme des enfants ayant commis des crimes ignobles ? Faut-il leur laisser une chance ou bien seront-ils toujours sur le fil du rasoir ? Qui souffre le plus lorsqu’un tel drame est commis ? La famille des victimes ou bien les proches du jeune assassin, choqués que leur progéniture soit capable du pire ? J’avoue que, même après cette lecture, je suis incapable de répondre… Si l’on prend les faits réels avec l’affaire britannique « James Bulger » où deux enfants de dix ans vont enlever et violenter à mort un bambin de deux ans, j’aurais tendance à me montrer intransigeante face à cet acte inhumain et barbare… Mais « Les sœurs du mal » revisitent cette tragédie et sèment le doute… Brrr ! Heureusement que ma vie est loin de m’imposer ce genre d’horreurs !

Dans ce roman, on va donc suivre Lila et Rose, deux sœurs au passé sanglant, qui ont écopé du triste surnom de « Flower Girls ». Si l’une (Lila/L) est en prison pour meurtre, l’autre (Rose/Hazel) a été innocenté et a refait sa vie sous un autre nom. Malheureusement pour cette dernière, une terrible affaire ayant lieu une vingtaine d’années plus tard fait éclater au grand jour son identité, si bien que le passé la rattrape… On se pose alors une myriade de questions. A-t-elle récidivé ? Qui a osé enlever une fillette ? La narration multiple permet d’avancer en eaux troubles. On passe ainsi du côté des deux sœurs, de l’écrivain/journaliste Max, de la fliquette Hillier, des parents des Flower Girls, les géniteurs de la première victime et d’autres personnages secondaires. On a ainsi une vue d’ensemble sur cette nouvelle disparition. Rempli(e) de doutes, on tente de démêler le vrai du faux sur les deux événements.

Au fil des pages, l’atmosphère gagne en noirceur et en terreur. Cela devient vite éprouvant, car on sent que l’auteure joue avec nous. Pour ma part, je tournais les pages avec curiosité et malaise. Or, si j’ai réussi à comprendre plusieurs éléments sordides, j’ai été satisfaite de la montée en tension ainsi que de la plupart des révélations (surtout le final que j’avais à moitié anticipé !). Voilà une assez bonne lecture qui m’a bien plu malgré plusieurs longueurs. Merci aux éditions Hauteville/Bragelonne pour la découverte.

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Citations

On parla beaucoup du fait que Lila avait serré son hamster dans les mains jusqu’à l’étouffer, quelques mois avant le meurtre de Kirstie. Amy Bowman, sa mère, avait expliqué, tremblante, à la police, que c’était faux. L’animal s’était échappé de se cage, avait rampé sous l’oreiller de Lila dans la nuit, si bien qu’elle avait dormi dessus sans le savoir, l’étouffant involontairement. Mais, à ce stade, la vérité n’intéressait personne. Lila était l’incarnation de la perversion et devait payer pour son crime.
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– Bon, d’accord, quelles sont vos preuves ?
Le visage de Hillier se crispe.
– Quelles sont-elles ? répète-t-il.
Elle laisse retomber les épaules.
– Je suis dans la police depuis quinze ans. Si ça ne développe pas votre instinct, je ne sais pas ce que ça fait.
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– Je pourrais très bien faire partie de ce genre de tordus. Qu’est-ce qui vous fait dire que je ne suis pas le dangereux pédophile auquel vous faites allusion ?
Le journaliste fronce les sourcils.
– Vous n’en avez pas l’air.
– Quel air faudrait-il avoir ?
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Mais Amy s’était éloignée de lui. Depuis longtemps. Et, à dire vrai, sa fille Lila lui était également devenue étrangère, un fantôme, laissant un espace vide à la place de celle qu’il avait cru si bien connaître. Ce vide avait été rempli par autre chose – des pensées et des images terribles, et s’il était vraiment honnête avec lui-même, il ne savait plus qui était sa Lila.

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Ma note

3,5/5

 

10 réflexions au sujet de « « Les Sœurs du Mal » d’Alice Clark-Platts »

  1. Un thriller qui a l’air de pousser les lecteurs dans leurs retranchements, notamment par les questions éthiques, voire philosophiques, qu’il soulève. Je ne suis pas certaine qu’il y ait de réponses toute faites, mais dans tous les cas, ton avis donne envie de se plonger dans cette histoire que le côté « inspiré d’une histoire vraie » rend encore plus glaçant.

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis occupée à lire une si jolie petite fille, histoire vraie également, écrit par Gitta Sereny. J’ai vu le film concernant l’histoire de Mary Bell, 11 ans et assassine deux enfants De 3 et 4 ans avec la complicité d’une amie portant le même nom de famille sans aucune parenté avec Mary. Le livre est plutôt journalistique et à été écrit par une femme qui a suivi Mary et l’a retrouvé trente ans plus tard et participe à l’élaboration de ce livre. Je souhaitais un autre regard, c’est fait et cela traîne à la lecture.
    J’ai mis celui que tu cites dans ma liste. Ces meurtres de très jeunes enfants ou d’adolescents sont horribles, non excusables. Mais comment une fillette peut-elle arriver à vouloir tuer, étrangler un petit garçon ? La réponse est dans le film et pose question ? A cette époque les mineurs étaient jugés comme des adultes à Newcastle. Je le lis à mon rythme. L’après m’interpelle. Ton livre aussi. Merci 😊 🙏

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