Littérature jeunesse·Romans·Young adult

« Je t’ai rêvé » de Francesca Zappia

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Je t’ai rêvé »
Auteur : Francesca Zappia
Genre : Littérature ado – young adult
Éditeur : Collection R / Robert Laffont

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résumé du livre
La folie est son quotidien, rien ne la préparait à être « normale ».
– On joue au jeu des vingt questions ?
– OK , mais c’est moi qui les pose cette fois.
– Ça marche.
– Si je devine en moins de cinq questions, je serai vraiment déçue.
Il esquisse un sourire et répond :
– Ne m’insulte pas.
– Est-ce que tu es vivant ?
– Oui.
– Tu habites ici ?
– Oui.
– Je te connais ?
– Oui.
– Est-ce que je t’ai rêvé ?

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Ma critique

couv53327220J’ai acheté cet ouvrage d’occasion sans me poser de questions : la note globale sur les sites Babelio/Livraddict était très élevée, tandis que des blogueurs que je suis avaient fait une bonne critique. Hélas, je ne suis pas ressortie aussi conquise que je l’aurais cru, notamment à cause de la fin relativement expéditive et de certaines réponses. En revanche, je reconnais volontiers que l’atmosphère de « Je t’ai rêvé » fait sa force : on nage complètement en eaux troubles, se demandant si c’est la réalité ou un délire d’Alexandra, la narratrice schizophrène et paranoïaque. Celle-ci n’a pas une vie facile. Elle a régulièrement des hallucinations, si bien qu’elle prend en photo tout ce qu’elle voit et ne panique pas toujours lorsque quelque chose lui arrive comme, par exemple, lorsqu’elle va apercevoir un serpent. Elle demande également souvent à son entourage s’il a bien entendu ou non certains propos. Cependant, lorsqu’elle se retrouve seule, il lui est difficile de démêler le vrai du faux ! Tout est très fouillis.

En tant que lecteur, on essaye également de comprendre et on la suit avec plaisir et méfiance. Hormis sa différence, elle ressemble à n’importe quelle adolescente américaine. Alex va au lycée, est cultivée mais pas surdouée, a quelques amis ainsi qu’un petit job, sort un peu, fait parfois des bêtises, rembarre ceux qui la harcèlent et passe du temps avec sa famille. On ne peut pas dire qu’elle sorte des sentiers battus ! Ainsi, si on ignore son trouble mental, on aurait presque un roman contemporain classique. D’ailleurs, c’est l’un des reproches que je ferais à ce livre : c’est très ado avec une ambiance universitaire, des fêtes étudiantes avec de la beuverie et des coucheries, des matchs sportifs, des crasses entre élèves en classe ou dans leur casier, un premier amour… Or, la mise en lumière de la particularité de l’héroïne ne se fera que dans la dernière partie. Tout le reste met surtout en avant les cours, la romance ainsi que les méchancetés que chacun va se faire. C’est plutôt dommage ! Je m’attendais à un traitement du sujet plus pertinent, même si le public cible n’est pas adulte.

Miles, le protagoniste qui va fasciner Alexandra, est l’un des atouts du récit. Pour moi, il était aussi trouble qu’elle… si ce n’est davantage ! Très vite, cet inconnu taciturne va se révéler être une personne étrange, excessive, taquine, narcissique, arrogante, brillante, violente, introvertie, secrète et déroutante. Présenté comme quelqu’un de surdoué capable de répondre à des questions de culture G impossibles, Miles est le premier de sa promotion. Parfois, il récolte des moqueries, notamment en raison de ses origines allemandes, ce qui lui vaut le surnom de « nazi ». Il a également des problèmes familiaux qui semblent pourrir son existence. Étrangement, il est aussi celui qui sème la zizanie, harcèle les autres, a mauvaise réputation avec son groupe, fait la loi et dort en classe. Mauvaise graine, mais génie moqué ? J’ai été perturbée par ce caractère insolite et paradoxal. Or, c’est le jeune homme qui m’a donné envie de tourner les pages. Je souhaitais en savoir plus sur lui et il m’intéressait beaucoup plus qu’Alex. Étant donné qu’il n’est pas le héros de l’histoire, je n’ai hélas pas eu toutes les réponses qui m’intéressaient…

Comme souvent dans les récits mettant en scène des étudiants, on retrouve toute sorte de personnages clichés comme le meilleur ami, la pimbêche, la fille facile, l’intello, les bad boys et leur meute, etc. « Je t’ai rêvé » n’échappe malheureusement pas à ce défaut. On a donc une pluie de personnages secondaires stéréotypés, creux et peu développés. Même les camarades de Miles, qui avaient pourtant du potentiel, n’ont pas assez de consistance. De même, il n’est pas difficile de percer la majorité des secrets, notamment ceux de la famille d’Alex, tant les preuves sont mises sous nos yeux. Je pense en particulier à la découverte faite avec Miles et Tucker. Sans cesse, l’auteure insistait sur le manque de réaction, sur les œillades appuyées ou sur les silences gênés de l’entourage face au comportement de la narratrice dès qu’elle parlait de ce « mystère ». Pour moi, c’est comme agiter une pancarte lumineuse indiquant au lecteur qu’il y a quelque chose à comprendre. Sauf que j’avais déjà saisi la première fois… Mais il a fallu que Francesca Zappia répète ce sous-entendu trois ou quatre fois, comme si nous étions trop stupides pour comprendre ! Cela m’a agacée.

Je suis très mitigée par cette lecture qui a réussi à m’intéresser grâce à son atmosphère confuse et grâce au personnage de Miles. Néanmoins, le côté faculté américaine « classique », la schizophrénie pas assez poussée et le dénouement expéditif n’ont pas réussi à me satisfaire. Peut-être en attendais-je trop ?

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Bonus avec quelques avis : Kimysmile, Iris29, Alice Neverland, Bettierose Books, Marion Reading books, Un autre point de vue.

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Citations

– Tu as rencontré des gens intéressants ?
– Tous les gens sont intéressants si on les observe assez longtemps.
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Je ne pouvais me payer le luxe de prendre la réalité pour acquise. Je ne peux pas dire que je détestais tous ceux qui le faisaient, puisque c’était le cas du monde entier. Je ne détestais personne. C’est juste que je vivais dans mon monde. Mais ça ne m’a jamais empêchée de souhaiter vivre dans celui des autres.
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Croire que quelque chose existe pour découvrir que ce n’est pas le cas revient à atteindre le haut d’un escalier en pensant qu’il reste une marche supplémentaire.
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Einstein a dit : » La folie c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. » […] D’après la définition d’Einstein , j’étais folle.

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Ma note

3/5

12 réflexions au sujet de « « Je t’ai rêvé » de Francesca Zappia »

  1. Je l’ai dans ma PAL et j’avais demandé à une amie infirmière de le lire. Elle m’a dit qu’il était pas mal (avec les mêmes défauts que toi ou presque) et que la schyzophrénie n’était pas très bien représentée (un malade ne peut pas se rendre compte qu’une hallucination en est une par lui même notamment).
    Il faut que je le lise, mais entre ta chronique et les remarques de mon amie, mes attentes vont être basses!

    Aimé par 1 personne

  2. Dommage que l’autrice ne développe pas plus la particularité de son héroïne préférant se concentrer sur des choses plus banales et rabâchées comme les fêtes et les coucheries… Quant à Miles, il a l’air d’un personnage complexe et bien plus difficile et intéressant à appréhender que l’héroïne !

    Aimé par 1 personne

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