Romans policiers / Thriller

« Ne le crois pas » de Sebastian Fitzek

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Ne les crois pas » 
Auteur : Sebastian Fitzek
Genre : Thriller psychologique
Éditeur : Le Livre de Poche

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résumé du livre

Yann May, célèbre psychologue berlinois, est au téléphone avec Leoni, sa fiancée. La liaison est mauvaise, hachée. Toutefois, il l’entend dire: « Ne les crois pas. Quoi qu’ils te disent, ne les crois pas… » Alors qu’il est encore en ligne, un policier sonne et lui annonce la mort accidentelle de Leoni, une heure plus tôt…
Huit mois ont passé. Ira Samin, une psychologue de la police, a décidé d’en finir. Mais, alors qu’elle s’apprête à passer à l’acte, un de ses collègues vient la chercher pour l’emmener dans une station de radio. Un forcené s’est retranché dans un studio et menace d’abattre un à un ses otages. Ira est chargée de mener les négociations. Bien vite, elle comprend que Yann a tenté ce coup de poker pour retrouver Leoni, qu’il refuse de croire morte. Et il est vrai que certains de ses arguments sont troublants…

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Ma critique

Allô ? Je suis bien sur 101.5, la radio numéro un à Berlin ? Comment va Timber et son équipe depuis la dernière fois ? Vous êtes-vous remis de cette prise d’otages et du jeu morbide organisé par l’ex-psychiatre Yann May ? Pour ma part, j’ai longuement été hantée par certains passages de cette émission insolite ! Il faut avouer que, une fois encore, Sebastian Fitzek a su me captiver et me tenir en haleine avec son style. J’ai trouvé cette affaire meilleure que la précédente (« Siège 7A »), mais pas aussi surprenante que « Le colis », notamment à cause de son dénouement que j’ai finalement trouvé très classique. Et c’est regrettable, parce que sans cette fin, cela aurait été un coup de cœur ! Le tandem principal m’a charmée et j’ai eu un pincement au cœur lorsque j’ai terminé les dernières pages… 9782253158370-tGrâce à des chapitres courts ainsi qu’à une narration alternée entre le duo principal et quelques personnages secondaires, on va suivre une prise d’otage pas comme les autres. Manipulation, écoute, échanges, stratèges d’orateur, compromis, négociations, mystères, courtes échéances, huis-clos, … Ce sont les ingrédients qui vous attendent avec ce thriller psychologique !

Yann, le psychiatre ayant séquestré plusieurs victimes durant une matinale, m’a touchée. Malgré son idée malsaine de jeu avec les auditeurs, son acte est assez compréhensible : le gouvernement semble lui avoir arraché sa compagne enceinte en lui faisant croire qu’elle a péri lors d’un accident et l’avoir discrédité professionnellement pour le faire taire. Hormis l’illégalité, que lui restait-il après tous ces refus d’aide ou les crasses étranges qui lui sont tombées dessus ? À défaut d’être en accord avec ses décisions, j’ai saisi sa peine, son geste désespéré, sa colère et son espoir… Comment aurais-je réagi si une pareille histoire m’arrivait ? N’aurais-je pas perdu la raison, moi aussi ? Comme souvent dans les ouvrages de l’auteur, je n’ai pas pu m’empêcher de me mettre à la place des protagonistes en me demandant ce que j’aurais fait si j’avais été eux. C’est sans doute pourquoi j’ai eu beaucoup d’empathie pour cet homme malheureux. Ira, la policière experte en psycho-criminologie, m’a également séduite. Pourtant, j’avais énormément de mal avec son côté suicidaire et sa tendance à noyer son désespoir dans la boisson. Je craignais d’avoir affaire à un énième personnage caricatural torturé et borderline, comme on en trouve souvent dans le genre polar. Heureusement, je me suis trompée, car le tempérament qu’a révélé Ira au fil de l’intrigue m’a ravie. Les deux spécialistes de la psychologie vont faire des étincelles en échangeant à l’antenne ! J’ai été ravie de la tension qu’il y avait entre eux, tandis qu’ils s’écoutaient, se sondaient, se testaient et se comprenaient…

Les deux premières parties du livre ont été addictives. La pression était telle que j’ai directement été embarquée par le récit sans temps morts. Je me demandais jusqu’où allait aller Yann, ce qu’Ira allait trouver sur l’épouse disparue et comment ce drame allait se conclure. Puis, des révélations ont commencé à tomber dans le dernier tiers… Or, si j’ai apprécié le twist avec Schuwalow, j’ai hélas été déçue par l’identité de la taupe qui se dissimulait dans l’équipe chargée d’arrêter la prise d’otages. D’habitude, Sebastian Fitzek parvient toujours à me mener par le bout du nez et à m’entraîner sur des fausses pistes. J’attendais donc un rebondissement inattendu, me faisant comprendre que j’avais jugé trop vite un personnage… Cela ne pouvait pas être aussi facile ?! Malheureusement, non. « Ne les crois pas » avait un tel potentiel, quel dommage ! Néanmoins, j’ai tout de même passé un très bon moment de lecture. Ce fut prenant, efficace et parfois déchirant, notamment dans l’épilogue qui m’a donné une boule au ventre. Je recommande malgré tout, ne serait-ce pour cette adrénaline ressentie pendant les deux premiers tiers ainsi que le travail autour de la psychologie des deux « héros » !

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Citations

Et, pour la première fois, il comprit que le silence pouvait provoquer des souffrances bien pires que le bruit le plus violent.
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– Si un truc pareil s’était passé dans ma ville, dans mon secteur, je serais au courant.
– Mais c’était dans le journal…
– Et alors ? Dans le journal, ils disent aussi qu’une femme sur deux aimeraient avoir des relations sexuelles avec un inconnu, et pourtant, aucune n’est jamais venue me le proposer.
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Ira en était persuadée, le refoulement est souvent le seul moyen de vivre heureux.
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En tant que psychologue, j’ai pu observer à maintes reprises que, plus il y a de secret dans un couple, plus l’amour est fort. Rien n’est plus ennuyeux qu’une histoire dont nous connaîtrions déjà la fin. Et rien ne nous rapproche plus qu’un grand point d’interrogation. Que pense vraiment ma partenaire? Est-ce qu’elle me restera toujours fidèle? Partageons-nous la moindre émotion, ou éprouve-t-elle aussi des sentiments qu’elle dissimule? Soyons honnêtes, personne ne souhaite vraiment obtenir de réponses à ces questions. C’est grâce à cette part de mystère que notre amour garde toute sa saveur.

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Ma note

 4,5/5

9 réflexions au sujet de « « Ne le crois pas » de Sebastian Fitzek »

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