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« Où le loup demeure » d’Aurore Gomez

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Où le loup demeure »
Auteur : Aurore Gomez
Genre : Roman ado – young adult / Fantastique / Thriller
Éditeur : Magnard jeunesse

résumé du livre

Où qu’elle mène, suivre la piste des loups n’est jamais sans danger. À Fonfroide, petit village niché au cœur des montagnes, l’arrivée des loups ne laisse personne indifférent. Ni les habitants du village qui s’entre-déchirent. Ni Benjamin, qui y voit un bon sujet de documentaire pour son concours d’entrée à Lumen, prestigieuse école de cinéma. Ni Abel, qui cache derrière ses crises d’angoisse et son agoraphobie, un bien étrange secret. Ni Mathilda, envoyée chez sa tante pour prendre du recul, après que tous ses amis lui ont tourné le dos. Laissez-les vous raconter leur histoire, car, à Fonfroide, le temps des bouleversements et des métamorphoses est arrivé.

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Ma critique

Les loups sont des animaux fascinants et c’est toujours avec un réel plaisir que je plonge dans une lecture les mettant en valeur ! J’aime également les fictions où il est question de lycanthropie ou de meutes, car il y a souvent un rapport très intéressant entre l’homme et la personnalité bestiale. Alors, lorsque l’on m’a proposé de découvrir « Où le loup demeure », je n’ai pas hésité un seul instant ! Merci encore aux éditions Magnard pour cette plongée au cœur de la forêt ! Je me suis laissée bercer par les descriptions de la nature et par le mystère entourant les personnages, notamment le jeune Abel. Ce fut une très bonne lecture qui m’a surtout énormément surprise par son dénouement. Hormis l’identité de Cen, je n’avais rien anticipé. Aurore Gomez m’a fait tomber de haut et, rien que pour cela, j’ai adoré !

Grâce à une triple narration alternée, on va suivre le destin d’Abel, de Benjamin et de Mathilda, trois adolescents. Abel est un héros très intéressant, en particulier grâce à sa passion pour la nature ou son tempérament solitaire, étrange, secret, malin, taquin et introverti. Son quotidien trouble laisse le lecteur songeur et avec une multitude questions. Qui est réellement Abel ? Où est son père disparu ? Alpha va-t-il prendre le dessus sur le jeune homme ? Va-t-il prendre le contrôle sur ses métamorphoses ? Des personnes malintentionnées réaliseront-elles sa nature insolite ? C’est un narrateur qu’on prend plaisir à suivre et qui a beaucoup d’humour, tout comme son ami Benjamin. Ce dernier est un ado à la langue bien pendue et m’a arraché plus d’un sourire. Rondouillard moqué à cause de son obésité, Benjamin est pourtant à l’aise avec son physique et s’est accepté. C’est un garçon avec la tête sur les épaules, qui n’hésite pas à rentrer en conflit avec ses parents, qui fantasme sur la sœur aînée de son ami et qui se passionne pour ses études, notamment son film documentaire sur les loups. L’évolution de ce protagoniste est aussi importante et intéressante que celle d’Abel. J’ai énormément apprécié tout le travail de l’auteure sur son développement ! Il en va de même pour Mathilda, une nouvelle venue à Fonfroide, qui va habiter temporairement chez sa tante. Malheureuse à cause d’anciens camarades, la jeune fille va apprendre à se découvrir grâce au dessin, aux sorties dans les bois et aux côtés de ses nouveaux camarades. Cette triple quête identitaire m’a passionnée et je me suis rapidement attachée au trio.

Les personnages secondaires gravitant autour des jeunes héros sont nombreux et auront tous un rôle à jouer à un moment ou à un autre. Ils forment un bon noyau toutefois, le côté très caricatural de certaines d’entre eux m’a agacée, en particulier Joris et Ange, deux adolescents qui harcèlent violemment Abel et qui sont les archétypes des ados bad boys avides de castagne et d’humiliation. D’autres personnages comme Luce (la mère d’Abel), Emilie (sa sœur jumelle) et Panto (le grand-père de Benjamin) m’ont touchée même si, avouons-le, j’aurais préféré qu’on les creuse davantage. Heureusement, l’intrigue a balayé ces défauts. J’ai été happée par tout le mystère autour des loups, des transformations lycanthropes et des agissements étranges répertoriés dans la région. Malgré le rythme calme, le fil conducteur était régulièrement ponctué de petits rebondissements, ce qui rendait ce roman fluide, immersif et prenant. De plus, la présence d’humour dans les dialogues, surtout grâce à Abel et Ben, apportait une touche agréable à la lecture. Je n’ai pas vu les 340 pages défiler… et encore moins anticipé la fin ! Une bonne découverte à réserver à un lectorat acceptant les histoires sans beaucoup d’action (mais du suspense !), une atmosphère montagnarde et développant la psychologie des personnages avec subtilité.

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Citations

– Si tu veux un conseil, vas-y doucement avec lui. Abel, c’est un peu le renard du Petit Prince, il a besoin d’être apprivoisé.
– C’est sûr qu’Abel a besoin d’être apprivoisé, murmura Mathilda, les yeux fixés sur la nuit. Mais je t’assure, ce n’est pas un renard.

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Vivre au milieu des bois lui avait fait comprendre que s’il n’avait pas d’emprise sur ce qu’il était, il pouvait au moins compter sur la nature pour le rendre heureux. Sur ces petits riens qui construisaient quelque chose de plus grand : compter les champignons d’un cercle de fées, décortiquer les pelotes de réjection, ou collectionner les étoiles des fossiles de pentacrines, surprendre des renardeaux jouant dans l’herbe haute devant leur terrier, cueillir des figures bien mûres à la fin de l’été, pêcher une grosse truite sur le dernier lancer de la journée ou découvrir un sapin dont le tronc pleure sa résine.

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Que tu sois Alpha ou Rigel, tu te souviendras de tout. Il faut vraiment que tu luttes. C’est ça le combat : ne pas se perdre.

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– Panto s’en fout, si tu veux savoir. C’est toi que ça gêne d’avoir un fils obèse qui s’habille en pyjama.
C’était une provocation, Benjamin le savait. Obèse était à la mère de Benjamin ce que Voldemort était aux sorciers dans Harry Potter : un mot interdit. Oui, Benjamin était corpulent, costaud, fort, épis, mais obèse, quand même ! Avant que sa mère puisse répondre, il dit :
– On passe sous un tunnel ça va… scrichchchch.
Puis il raccrocha.
Il ne termina qu’un exercice de maths, car son téléphone sonna à nouveau. Son père cette fois-ci. Il décrocha avec le même empressement que pour sa mère et lui sortit le même « Mouais ? » histoire qu’il n’y ait pas de jaloux.
– Benjamin, je viens d’avoir ta mère. Elle me dit que tu lui as raccroché au nez.
– Ce n’est pas moi, c’est le tunnel.

Ma note

♥♥♥♥ 5/5

6 réflexions au sujet de « « Où le loup demeure » d’Aurore Gomez »

  1. Adorant les animaux, la couverture me donne déjà très envie !
    Le travail sur la psychologie des personnages principaux a l’air remarquable, notamment au niveau des trois protagonistes qui semblent tous différents, mais terriblement attachants…
    Encore un joli titre de la maison d’édition à lire 🙂

    Aimé par 1 personne

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