Romans

« Le bonheur n’a pas de rides » d’Anne-Gaëlle Huon

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Le bonheur n’a pas de rides »
Auteur : Anne-Gaëlle Huon
Genre : Roman contemporain / Feel Good
Éditeur : Le Livre de Poche

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résumé du livre

Paulette a 85 ans, un caractère bien trempé, et pas toute sa tête. Enfin, à ce qu’elle prétend. Lorsqu’elle se retrouve bien malgré elle la nouvelle pensionnaire de l’Auberge de Monsieur Yvon, elle n’a qu’une obsession : en partir ! Mais c’est sans compter sur l’étrange fascination que les autres habitants et leurs secrets vont bientôt exercer sur elle. Que contiennent ces lettres mystérieuses trouvées dans la chambre de Monsieur Georges ? Qui est l’auteur de ce carnet abandonné dans la bibliothèque ? Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens.

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Ma critique

  • J’aime bien l’odeur du pain chaud, celle de l’herbe coupée et de la pluie sur le sol sec.
  • J’aime bien les rires cristallins des bébés, notamment du mien.
  • J’aime bien les petits vieux râleurs qui sont comme des oignons : sous leurs couches, il y a de belles personnes !
  • J’aime bien les ouvrages intergénérationnels qui font du bien au moral.

Cela tombe bien, car ce roman condense un peu de ces quatre éléments : il sent bon les frites, les gâteaux et les légumes du potager de Monsieur Yvon, il parle d’une jeune femme en cloque qui trouve un carnet contenant des listes j’aime/j’aime pas, il met en avant une héroïne senior qui déménage, tout en présentant un panel de protagonistes adorables. Et c’est sans doute ce dernier point que je retiendrais le plus de cette belle lecture : des êtres bons vivants, drôles, délicats, tendres, touchants, avec des blessures à surmonter, mais un grand cœur. Oh, qu’il m’a été pénible de quitter les habitués de l’Auberge de Bagneux ! Au fil de ma lecture, j’avais réellement apprécié la plupart des membres de cette grande famille. Certes, on aurait pu développer certains d’entre eux toutefois, l’ensemble était adorable et a su me séduire progressivement.

couv65424667Évidemment, la vieille Paulette est celle qui a su me conquérir dès les premières pages ! J’aimais beaucoup l’idée que cette petite mamie fasse des crasses ou joue la comédie en faisant croire qu’elle est sénile afin d’aller dans la maison de retraite de ses rêves. Au début, c’était plutôt amusant, parfois bien vu et original. Puis, lorsqu’elle a malheureusement atterri dans l’auberge de campagne de Monsieur Yvon, elle a montré une personnalité plus complexe, renfermée, revêche, entêtée, curieuse, tyrannique, autoritaire et agressive. Une couverture épaisse qui peut rebuter, mais qui dissimule une personne touchante… J’ai apprécié suivre l’évolution de Paulette. Celle-ci va bien sûr s’acclimater à son nouvel environnement et va progressivement se faire sa place au sein de la petite famille. En outre, son idylle naissante avec Georges, un adepte des courses hippiques m’a également émue. C’était un rapprochement atypique et inattendu, plein de douceur, de sincérité, de pudeur et de bienveillance. De quoi donner du baume au cœur !

Parmi les protagonistes, on notera le patron de l’auberge, Yvon, qui m’a donné l’impression d’un grand moustachu attentionné et à l’écoute. Un lourd drame pèse sur ses épaules. Or, malgré les étranges menaces et le chantage qu’un inconnu lui fait subir, il va toujours protéger les siens. Nour, la cuisinière d’origine marocaine, a mis un peu plus de temps avant de me conquérir. C’est pourtant un personnage franc, maternel, mystérieux et tendre… néanmoins, elle fait partie de ceux que j’aurais voulu que l’on exploite davantage, car elle possède encore de nombreuses zones d’ombres. Parmi les habitués, on remarquera surtout Juliette, serveuse ingénue mais travailleuse. La belle rêveuse va trouver un carnet rempli de listes qui vont lui permettre de s’évader, de retrouver espoir et d’aller de l’avant. De façon générale, j’ai beaucoup aimé les sous-intrigues de cet ouvrage. Bien que peu crédibles, elles sont généralement remplies de poésie, de charme et d’humanité. De plus, elle permet à la majorité des personnages secondaires d’évoluer.

Le rythme de ce livre est assez lent toutefois, je n’ai pas ressenti d’ennui. (Ce qui peut être le cas pour certains lecteurs, car c’est vraiment très paisible et parfois répétitif !) J’étais dans une petite bulle tranquille où j’apprenais à connaître plusieurs personnalités intéressantes. En revanche, je reconnais que le scénario est assez convenu, déjà vu et prévisible… Par ailleurs, j’ai préféré « Même les méchants rêvent d’amour » de l’auteure qui était tout de même plus profond… Mais qu’importe ! J’ai tout de même passé un doux moment et recommande ce roman intergénérationnel aux adeptes des œuvres feel-good avec des héros du troisième âge.

  • J’aime pas les personnages stéréotypés comme Corinne, la belle-fille de Paulette.
  • J’aime pas trop les listes cependant, cela passait bien avec cet ouvrage.
  • J’aime pas que l’on écrive « J’aime pas » au lieu de « Je n’aime pas » toutefois, je fais comme Juliette…
  • J’aime pas le goût du café froid ou, pire, celui du café que l’on réchauffe au micro-onde.
  • J’aime pas les gens qui disent que la littérature légère, l’imaginaire ou le genre ado/YA n’est pas de la « vraie » littérature.

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Citations

Tu vois, Gloria, la vie c’est profiter du voyage sans se soucier de la destination. Ce n’est pas attendre que l’orage s’arrête, mais apprendre à danser sous la pluie.

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Les êtres n’étaient que des marionnettes de papier, emportées par le vent dans une danse élaborée où il ne tenait qu’à eux de savourer l’instant.

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Furieuse, elle se redressa et poussa la porte de la laverie. La vie n’était pas un conte de fées. Les histoires d’amour et les histoires tout court finissaient toujours mal. Et mieux valait s’en accommoder au risque de vivre dans une bulle qui vous asphyxiait à petit feu.

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Elle lui en voulait d’être partie ainsi, sans même un mot pour elle. C’était la vie. On tentait de se convaincre qu’on était entouré. Mais les épreuves de l’existence se vivaient seul.

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Ma note

4/5

4 réflexions au sujet de « « Le bonheur n’a pas de rides » d’Anne-Gaëlle Huon »

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