Littérature jeunesse·Romans

« Mon grand frère » de Radière Thierry

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Mon grand frère »
Auteur : Radière Thierry
Genre : Roman contemporain / Littérature jeunesse – ado
Éditeur : Magnard jeunesse

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résumé du livre

Maturin a onze ans et adore son grand frère Victor, qui est en terminale. Il joue dans un groupe de rock, il a toujours plein d’idées, il lui raconte ses histoires de lycée avec les filles et ses copains et lui fait écouter de super morceaux… Il est cool, et dès qu’il rentre le vendredi soir, Maturin saute de joie. Seulement, il ne se passe pas un week-end sans qu’il y ait une dispute entre Victor et son père. Maturin ne rêve que d’une seule chose : que tout le monde s’entende comme dans une famille normale. Mais comment faire quand on n’a que onze ans et que la maison est devenue une vraie poudrière ?

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Ma critique

Ce court roman fut une jolie découverte où l’émotion est au rendez-vous. L’histoire est narrée par Maturin, un jeune adolescent encore très innocent, timide, ingénu et sensible. On sent qu’il n’a pas du tout confiance en lui et qu’il se sent perdu au milieu de cette famille où se confrontent deux caractères forts : son père et son frère Victor. Que faire face à ces deux modèles masculins qui, malgré le fait qu’ils soient du même sang, se déchirent ? Maturin l’ignore. Alors, il écoute, il observe, il essaye de comprendre. En raison de son âge, beaucoup de choses lui échappent, mais il ne baisse pas les bras pour autant. Ce garçon m’a semblé plus jeune que son âge néanmoins, je l’ai trouvé adorable. couv51132796J’ai surtout été très touchée par sa relation avec son ainé : un très beau lien fraternel complice, tendre et sincère. Maturin admire réellement son frère, sans jalousie ou rancœur. Il aime simplement l’écouter jouer de la guitare, passer du temps avec lui, partager des morceaux de rock et le voir. De son côté, Victor est toujours protecteur, tranquille et gentil avec son cadet. Ils forment un très joli binôme qui fait plaisir à voir !

Seulement voilà, à la maison, la vie n’est pas rose ! Quand Victor rentre de l’internat, il se querelle sans arrêt avec leur géniteur. Ces week-ends semblent être réglés sur du papier à musique : le bus scolaire arrive, père et fils se frittent dans la voiture, le dîner se fait dans la tension et chacun vit dans son coin. La situation pèse clairement sur la famille. On a par exemple la mère, complètement en retrait, déprimée et dépassée. J’avoue que j’aurais voulu en savoir plus sur elle cependant, je comprends que l’auteur lui donne ce rôle. Son mari est tellement étouffant, sévère, colérique et déterminé ! Ce pilier de famille dévaste tout avec ses mots toujours remplis de hargne… D’ailleurs, je m’attendais presque à ce que Thierry Radière aborde la thématique de la violence conjugale… Le personnage du père cherchant constamment le conflit au point de harceler ses proches en imposant son tempérament explosif est, hélas, réaliste. Je comprends que certains lecteurs cherchent des récits où tout s’arrange, avec un bel happy end, mais les choses ne se passent pas toujours ainsi. Comme avec « Solaire » de Fanny Chartres, qui présente une mère malade, dépressive, violente, paranoïaque et anxieuse, je trouve qu’il est important de montrer ces problèmes en littérature jeunesse. La vie n’est pas toujours parfaite. Parfois, nos modèles ont des failles… Parfois, on arrive à un point de non-retour… Parfois, tout doit exploser…

Quête identitaire, famille complexe, dépression, musique, drogue, etc. Cet ouvrage aborde plusieurs sujets avec sensibilité, réalisme et justesse. Bien que l’on trouve un langage assez familier, ce petit narrateur a su m’embarquer avec son ton doux, innocent, juvénile, fluide et tendre. Une bonne découverte pleine de sensibilité ! Merci aux éditions Magnard.

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logo.

CitationsOn a six ans d’écart, lui et moi, mais on croirait qu’on en a que deux ou trois. Tout le monde me dit que je fais quinze ans. Vous pouvez pas savoir comme je suis fier quand on m’annonce que je parais plus vieux ! C’est comme si on m’avouait que j’étais le plus beau de la terre ou un truc du genre.

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Quand il joue, Victor, c’est comme si c’était un peu moi. On vibre tellement de la même manière tous les deux que je peux pas m’empêcher de sentir mes doigts pincer et caresser les cordes de la guitare de mon frère. Je suis trempé de sueur à la fin de chaque répétition et j’ai les mêmes frissons que lui quand il fait un solo. C’est peut-être pour ça que je ne fais aucun effort. Je me sens déjà musicien, sans avoir appris la musique.

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Toute chose pas terrible a aussi un bon côté, au fond, il suffit de le trouver.

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J’ai l’impression que, dans une famille, on est rarement tous heureux au même moment.

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Ma note

4/5

3 réflexions au sujet de « « Mon grand frère » de Radière Thierry »

  1. En plus de posséder un nom bien peu courant, Maturin semble être un personnage attachant et empli d’une belle sensibilité malgré un foyer familial dysfonctionnel… La relation avec son frère a l’air, dans tous les cas, très belle quand celle avec son père difficile.
    Chapeau à l’auteur d’avoir su aborder des thèmes forts avec sensibilité, un ton presque indispensable au regard du public visé.

    Aimé par 1 personne

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