Littérature jeunesse·Science Fiction·Young adult

« Et le désert disparaîtra » de Marie Pavlenko

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Et le désert disparaîtra »
Auteur : Marie Pavlenko
Genre : Littérature ado – young adult / Science-Fiction / Dystopie
Éditeur : Flammarion

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résumé du livre

Samaa vit dans un monde qui pourrait être le nôtre dans quelques siècles. La vie a presque entièrement disparu de la surface de la Terre. Le sable a tout dévoré. Elle appartient à une tribu nomade. Pour survivre, son peuple traque les derniers arbres et vend leur bois. Samaa aimerait être une chasseuse, elle aussi, mais c’est une charge d’hommes. Alors, un jour, elle désobéit et suit les chasseurs. Mais le désert a mille visages.  Elle se perd, et tombe dans une trouée. Au fond, un arbre. Gigantesque. Coincée là, blessée, Samaa va peu à peu réaliser que tout ce en quoi elle croit est faux. Elle changera le destin de sa tribu à jamais.

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Ma critique

J’aime toujours autant la plume de Marie Pavlenko ! L’auteure sait toujours jongler entre poésie, messages engagés, émotions, douceur et délicatesse. Cette fois-ci, elle nous plonge dans un monde post-apocalyptique où le désert a envahi la Terre. Les humains restants n’ont pas connu la vie d’avant. Ils ignorent ce que sont les forêts, les lacs, les animaux, les livres, l’oxygène et l’électricité. En outre, ils ne se posent pas de questions. Hélas, leur vie est particulière : ils respirent un air spécial, évoluent dans un désert stérile, consomment des barres protéinées et de l’eau gélifiée. Dans de telles conditions, survivre est difficile. D’ailleurs, les nouveaux nés ne survivent généralement pas. Dans cette étrange communauté de nomades, les fonctions sont établies dès la naissance. Chacun a sa place dans le camp et les personnes jugées trop vieilles pour participer sont rejetées. couv49210187Voilà un univers effroyable dans lequel je n’aimerais pas mettre les pieds ! Bien que j’aurais aimé en savoir plus, notamment sur les grandes villes, j’ai été ravie de découvrir la tribu de la jeune Samaa. Avec une narration juvénile, parfois agaçante mais franche, cette dernière nous présente son monde, sa perception de la vie d’antan et d’aujourd’hui et ses rêves de devenir une chasseuse. Oh, non, pas une chasseuse d’animaux… Ces derniers sont rarissimes et ne sont pas bons à manger ! Samaa veut devenir comme son père et son ami Solas : une chasseuse d’arbres !

Très vite, on comprend que les Hommes sont responsables de leur propre perte (ce qui ne change pas si on regarde notre propre monde)… En effet, pour acheter des rations et divers objets permettant de survivre, le clan de Samaa va débusquer les rares arbres pour les abattre, puis les vendre. L’Ancienne du village, une vieille femme exilée, les a pourtant avertis : la nature donne la vie. Après avoir bravé l’interdit en endossant le rôle d’un Homme (le « sexe faible » n’a pas le droit d’être chasseur), notre jeune héroïne va découvrir les secrets du désert, faire face aux créatures qui y vivent, puis va tomber nez à nez avec Naïa. Cet arbre ébranlera ses certitudes, puis changera radicalement sa vision des choses. Avec brio, Marie Pavlenko propose un texte fort : on est dans les sensations et l’émotion. Il est aisé pour le lecteur d’imaginer ce monde désertique ainsi que l’épopée de l’adolescente. On identifie les bêtes croisées, on se questionne sur l’avenir de la demoiselle et on se demande si les choses vont redevenir comme autrefois. J’ai été touchée par les comparaisons ingénues mais adorables de Samaa, notamment lorsqu’elle parle de l’arbre ou de Tewida-les-yeux.

En plus d’être féministe et écologique, cette ode à la vie m’a fait passer un très bon moment de lecture. Cela dit, je pense que cela ne plaira pas à tous les lecteurs, car le rythme du récit est très lent. L’onirisme est ultra-présent ! Il ne se passe rien de plus que ce qu’indique le résumé. Si la lenteur de ce conte ne me dérange pas, je regrette que l’on n’approfondisse pas plus certains éléments ou que l’on ne propose pas plus d’action ! Toutefois, ce n’est pas grave : le message est passé et j’ai été bercée par le son des dunes…

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Citations

Mort, un arbre ne vaut rien. Vivant, il est la vie.

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Je croyais connaître le désert mais il a mille visages. J’en découvre la complexité. Il est ocre, rouge, orangé, pâlot ou profond, il est illuminé par le soleil et terni par la nuit, il est bas, haut, plat, il est sablonneux ou recouvert de caillasses, ses plis se resserrent pour former d’énormes collines, il se déchire, s’ouvre en deux, et de longues crevasses le nervurent avant de se refermer comme des plaies.

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– Parfois j’ai envie d’y croire, moi, à ce monde. Tu sais pourquoi ?
Je fais non.
– Parce que, s’il a existé, il peut renaître…

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Je veux être chasseuse. La première de ma tribu. Je changerai le destin de toutes les femmes.

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Ma note

4/5

7 réflexions au sujet de « « Et le désert disparaîtra » de Marie Pavlenko »

    1. Je pense que c’est une question de personnalité. A un moment, j’ai trouvé que c’était un peu long (on était presque en huis-clos près de l’arbre pendant une centaine de pages), mais j’arrivais au bout, donc j’ai laissé ce sentiment de côté. L’onirisme et les émotions m’ont bercée.

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