Romans policiers / Thriller·Science Fiction

« Virtual Revolution 2046 » de Guy-Roger Duvert

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Virtual Revolution 2046 »
Auteur : Guy-Roger Duvert
Genre : Science-Fiction / Thriller / Roman policier
Éditeur : Auto-édition

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résumé du livre

En 2046, les trois quarts de la population ont fui la réalité, passant leur temps connectés dans des mondes virtuels. Notre société n’est plus la même, désormais scindée entre trois catégories sociales : les Connectés, devenus de véritables junkies virtuels, les Vivants, ceux qui refusent cette technologie, et enfin les Hybrides, partageant leur temps entre virtuel et réel. À Neo Paris, Nash Trenton, un Hybride ancien flic et désormais barbouze privée, reçoit comme mission d’enquêter sur des phénomènes en apparence surnaturels se produisant en ligne. Se pourrait-il qu’un Dieu existe dans la matrice? À New-York, Genna, jeune surdouée rejetant avec force les attraits de la réalité virtuelle, travaille pour Interpol et se retrouve sur une affaire curieuse de meurtres tous perpétrés par des Connectés. Enfin, à Tokyo, Rei, jeune junkie virtuelle, vit dans un ghetto avec son amie. Les deux sont heureuses, passant leur temps en ligne, jusqu’au jour où des hommes en noir et augmentés cybernétiquement kidnappent son amie et tentent de l’éliminer, elle. Complètement inadaptée à la vie réelle, elle va néanmoins se lancer sur la piste de son amie. Un Hybride, une Vivante et une Connectée. Trois destins liés dans une société corrompue qui a su répondre aux problèmes d’hier en en créant de nouveaux…

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Ma critique

Les mondes virtuels me passionnent dès qu’ils sont abordés dans une fiction. Alors, lorsque l’auteur m’a gentiment proposé de lire son nouveau roman d’anticipation, j’ai accepté sans hésiter. Il s’agit d’une œuvre à trois voix avec des héros au tempérament éclectique et dont le quotidien est différent, voire extrêmement opposé. Par exemple, Genna est une surdouée travaillant pour Interpol qui refuse tout ce qui est virtuel. Elle est ce que l’on appelle une Vivante. Malheureusement pour elle, la demoiselle va mener l’enquête à travers un jeu vidéo mondial où les cybercriminels et les complots se font de plus en plus nombreuxAux côtés de McKay, elle va devoir surpasser ses aprioris ainsi que ses habitudes. À l’inverse, Rei, véritable geek addict aux MMORPG va être contrainte de quitter le numérique pour vivre des péripéties dans le monde réel. La Connectée sera aussi perdue que Genna et vivra une aventure intense, dangereuse et déroutante pour sauver Natsumi, sa binôme de jeu, colocataire et amie enlevée sous ses yeux. Je reconnais avoir eu une nette préférence pour Rei, car elle a frôlé des dangers que je n’avais pas anticipés et a fait des rencontres intéressantes, en particulier avec Gallahad. Avec ce dernier, elle apprendra à se surpasser et à voir plus loin que son ancienne vie. À mon sens, elle est le personnage qui va le plus évoluer que ce soit tant physiquement que psychologiquement. Or, que ce soit au début ou au fil des pages, j’ai réellement apprécié son tempérament naïf, déterminé, courageux et loyal. Des trois narrateurs, elle est celle à qui je me suis le plus identifiée. Sans doute parce que j’ai moi-même été joueuse et que je ne serais pas restée de marbre si on avait emmené la personne avec qui je vis…

Une fois encore, Guy-Roger Duvert a su donner un rôle intéressant aux Femmes. Celles-ci sont toujours actives, audacieuses, fortes, sensibles et talentueuses dans un domaine. Cependant, elles ne sont pas considérées comme invincibles, profil trop présent en dystopie où l’héroïne est souvent « badass »… C’est donc avec plaisir que j’ai suivi Genna et Rei qui, malgré leurs erreurs ou leurs défauts, vont évoluer aussi bien que les Hommes. Du côté de ces messieurs, j’avoue avoir bien accroché avec Nash, le troisième narrateur et principal héros de cette histoire. Il est ce que l’on appelle un Hybride : il est autant à l’aise dans la réalité (où il a été flic par le passé) que dans le monde virtuel (où il a un personnage d’un bon niveau). Cette spécificité fait de lui une personne ambivalente, réactive et capable de s’adapter. Un atout non-négligeable, surtout face aux Nécromants, des tueurs virtuels qui parviennent à tuer les avatars et le cerveau des joueurs… L’ancien policier va donc mener une enquête périlleuse, passionnante et sans temps morts dans tous les mondes ! J’ai été intéressée par son sort et j’appréciais particulièrement son tandem avec Noriko, une femme-cyborg.

Pendant longtemps, les trois narrateurs vont chacun progresser de leur côté, sans jamais se croiser. Néanmoins, il y aura bien un lien entre eux… Il faudra simplement avancer au fil des chapitres pour comprendre lequel ! Au départ, j’avoue que j’étais assez perturbée par ces changements de narration fréquents. Les chapitres sont souvent très courts et s’interrompent à des moments intéressants, donnant ainsi envie au lecteur d’avancer dans sa lecture. Mais pour moi, cela changeait un peu trop. Dès que je m’habituais à un protagoniste et que j’essayais de comprendre son affaire, on passait à une autre enquête/un autre héros. Lisant surtout le soir avant de dormir, j’avais du mal à me mettre dans l’ambiance. En outre, comme ce n’est jamais indiqué au moment d’un chapitre, je me demandais toujours si on était dans le réel ou dans le jeu… Il fallait trop que je me concentre. Alors, j’ai dû changer mes habitudes pour plonger correctement dans ce roman…

Heureusement, le monde imaginé par l’auteur est riche et complexe que ce soit la réalité futuriste et hyper-technologique ou le virtuel où il existe toute sorte d’univers et de fonctionnalités. La Terre a été endommagée et se trouve à présent peu vivable. Les humains vivent seuls, dans des immeubles délabrés où personne ne se connaît. Ils ne semblent plus travailler. Les machines sont omniprésentes dans le corps des gens (ex : Noriko a un bras cybermétique ainsi que d’autres membres mécaniques) et au quotidien : c’est une alarme qui prévient quand il faut manger et ce sont des machines qui viennent récupérer les corps des gens qui meurent chez eux en solitaires… C’est terrible ! On n’aimerait vraiment pas y vivre ! Alors, pour avoir une meilleure vie, les hommes se réfugient dans le virtuel, choisissant aussi bien le monde/le verse dans lequel ils évoluent que l’aspect physique de leur avatar. Pour ma part, les termes de jeu (ex : loot, spawn, PNJ) ne me sont pas inconnus, mais Guy-Roger Duvert a systématiquement pensé aux non-initiés en les expliquant en bas de page, ce qui est très appréciable ! En revanche, il y a beaucoup d’éléments nouveaux qui arrivent au compte-goutte. Parfois trop, mais au moins, impossible de s’ennuyer ! Pour ceux ayant lu « Backup » (mon titre préféré pour le moment), j’ai eu l’impression de retrouver plusieurs choses de l’univers. C’est toutefois plus étendu et plus creusé. Une belle surprise !

Bien que j’aie eu quelques difficultés à me faire à la triple narration, Guy-Roger Duvert a su m’embarquer dans cette aventure futuriste. Sa plume est toujours aussi simple, abordable, prenante et très visuelle. Les combats sont toujours aussi bien retranscrits, si bien qu’on a l’impression d’y être. Encore une fois, j’imagine sans mal une adaptation cinématographique ! Cela tombe bien, puisque « Virtual Revolution 2046 » est un préquel sous format roman qui se déroule avant un long métrage réalisé par l’auteur. Apparemment, il est disponible sur Amazon Prime. Ayant cette plateforme de streaming, je suis curieuse de voir le résultat ! Par ailleurs, les thématiques abordées poussent toujours à la réflexion. Ici, il est question de la relation de l’Homme avec les écrans, de contrôle de masse, de désintérêt de la vie, d’humanité isolée, de virtuel se confondant avec le réel, des avancées technologiques et médicales pour « améliorer » le corps humain, d’industries multinationales, d’argent, de vie privée, de révolution radicale engendrant la mort d’innocents, etc. Bref, une lecture sombre, entraînante, divertissante et intelligente.

Petit paragraphe en plus, car j’ai finalement regardé « Virtual Revolution » quelques jours après. J’avoue que, même si le scénario était prévisible, le film a changé ma perception de l’ouvrage : je l’ai davantage apprécié. Nash ressemblait assez à l’image que je me faisais de lui, si bien que cela m’a fait plaisir de le retrouver. Son combat contre les Nécromants, les cyber-terroristes, m’a davantage intéressée. De plus, j’ai mieux compris ce que les multinationales attendaient de lui et ce dont elles étaient capables. En outre, j’ai aimé « voir » l’univers où évolue Nash. C’est quelque chose de le lire et de l’imaginer, mais c’est encore mieux d’assister à une représentation physique de ce que le réalisateur pense de notre futur ! Il n’y a réellement personne dehors : les rues sont tristes, pluvieuses, vides d’humanité, mais remplies de machines. La famille ou l’amitié de signifient plus rien, car seul ce qu’il se passe dans les verses a de l’importance. Alors, les gamers vivent dans un état végétatif sur leur siège, l’esprit plongé dans les jeux en ligne, ignorant (consciemment ou non) qu’ils sont muselés et contrôlés. Je confirme que l’on peut découvrir le film sans avoir lu le livre préquel et, inversement que l’on peut plonger dans le roman sans avoir vu « Virtual Revolution », car les deux sont dissociables et se complètent bien.

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Citations

La situation était simple : elle avait un objectif à atteindre. les Templiers étaient à même de l’aider. A partir de là, tout ce qui irait dans le sens de l’Ordre la servirait. Après tout, ne disait-on pas « les ennemis de mes ennemis… ».

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Le Bibliothécaire parut amusé.
– Vous ne faites pas confiance à Internet ?
– Vous savez bien que ce qu’on trouve sur le net est modifié en fonction des désirs des puissants. L’Histoire est constamment réécrite.

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Lorsqu’un être humain apprenait une information ne correspondant pas à ses croyances, à ses certitudes, le réflexe naturel était de faire abstraction de cette nouvelle donnée, soit en la décrédibilisant, soit en la minimisant.

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Tout le monde y était gagnant. Les entreprises s’enrichissaient avec une clientèle acquise. Les Connectés disposaient de tout ce dont ils avaient besoin pour passer leur temps en ligne. Quant aux gouvernements, ce système leur permettait d’avoir sous contrôle la majorité de la population, à un moindre coût.

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Ma note

3,5/5

8 réflexions au sujet de « « Virtual Revolution 2046 » de Guy-Roger Duvert »

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