Littérature jeunesse·Romans policiers / Thriller

« La maison aux 36 clés » de Nadine Debertolis

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « La maison aux 36 clés »
Auteur : Nadine Debertolis
Genre : Roman policier / Littérature jeunesse – ado
Éditeur : Magnard

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résumé du livre

Dimitri et Tessa partent à l’improviste en vacances avec leur mère. Elle a décidé de retourner se changer les idées dans la maison d’un grand-oncle décédé. A peine arrivés, Dimitri et Tessa se retrouvent face à plein de portes fermées, un trousseau de 36 clés et autant de mystères à résoudre. Tandis que leur mère se plonge dans des rangements et des nettoyages insensés, et se mure dans un silence bougon, ensemble, ils décident d’ouvrir leurs premières serrures pour découvrir le secret de ce manoir démesuré. Qui était vraiment ce grand-oncle mystérieux, mais surtout, que fabriquait-il dans sa grande maison ? De porte en porte, les enfants, bientôt rejoints par Daphné, une petite voisine, vont ouvrir les différentes pièces les unes après les autres et assembler les indices afin de reconstruire le puzzle. Grâce à leur perspicacité, la maison dévoile peu à peu son mystère si longtemps caché…

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Ma critique

La-maison-aux-36-clesUn vieux manoir rempli de babioles, de salles condamnées, de souvenirs enfouis et de secrets bien gardés ? Il y a de quoi interpeler petits et grands ! En ce qui me concerne, c’est avec enthousiasme et une immense curiosité que j’ai suivi les aventures de Dimitri et de sa sœur aînée Tessa. Accompagné de leur mère, le duo va partir en vacances dans un petit village où se situe un vieux manoir appartenant à un grand-oncle décédé. Hélas, toutes les pièces sont closes… Cela devient alors un challenge : armés d’un trousseau de clefs et de leur intellect, les deux enfants vont décider de percer tous les mystères de cet endroit ! Pour leur génitrice, ce séjour permet de faire le point sur son passé ainsi que sur cet aïeul regretté. On la sent très refermée, à vif et sur ses gardes : cette demeure représente une partie de sa vie encore très sensible et, bien qu’elle n’aie pas parlé de son adolescence à ses proches, elle ne semble pas encore prête à le faire. Ce temps viendra ! Car, en ouvrant progressivement chaque porte, le tandem ouvrira les barrières autour du cœur de leur mère… Bien que l’on puisse encore développer son personnage en fin d’ouvrage, j’ai vraiment apprécié cette maman. Elle est à la fois intéressante, attentive, affectueuse, un peu larmoyante, mais attachante. Cela change de voir un parent qui ne joue pas simplement le rôle de l’autorité. Ici, elle laisse parler ses émotions, observe l’avancée des recherches et promet qu’elle se livrera au fil du séjour. Elle est un personnage secondaire à part entière qui détient autant de secrets que l’ancien propriétaire de la bâtisse !

L’un des atouts de ce petit roman policier est son chouette binôme avec un frère et une sœur différents, mais complémentaires. Si Tessa est à l’aise, bavarde, taquine et franche, son cadet est plutôt du genre taiseux, timide, observateur et émotif. On sent qu’il y a de l’affection entre eux : ils s’écoutent, se chamaillent un peu, se donnent des surnoms rigolos (surtout Tessa) et se respectent. Ils agissent toujours ensemble et partagent leurs trouvailles. On est loin du schéma classique en littérature jeunesse où la fratrie passe son temps à se disputer ou à se faire des coups bas. En outre, une troisième personne va intégrer le groupe des enquêteurs : Daphné, une villageoise de leur âge. Elle aussi dissimule des informations… Ensemble, les trois enfants vont donc arpenter le grand manoir. Le lecteur suivra leur avancée progressive : le contenu des pièces ouvertes, la découverte d’objets insolites ou d’indices permettant d’accéder à un nouveau jet de clefs ou à une serrure supplémentaire. C’est une sorte d’escape-game en format roman. L’idée est séduisante toutefois, je reconnais que j’aurais souhaité beaucoup plus d’éléments visuels ! Les dessins d’Antonin Faure sont très jolis et pratiques, notamment lorsqu’il a représenté les plans de la maison. Je pense que l’on aurait pu davantage proposer une représentation des objets trouvés (ex : photos, cryptex, etc.). Ayant des lecteurs appréciant énormément les visuels, je suis certaine qu’ils auraient adoré voir plus d’illustrations. D’ailleurs, mention spéciale à la couverture aussi magnifique qu’intrigante ainsi qu’aux superbes entêtes des chapitres.

Le rythme du récit est assez bon : on va de découverte en découverte, puis on assiste aux réactions de chacun ainsi qu’aux réflexions pour progresser dans l’enquête. On ne peut donc pas parler de temps morts. Néanmoins, j’ai trouvé que cela devenait un peu répétitif à un moment : on ouvre les portes, on retrouve des clefs qui permettent de déverrouiller d’autres serrures, qui conduisent à leur tour sur un trousseau, etc. C’est là où des éléments visuels supplémentaires auraient pu casser cette routine. Cela dit, c’est un ressenti personnel. Il faudrait voir ce qu’en pense un jeune lectorat ou d’autres lecteurs sur les sites littéraires ! Quoi qu’il en soit, l’aventure reste prenante et remplie de mystère. J’ai adoré la révélation sur le grand-oncle qui pousse à la réflexion. Le dénouement, bien qu’assez ouvert, est sympathique ! De plus, la décision finale de la famille m’a plu et me donne envie qu’une suite soit publiée. En attendant, je recommande cette petite enquête en huis-clos dès le CM1.

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Citations

Les absences de Papa ne la contrariaient pas autant d’habitude. Maman disait que c’était son métier qui voulait ça, qu’elle le savait depuis le début, que ce n’était pas grave, qu’il fallait faire avec et que « tant mieux, puisqu’il adore voyager ».
Ce fameux métier m’avait donné du fil à retordre quand j’étais petit -avant le collège, quoi-, un vrai casse-tête. Je n’arrivais jamais à me souvenir de son nom, encore moins de son orthographe, et j’étais absolument incapable d’expliquer en quoi ça consistait. Anthropologue. Vous aussi, vous trouvez que ça ressemble à une blague, un nom pareil ?
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– Pas question, a-t-elle répondu. Déjà, je ne vous laisserai jamais deux semaines seuls, et en plus si tu te sens capable de gérer la cuisine, la maison et tout le reste sans adulte, commence par le prouver en aidant un peu plus souvent !
La voix-tronçonneuse n’était pas loin. Tessa et moi, on a échangé un regard dépité. On savait que ça ne servait à rien de lutter, nos vacances étaient fichues.
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Tu sais que j’aime les photos. Au fond, c’est sans doute parce que j’aime les souvenirs et que je veux pouvoir garder une trace concrète des bonnes choses de la vie. Ce sont celles-l) qui comptent, c’est de celles-là qu’il faut s’occuper.

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Ma note

3,5/5

6 réflexions au sujet de « « La maison aux 36 clés » de Nadine Debertolis »

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