Romans policiers / Thriller

« Juste une ombre » de Karine Giebel

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Juste une ombre »
Auteur : Karine Giebel
Genre : Polar / Thriller psychologique / Roman noir
Éditeur : Pocket

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résumé du livre

Tu te croyais forte. Invincible. Installée sur ton piédestal, tu imaginais pouvoir régenter le monde. Tu manipules ? Tu deviendras une proie. Tu domines ? Tu deviendras une esclave. Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable. Tu as su t’imposer dans ce monde, y trouver ta place. Et puis un jour… Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi. À partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche. Juste une ombre. Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré. On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres. On t’observe jusque dans les moments les plus intimes. Les flics te conseillent d’aller consulter un psychiatre. Tes amis s’écartent de toi. Personne ne te comprend, personne ne peut t’aider. Tu es seule. Et l’ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos. Ou seulement dans ta tête ? Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard… Tu commandes ? Apprends l’obéissance. Tu méprises ? Apprends le respect. Tu veux vivre ? Meurs en silence…

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Ma critique

couv6094532Avec mon amie Siabelle, j’ai continué de découvrir la bibliographie de Karine Giebel. Cette fois-ci, notre envie s’est portée sur un roman noir où démence, harcèlement et psychologie s’entremêlent avec brio. J’ai été ravie d’échanger avec elle, d’autant plus que nos émotions étaient souvent similaires. Nous avons été conquises par les mêmes personnages, avons été glacées par le dénouement et, hélas, avons toutes les deux trouvé le début trop long. Et c’est finalement le gros point noir de cette lecture : à trop insister sur une mise en place lente, mais progressive, afin de développer la psychologie de tous les personnages, tout finit par s’enliser. Bien sûr, j’étais ravie de voir l’approfondissement de Cloé, la victime, ainsi que toute l’évolution du flic Alexandre dont la femme se meurt à cause d’une maladie. Leur relation avec leur entourage respectif était également bien creusée. Finalement, on a réellement l’impression d’être face à des individus entiers, crédibles, avec leurs forces et leurs failles… À leurs côtés, on se met à douter de tout : des événements étranges se réalisant et des proches de Cloé au comportement peu commun. On se questionne aussi sur leur santé mentale… C’est là un véritable tour de force qu’a réussi l’auteure !

Malheureusement, comme dit précédemment, ce point est contrebalancé par une intrigue lente et parfois répétitive qui donne une impression brouillonne. On se demande quand les choses vont décoller ou encore quand arrivera le moment où les deux héros se rencontreront enfin… Or, il faudra attendre la moitié du livre pour que, finalement, les choses se complexifient, puis gagnent en puissance. Pour Siabelle et moi, c’est bien trop long. Nous estimons que l’on aurait pu trancher le texte d’au moins une centaine de pages ! C’est dommage, car la seconde moitié est tout simplement intense, addictive et surprenante. Quant au dénouement, je suis tombée de haut. C’était terrible, sombre, pervers et effroyable. De quoi faire des cauchemars ! Karine Giebel n’est jamais tendre avec ses personnages… Et ce titre le confirme ! J’aime cela, car toutes les affaires de la vraie vie ne se terminent pas aussi facilement que celles des séries TV et, parfois, se concluent avec horreur…

Le destin de Cloé Beauchamp est un long chemin retors et assourdissant que j’ai pris plaisir à suivre. Pourtant, on ne peut pas dire que je me sois attachée à elle. En effet, la jeune femme a rapidement su montrer que, derrière sa beauté, elle cache une âme affreuse : elle est ambitieuse et prête à tout pour prendre la place de son employeur bientôt à la retraite. De plus, elle séduit la gent masculine ou ne peut s’empêcher de faire les yeux doux, même lorsqu’elle rencontre le petit-ami de sa meilleure amie… Elle se montre également hautaine avec tout le monde. Or, son assurance est pourtant une barrière qui la protège de blessures passées ainsi que de la culpabilité… Voilà une femme complexe, assez névrosée, avec de nombreux défauts qui la rendent humaine. Mais ce n’est clairement pas vraiment quelqu’un que l’on apprécie pour son tempérament ! Cela dit, comment rester de marbre à ce qui lui arrive ? Comment ne pas s’imaginer à sa place, face à cette ombre qui la menace, la suit et semble s’immiscer jusqu’à l’intérieur de chez elle ? Est-ce son imagination ? Un délire paranoïaque ? Un dédoublement de personnalité ? Ou bien y a-t-il réellement quelqu’un qui la traque ? Malgré les longueurs, ce thriller psychologique a réussi à me faire douter et à me tenir en haleine. Alexandre Gomez est également un individu intéressant. Policier borderline, ce qu’il va vivre avec son épouse m’a émue. J’ai également apprécié le fait qu’il soit parfois bon et mauvais : quand on le contrarie, il agit et ne se laisse pas faire. Ce n’est pas parce qu’il prend Cloé sous son aile qu’il va se laisser insulter… Avec Siabelle, nous avons adoré le suivre. Ainsi, malgré son début très lent, je vous conseille ce thriller psychologique efficace aux personnages troubles qui, quoi qu’on en dise, ne laisseront personne indifférent ! Merci encore à Isa pour cette lecture commune.

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—> Découvrez l’avis de Siabelle

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Citations

Je joue avec toi, comme le félin avec sa proie. Tu sais, juste avant de la dévorer…

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C’est ça, être vivant. C’est ça, exister.
Exister, c’est manquer à quelqu’un.
Exister, c’est être la douleur d’un autre.

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Ce mec est une énigme et le restera sûrement jusqu’à sa mort. Qui risque fort de ne pas se produire au fond d’un lit, dans une affreuse et paisible petite maison de retraite.
Bien trop mystérieux pour qu’on le connaisse vraiment.
Bien trop odieux pour qu’on l’apprécie réellement.
Bien trop intelligent pour qu’on le haïsse entièrement.
Bien trop courageux pour qu’on ne l’admire pas secrètement.
Bien trop féroce pour qu’on ose l’affronter directement.

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La mort n’est pas une fille facile. Elle se refuse à ceux qui la veulent, se donne à ceux qui la repoussent.

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Ma note

3,5/5

9 réflexions au sujet de « « Juste une ombre » de Karine Giebel »

  1. C’est drôle, je ne me rappelle pas avoir ressenti des longueurs. J’étais complètement prise dans l’histoire. Et c’est vrai que Cloé n’est pas le personage le plus appréciable mais on ne peut rester de marbre face à ce qu’elle endure. C’est l’un des romans de l’auteure que je préfère.

    Aimé par 2 personnes

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