Romans policiers / Thriller

« Ils sont chez nous » de Lisa Jewell

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Ils sont chez nous »
Auteur : Lisa Jewell
Genre : Thriller psychologique
Éditeur : Hauteville

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résumé du livre

Certains secrets de famille sont plus mortels que d’autres… Trois cadavres et un bébé abandonné : c’est la macabre découverte que fait la police dans une belle demeure de Chelsea, celle qu’occupait la famille Lamb. Faute de preuves et de témoignages, les enquêteurs privilégient la piste d’un suicide collectif et l’affaire est classée. Vingt-cinq ans plus tard, quand Libby hérite de la maison et se voit révéler les circonstances de son adoption, elle se rend sur les lieux pour percer le mystère de ses origines. Accompagnée par Miller, un journaliste qui a enquêté sur cette terrible affaire, la jeune femme va faire des découvertes troublantes. Mais est-elle prête à découvrir l’effroyable secret qu’on lui cache depuis sa naissance ?

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Ma critique

Quelle terrible histoire Lisa Jewell nous a concoctée ! Malgré le résumé, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre avec ce polar / thriller psychologique… Mais le résultat fut prenant, effroyable et plaisant. J’ai notamment trouvé satisfaction dans les révélations finales qui ont su me surprendre. Pour une fois, je n’avais rien anticipé (ni cherché à le faire) et j’adore ça ! Quel régal de se faire balader par l’auteure…

Parmi les trois narrateurs, seuls deux d’entre eux partageront des faits se déroulant au présent. L’autre parlera d’événements commençant en 1988. Tout d’abord, on a le point de vue de Libby, une jeune femme de vingt-cinq ans relativement sympathique qui va acquérir une maison londonienne au passé lugubre. Or, grâce au notaire, elle va apprendre qu’elle a été retrouvée ici, dans le foyer dont elle a hérité, alors qu’elle n’était qu’un bébé d’une dizaine de mois… Si les circonstances de son abandon sont déjà très troubles, les rumeurs n’en sont que plus intrigantes, puisque l’on dit que toute sa famille biologique et un inconnu se sont suicidés juste avant d’appeler les autorités ! Certains parlent de secte, d’autres de sorcellerie, … Curieuse, Libby va enquêter sur ses origines afin de comprendre ce qu’il s’est réellement passé. La jeune femme étant assez naturelle et entêtée, j’ai pris plaisir à la suivre, en particulier lorsqu’elle a été accompagnée de sa collègue Dido et de Miller, un journaliste ayant rédigé un dossier sur cette étrange maison.

Cependant, la narration qui m’a le plus intriguée est celle de Lucy, une jeune mère SDF. Courageuse, franche, déterminée et protectrice, celle-ci va tout faire pour subvenir à la survie de ses deux enfants. Et cela, malgré le rejet de sa propre mère (qui n’a aucune pitié à voir sa fille et ses petits-enfants dormir sous un pont), les difficultés quotidiennes de la vie dehors ou encore la violence et la perversion de son premier conjoint qui ne rôde jamais loin… Bien sûr, les décisions de Lucy ne sont pas toujours honnêtes ou réfléchies… Toutefois, comment lui jeter la pierre ? Elle semble tellement se démener pour ceux auxquels elle tient… Son horrible passé avec son ex et sa vie de misère m’ont émue. Cela dit, bien que j’appréciais lorsque les chapitres mettaient en scène ce personnage, je me suis longtemps demandé qui était Lucy et pourquoi elle souhaitait absolument quitter la France pour retourner à Londres. Elle paraissait tellement obsédée par la maison ! Les réponses sont arrivées très tardivement… Un peu trop à mon goût ! Je pense que l’on aurait pu faire traîner moins les choses cependant, je comprends ce choix. Une fois que Lucy a mis les pieds à Chelsea, je ne souhaitais qu’une chose : une confrontation !

Le troisième narrateur est le seul à parler à la première personne et à raconter le passé de la maison. Sans décliner son identité, cette mystérieuse voix va narrer la lente descente aux enfers d’une famille divisée et d’une seconde famille aux intentions néfastes. Ces moments m’ont divisée : parfois, ils me semblaient très intéressants, car ils me permettaient de ressentir une myriade d’émotions, en particulier avec les règles dictées par David et Birdie… J’étais sidérée par la violence de ce huis-clos. Toutefois, je trouvais également que les choses mettaient longtemps avant de se mettre en place et je ne saisissais pas l’intérêt de certains passages. Puis, au fil des pages, les faits ont gagné en noirceur et en tension. L’emprise de plusieurs individus est devenue oppressante : la toile était tissée et les araignées allaient passer à l’attaque.

Bien que les trois récits aient un rythme paisible et que l’on ne note pas d’action, ils avancent inexorablement en parallèle. Prise par ces intrigues, j’ai été tenue progressivement en haleine, jusqu’à vouloir absolument connaître le dénouement. Certes, j’ai ressenti des longueurs néanmoins, j’ai été ravie d’être allée jusqu’au bout. Deux personnages (le troisième narrateur et l’un des pères de famille) m’ont vraiment marquée ! Si vous appréciez les thrillers psychologiques alternant passé et présent, avec un fonds de secrets familiaux, de quête identitaire et de drames troubles, vous devriez trouver satisfaction avec ce titre.

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Citations

 
Ils ont passé cinq ans avec nous, cinq ans au cours desquels ils ont fait de notre vie un enfer. Nous avons dû apprendre à survivre.
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Mon père va prendre tout ce que toi et ta famille possédez, et ensuite il va détruire vos vies.
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Ils ne sont pas mauvais. […] Ce sont simplement des livres que tu n’as pas appréciés. Ce n’est pas du tout la même chose. Les seuls livres vraiment mauvais qui existent sont ceux que l’on ne publiera jamais.
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Ma note

♥♥♥♥ 4/5

 

4 réflexions au sujet de « « Ils sont chez nous » de Lisa Jewell »

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