Horreur·Romans policiers / Thriller

« Les monstres » de Maud Mayeras

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Les monstres »
Auteur : Maud Mayeras
Genre : Thriller psychologique / Roman noir / Horreur
Éditeur : Éditions Anne Carrière

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résumé du livre

Ils vivent dans un « terrier ». Les enfants, la mère. Protégés de la lumière du jour qu’ils redoutent. Sales et affamés, ils survivent grâce à l’amour qui les réchauffe et surtout grâce à Aleph, l’immense, le père, qui les ravitaille, les éduque et les prépare patiemment au jour où ils pourront sortir. Parce que dehors, il y a des humains. Parce qu’eux sont des monstres, et que tant qu’ils ne seront pas assez forts pour les affronter, ils n’ont aucune chance.
Mais un jour Aleph ne revient pas, un jour les humains prédateurs viennent cogner à leur porte. Alors, prêts ou pas, il va falloir faire front, sortir, survivre. Pendant ce temps, dans une chambre d’hôpital, un homme reprend conscience. Une catastrophe naturelle sème la panique dans la région. La police, tous les secours sont sur les dents. Dans ce chaos, l’homme ne connait qu’une urgence : regagner au plus vite la maison où on l’attend.

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Ma critique

Quand Siabelle m’a proposé de découvrir ce thriller psychologique en lecture commune, j’ai accepté avec grand plaisir, car Maud Mayeras avait réussi à me surprendre avec ses précédents écrits et avait globalement su me conquérir, en particulier avec « Hématome » et « Reflex ». J’étais donc curieuse de plonger dans sa dernière publication dont les éloges sont nombreux sur la toile. Comme les lecteurs, j’ai pris plaisir à fouler le sol de ce terrier angoissant où vivent deux bambins et leur mère. Ils sont tous les trois séquestrés. Dans leur bulle souterraine. Seuls. En meute. Coupés du monde. Protégés des Hommes. Vivant de peu. À demi-nus. La maman veille sur ses progénitures, les protège, les éduque, les éveille et les nourrit au sein lorsqu’Aleph, leur seul contact à l’extérieur, n’a pas amené assez à manger. Voilà un huis-clos glauque, terrifiant, sombre et rempli de secrets

couv51164580Le lecteur n’est pas sot : il comprend très vite la nature de ces deux « monstres » ainsi que le passé violent de leur génitrice qui, pour survivre, obéit au mâle alpha leur apportant des vivres. Cela ne m’a pas empêchée d’attendre les réponses avec impatience. Il me tardait de comprendre les raisons pour lesquelles Aleph avait fondé cette communauté. Or, c’est cette curiosité morbide qui m’a poussée à dévorer une à une les pages. Cependant, j’avais le souffle court : on a beau savoir de quoi il en retourne, y faire face et encaisser est difficile ! Rosemarie, la mère des petits enfants, m’a énormément touchée. J’ai trouvé sa psychologie très bien menée et intéressante. Ce qu’elle a traversé est riche en émotions et tout simplement horrifiant !

Les chapitres du livre sont courts, ce qui donne du rythme. Afin d’apporter une vision d’ensemble, la narration sera plurielle, offrant alors la parole à Aleph, à Rosemarie, aux enfants-monstres Eine et Jung, au lieutenant Jeanne Rousseau et à des personnages de passage. Et, parfois, lorsque les protagonistes ne sont plus narrateurs, des extraits de conte se glissent entre les chapitres. Il s’agit là de livres écrits par Aleph pour les bambins. Ces textes les éduquent, les font rêver et permettent de les avertir du danger extérieur. Le tout est desservi par la plume simple, fluide et efficace de l’auteure. Cette dernière ne ménage pas ses personnages. Ô que ce roman noir est affreux ! Quels non-dits abjects ! Quels mystères révoltants ! Chaque révélation est comme un uppercut plongeant le lecteur de plus en plus dans l’horreur humaine

« Les monstres » m’a conquise par son ambiance aussi haletante que pesante ainsi que par sa construction. C’est glaçant, bouleversant, sans espoir et très bien écrit. Néanmoins, tout n’est pas parfait. Comme me l’a fait remarquer Siabelle, les rebondissements sont trop classiques et prévisibles. Elle a tout à fait raison. La preuve : nous avons toutes les deux anticipé chaque twist… Pour elle, ce fut un blocage. À l’inverse de mon amie, cela ne m’a pas empêchée de globalement apprécier ce titre. Certes, j’aurais désiré de la nouveauté ou être davantage étonnée comme avec les œuvres passées de l’auteure néanmoins, j’ai été touchée par Rosemarie… Je conclurais cet avis en disant que ce n’est pas le meilleur ouvrage de l’auteure, mais qu’il a le mérite de ne pas laisser le lecteur indifférent. Merci encore à Isa pour nos échanges !

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Citations

– Vous savez pour quelle raison le grand méchant loup ne pourra jamais vous dévorer les enfants ?
– Nous l’ignorons Aleph.
– Parce que c’est vous le grand méchant loup.

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Elle se dit que c’est sans fin.
Et que sous l’horreur, il y aura toujours pire.

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Un monstre, ça ne meurt pas.

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Enfin, lorsque nous serons prêts et autonomes, il nous montrera comment tuer les hommes.
Quand les nuits seront à nous, nous apprendrons à ne plus avoir honte. Aleph nous offrira des lames effilées et nous pourrons couper la viande des femmes et briser les os des enfants.

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Ma note

4/5

9 réflexions au sujet de « « Les monstres » de Maud Mayeras »

      1. Oui c’est vrai! Elle a un rythme de publication raisonnable, j’ai espoir de le rattraper avant la sortie de son prochain roman et donc lire les 3 que je n’ai pas lu d’autant que mis à part le dernier, ils sont dans ma PAL.

        Aimé par 1 personne

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