Fantastique/Fantasy

« Yardam » d’Aurélie Wellenstein #plib2021

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Yardam »
Auteur : Aurélie Wellenstein
Genre : Fantastique
Éditeur : Scrineo
#ISBN9782367408637

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résumé du livre

À Yardam, la folie est sexuellement transmissible. Dans l’espoir d’endiguer l’épidémie, la population est mise en quarantaine, isolée du reste du monde. Le virus n’a pas épargné Kazan. À l’image de la ville qui s’enfonce dans le chaos, il sombre lentement. Pour s’en sortir, il serait prêt à toutes les extrémités, y compris à manipuler Feliks et Nadja, un couple de médecins étrangers venu s’enfermer volontairement dans la cité pour trouver un remède. Dans son désespoir, il va accomplir le pire…

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Ma critique

À sa sortie, « Yardam » me faisait très envie ! En effet, j’apprécie généralement la plume d’Aurélie Wellenstein qui a toujours beaucoup d’imagination, des univers originaux et sombres, des personnages dérangeants au caractère fort, des thématiques actuelles aussi puissantes que touchantes ainsi des dénouements difficiles avec un effet « coup de poing ». Cet ouvrage rentre dans le moule et ne laissera pas ses lecteurs indifférents !

Le monde obscur de ce nouveau titre rappelle l’actualité, tout en s’en détachant. Pas de Covid-19, mais quelque chose d’aussi dévastateur… Dans la ville de Yardam, une pandémie fait rage : des personnes absorbent les âmes des citoyens d’un simple baiser et transmettent leur maladie via le sexe -souvent via le viol- ou le sang. Ce mal est particulier car, à la fois don et malédiction, il permet de voler les pensées, l’esprit ainsi que les capacités des gens. Imaginez : vous apprenez à peindre en embrassant un artiste talentueux ! À moins que vous ne préfériez savoir cuisiner comme un grand chef, avoir les codes confidentiels d’une banque pour la piller ou que vous préféreriez maîtriser l’art du combat ? Les possibilités sont infinies et on comprend que certains malades souhaitent acquérir le plus de compétences possible… Cependant, cet apprentissage instantané demande un sacrifice chez la victime et le porteur… Une personne embrassée devient une simple coquille vide, qui déambule sans but et dépérit. De son côté, le malade « voleur d’esprits » intègrera la personnalité d’un innocent qui continuera de s’exprimer dans sa tête. Cohabiter avec plusieurs personnalités est difficile, voire chaotique ! Imaginez cinq personnalités hurlant sans arrêt dans votre tête ou vous insultant dès que vous ouvrez les yeux… Les malades se dirigent donc doucement vers la folie ! Pour aller mieux, rien de plus simple : coucher avec quelqu’un et le contaminer. Lorsque l’on a des rapports intimes, on se déleste d’une voix/d’un talent. Puisqu’il est l’un des éléments déclencheurs de la maladie, autant dire que le sexe a énormément de place dans le récit. De ce fait, je ne conseillerais pas ce récit aux jeunes lecteurs, ni aux ados. On est sur un écrit dédié aux adultes, avec des moments obscènes, des actes non consentis, des orgies explicites, etc. Lecteurs non-avertis et âmes sensibles, il vaut peut-être mieux passer votre chemin… Pour les autres, vous savez dorénavant à quoi vous attendre !

En plus d’un contexte sanitaire particulier et d’un virus aussi atypique que révoltant, ce one-shot propose plusieurs personnages peu communs que je ne qualifierais pas de héros. Kazan, Feliks, Nadja, le Maréchal Elijas, Jiri, … Aucun d’entre eux est un citoyen « gentil » et honnête. Il y a un « monstre » en chacun d’eux. Même Feliks et Nadja, pourtant médecins chargés de stopper l’épidémie, auront un caractère et des agissements nuancés, voire souvent toxiques. Cela dit, celui qui divisera le plus les lecteurs sera bien le personnage principal. Pour ma part, j’ai été très intéressée par Kazan qui possède une personnalité complexe, ambiguë, noire, travaillée et originale. Toutefois, je peux parfaitement comprendre que l’on ne s’attache pas à lui ou qu’on fasse un blocage vis-à-vis de son comportement ! Ce qu’il fera tout au long du roman est intolérable ! Bien souvent, il enchaînera les mauvais choix, aura un esprit retors, se droguera et fera preuve d’égoïsme. C’est un anti-héros peu conventionnel qui m’aura souvent surprise, si bien que j’ai été curieuse de suivre son évolution. À plusieurs reprises, Aurélie Wellenstein va mettre en avant le fait que Kazan est une personne à la fois unique et ambivalente. Il ne semble ressembler à personne… Pas même à ses semblables ! En effet, bien qu’il existe d’autres « voleurs d’esprits », chacun a ses ambitions ainsi que sa propre façon de procéder pour devenir plus fort ou contaminer autrui. Découvrir le fonctionnement de chacun fut passionnant.

Malgré l’épaisseur du livre, les chapitres défilent facilement. Avec une curiosité assez malsaine, j’ai désiré savoir où toute cette histoire aller me mener ou ce qu’il allait advenir de Kazan, des deux aimés médecins ainsi que de la pandémie, … La seule chose dont j’étais sûre, c’est que l’on serait loin du happy-end, car l’auteure n’a jamais conclu de façon positive et semble adorer malmener ses protagonistes ! Or, je n’ai pas été déçue par les dernières pages. Bien que l’on ne possède pas toutes les réponses, c’était assez logique, horrible et marquant. Une fois encore, Aurélie Wellenstein aura su explorer les vices et les bas-fonds de l’âme humaine !

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Citations

Les maladies surgissent et elle fauchent les gens. La peste, la tuberculose, la syphilis ou la lèpre, et maintenant… ça.

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Ses démons étaient comme des serpents qui, les uns après les autres, avaient planté leurs crochets dans son cerveau. Depuis des années, ils tordaient leurs anneaux luisants dans ses entrailles, autour de son coeur et de ses poumons; ils lui remontaient le long de la gorge, lui emplissant la bouche d’un goût de bile, et bavaient leur poison dans tout son corps, dans toute sa tête.

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Beaucoup de personnes porteuses du virus étaient déjà trop folles ou trop désespérées pour s’encombrer d’explications. La tête farcie de voix, elles devaient à tout prix décharger l’une d’elles à travers une relation sexuelle, se soulager d’un démon dans la tiédeur d’autrui, jusqu’à ce que la pression augmente à nouveau et qu’au bord de l’explosion, elles recherchent un partenaire à contaminer. Poussées par la peur de mourir, ces personnes violaient leurs victimes et en plus du choc, de l’épouvante et de la souffrance, leur offraient un aller simple pour la folie. Et le virus, lui, se diffusait et se multipliait, encore et encore.

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Ma note

4/5

26 réflexions au sujet de « « Yardam » d’Aurélie Wellenstein #plib2021 »

    1. Oui, c’est tout à fait ça ! Quelle puissance ! Même si c’est glauque, révoltant et cru, l’auteure a su tisser un récit fort et développer des thématiques très intéressantes. J’adore les personnages ambigus et non lisses comme Kazan !

      J'aime

  1. Le concept est intéressant mais je n’aime pas trop le sexe explicite dans les romans (surtout avec des viols et violences sexuelles).
    Je ne sais pas encore si Aurélie Wellenstein entre dans mes limites ou pas, mais, hélas vu ta critique, ce ne sera pas avec celui là que je le découvrirai…

    Aimé par 1 personne

  2. Je n’ai pas l’habitude du sexe dans les romans Scrinéo, mais j’ai une totale confiance en la maison d’édition et en ton avis. Alors même si ça a l’air quand même assez malaisant et que les personnages semblent sombres, je reste très curieuse de découvrir le roman et de confirmer ou non, mon attrait pour la plume de l’autrice…

    J'aime

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