Romans

« Les possibles » de Virginie Grimaldi

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Les possibles »
Auteur : Virginie Grimaldi
Genre : Littérature contemporaine
Éditeur : Fayard

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résumé du livre

Juliane n’aime pas les surprises. Quand son père fantasque vient s’installer chez elle, à la suite de l’incendie de sa maison, son quotidien parfaitement huilé connaît quelques turbulences. Jean dépense sa retraite au téléachat, écoute du hard rock à fond, tapisse les murs de posters d’Indiens, égare ses affaires, cherche son chemin. Juliane veut croire que l’originalité de son père s’est épanouie avec l’âge, mais elle doit se rendre à l’évidence : il déraille. Face aux lendemains qui s’évaporent, elle va apprendre à découvrir l’homme sous le costume de père, ses valeurs, ses failles, et surtout ses rêves. Tant que la partie n’est pas finie, il est encore l’heure de tous les possibles.

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Ma critique

Quand je vois sortir un nouveau roman de Virginie Grimaldi, je n’hésite jamais longtemps : je le glisse rapidement dans ma pile à lire, sans même avoir lu le résumé ! C’est exactement ce qu’il est arrivé avec « Les possibles »… Cependant, il aurait peut-être été préférable que je lise la quatrième de couverture afin de savoir de quoi il en retourne. Car, bien que je m’attende à des sujets sensibles, je ne pensais pas que l’ouvrage traiterait principalement d’un père atteint de démence vasculaire. Si le thème est à la fois bien développé et crédible, j’avoue que j’aspirais à une lecture plus légère sur le moment… Car, croyez-moi, malgré l’humour dont fait preuve l’auteure, vous ne resterez pas de marbre face à ce géniteur dont la raison s’effrite et dont la personnalité s’effiloche. Ce « papa qui tire sa révérence » laisse une boule au ventre aux lecteurs, notamment à ceux qui ont eu (ou ont encore) un proche perdant le sens des réalités ainsi que sa mémoire…

C’est Juliane, une mère de famille, qui va narrer cette histoire. Avec franchise, auto-dérision, justesse et simplicité, elle va décrire sa cohabitation avec ce paternel pas comme les autres dont la maison a brûlé. Ce nouveau quotidien à quatre sera complexe, notamment à cause de cet homme excentrique ! Celui-ci a non seulement des lubies surprenantes, mais il a également tout un mode de vie ainsi qu’une façon d’être qui lui sont propres. Tant pis si cela ne plaît à personne ou si cela dérange ! Jean fonce tête baissée et n’écoute que son cœur. Il est également parfois brut de décoffrage, en particulier avec le voisin de sa fille avec qui il entretient une relation conflictuelle… À ma grande surprise, bien que j’aie aimé la dynamique des protagonistes, je ne me suis pas forcément attachée à eux. Jean est une belle personne, en particulier à travers les chapitres flash-back toutefois, je l’ai souvent trouvé lourd ou agaçant. Il en va de même pour Juliane qui m’a parfois exaspérée, notamment au début. Je ne comprenais pas toujours ses réactions. Je la trouvais également trop ferme avec son père qui avait tout perdu. Il n’y a que vers le milieu du livre où j’ai commencé à avoir de l’empathie pour ce qu’elle traversait.

Du côté de l’entourage, on notera le mari qui était, finalement, trop en retrait. Hormis quelques piques, il n’a pas eu de rôle majeur dans le scénario et n’a pas spécialement soutenu sa compagne… Ce qui m’a étonnée ! Le couple était pourtant décrit comme relativement soudé, aimant et solidaire… Leur fils fut mignon toutefois, j’ai eu l’impression que l’on aurait pu davantage développer ce petit bonhomme ainsi que ses problèmes. Quant à la sœur et la mère de la narratrice, elles ont à peine réussi à éveiller ma curiosité que l’ouvrage était déjà terminé ! Il aurait fallu davantage creuser ces dames… Autre petit bémol : la fin est poétique, mais peu probable à mes yeux. De plus, je m’attendais à une chute étonnante (l’une des marques de fabrique de l’auteure). Même si les dernières lignes étaient dans l’optique de surprendre ou de « boucler la boucle », je les ai trouvées logiques… C’est dommage, car le dénouement me laisse souvent une petite étincelle qui perdure et me donne l’impression d’avoir été comblée par une bonne lecture.

Malgré mes réserves, ne vous y trompez pas : j’ai aimé cette nouvelle publication ! Elle m’a simplement moins parlé que les autres titres. Néanmoins, Virginie Grimaldi est toujours une magicienne qui sait émouvoir et faire rire ses lecteurs ! Certaines situations étaient vraiment cocasses malgré le sujet difficile ! D’autres, au contraire, étaient impressionnantes tant elles étaient crédibles et bouleversantes… Cela sent presque le vécu, en particulier les instants où Jean focalise sur quelque chose, vole malgré lui des choses au supermarché, s’accroche à un rêve, etc. Ce réalisme rend l’histoire d’autant plus poignante… Si vous cherchez un roman contemporain qui aborde les thématiques de la famille, de la maladie, de la vieillesse, de la tolérance et de la résilience, alors « Les possibles » devrait vous charmer ! Son humour, sa tendresse, ses belles valeurs et sa justesse vous promettent un beau moment littéraire…

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Citations

Monsieur Colin ne me dit plus bonjour ; il n’était déjà pas chaleureux, il va finir chez Picard ; j’ai un humour de merde ; ce serait bien qu’il soit pas né.

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C’est le privilège des parents, leurs mots comptent triple. C’est pire encore quand leurs mots disent la vérité.

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Papa. C’est le premier mot que j’aie su prononcer. Un mot tout bête, qui sort sans qu’on y pense, sans demander la permission. Un mot comme un automatisme, comme une respiration. Un mot d’enfant, un mot d’amour.
Un mot comme un membre fantôme, qui fait mal quand il n’est plus là. 

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J’ai envie de me lever et de le prendre dans mes bras. Mais, chez nous, on ne fait pas ce genre de chose. La tendresse c’est comme la culotte, on ne la montre pas en public.

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Ma note

4/5

11 réflexions au sujet de « « Les possibles » de Virginie Grimaldi »

  1. J’ai lu un seul livre d’elle, Il était grand temps de rallumer les étoiles, et j’étais surprise qu’il ne soit pas si feel good que ça mais j’avais beaucoup aimé. Ce livre a l’air encore plus dur émotionnellement, il pourrait bien me plaire.

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