Horreur·Romans policiers / Thriller

« Chiens de sang » de Karine Giebel

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Chiens de sang »
Auteur : Karine Giebel
Genre : Thriller psychologique / Horreur
Éditeur : Pocket

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résumé du livre

Courir, toujours plus vite. Plus loin. Fuir la mort qui plane au-dessus d’eux; oiseau de proie aux ailes gigantesques dont l’ombre les dévore déjà. Diane a choisi la fuite. D’instinct. Elle sait qu’ils sont derrière. Juste derrière. Avance minime, infime. Comme son espérance de vie, désormais. Pourtant, elle marche. Pourtant, elle veut vivre. Rémy avance. Avec le poids de la peur qui comprime son cœur. Le poids de la fatigue, comme un boulet enchaîné à ses jambes. Il devrait être ailleurs, en ce moment même. En compagnie de sa femme et de sa fille. Mais non, il est là, errant dans ces bois inhospitaliers, avec ces inconnus qui fuient comme lui. Il est devenu une proie. Rien qu’une proie. Il n’existe plus. Déjà mort. Alors, pourquoi a-t-il aussi peur? Le monde est ainsi fait, qui ne changera jamais. Les chasseurs d’un côté, les proies de l’autre.

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Ma critique

couv56066872Ces derniers jours, j’enchaîne les titres de Karine Giebel. Bien que ce soit sombre, violent et glauque à souhait, l’autrice parvient toujours à m’embarquer dans un tourbillon d’émotions. Or, cette histoire de double traque humaine contée à travers une narration plurielle n’a pas fait exception ! Que c’était affreux, saisissant et brutal ! Mais également impossible de décrocher… Faisant abstraction de l’horreur, j’avais terriblement envie d’aller au bout de ce livre même si, comme à chaque fois, je me doutais que tous les narrateurs ne s’en sortiraient pas indemnes… Parce qu’avec Karine Giebel, il faut toujours s’attendre au pire ! Si vous ne la connaissez pas encore, faites attention : ne vous attachez jamais à un personnage ! Celui-ci finit souvent par souffrir ou à périr ! Et pourtant… Même en sachant cela, c’est si difficile de ne rien ressentir face à ces destins fauchés par la violence et la malchance

La première sous-intrigue met en scène Diane, une photographe venue dans les Cévennes pour le travail. Hélas, la malheureuse assiste à un drame. D’observatrice malgré elle, elle devient gibier. Ainsi, elle va tout faire pour échapper à un groupe qui va la poursuivre. Tour à tour, on va découvrir chacun de ces individus. Leur personnalité, leurs secrets, leur façon de penser et ce qu’ils pensent de cette terrible chasse à l’Homme. Parallèlement, on va avoir affaire à Rémy, un SDF, qui va se retrouver avec des personnes de tous les horizons. Tous seront également narrateurs. Ensemble, ils vont fuir une association de chasseurs s’adonnant à une activité bien spéciale : le meurtre. Deux situations inédites et pourtant similaires. Deux situations dans lesquelles je n’aurais clairement pas eu envie de me retrouver. Comme toujours, l’autrice a un style incisif, clair, précis, vif et addictif. Elle brosse tout un panel de protagonistes divers et hauts en couleur. De bonnes personnes comme des individus exécrables.

Évidemment, j’ai rapidement ressenti de l’empathie pour les victimes de ces chasseurs avides de sang et de barbarie. Ainsi, j’ai réellement été curieuse de découvrir si, au moins, l’un d’entre eux allait survivre. Les messages étaient également très intéressants. On nous livre quelques réflexions sur l’humanité, les différences sociales, le pouvoir de l’argent, les jeux cruels, la survie, etc. Le tout est servi avec une pincée de haute tension et un soupçon de rythme effréné. Certes, ce n’est pas le meilleur roman d’un point de vue psychologique (il faudra que je vous parle de « Toutes blessent la dernière tue » que j’ai lu juste avant !). Toutefois, il est clairement prenant et terrifiant. Avis aux amateurs !

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Citations

Mais les amis, les vrais, sont des perles rares. Rémy l’a appris à ses dépens. Le dicton le dit bien, il faut être dans la merde pour les reconnaître à coup sûr. Là, aucun doute possible.

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La nuit ondulait dans un languissant strip-tease, effeuillant une à une ses ténèbres, jusqu’à l’ultime nudité lumineuse de l’aube.

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Il ne voyait pas la chose ainsi. Ses fantasmes se désagrègent, ses certitudes aussi. Il n’est plus certain d’avoir envie. C’est le problème avec les fantasmes, d’ailleurs. Il vaut souvent mieux ne pas essayer de les réaliser.

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Soudain, la brise légère leur chuchote un bruit familier. Celui des chiens qui hurlent.
Ils ne sont jamais très loin.
Ils ne sont jamais à l’abri.
Sauf que maintenant, ils sont armés eux aussi.
Un flingue pour trois. Cinq balles pour trois vies.
C’est mince, mais ça les réconforte un peu.
Et puis, il y a l’amitié qui se noue entre eux. Ils ne se connaissent pas, pourtant. Mais les circonstances accélèrent les choses.
Devenir frères d’armes, ça tisse les liens. Lutter contre un ennemi commun, ça gomme les différences.

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Ma note

 

4/5

6 réflexions au sujet de « « Chiens de sang » de Karine Giebel »

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