Littérature jeunesse

« On ne coupe pas les pieds d’une jeune fille » de Taï-Marc Le Thanh

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « On ne coupe pas les pieds d’une jeune fille »
Auteur : Taï-Marc Le Thanh
Genre : Roman ado
Éditeur : L’école des loisirs

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résumé du livre

À quoi ça tient l’existence ? À une bulle d’air. Une note de musique. Aux amis et aux compagnons d’infortune. À l’imagination. Au combat de chaque jour. Ce combat, Nola le mène depuis qu’à la suite d’une opération à l’hôpital ses jambes ne répondent plus correctement. Mais elle n’est pas seule : dans sa tête, il y a un clown, un avion avec un pilote, et un Soldat. Ensemble, à l’assaut de la vie !

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Ma critique

9782211310857Pfiuh ! J’aurais vraiment peiné à aller au bout de cet ouvrage… Non qu’il soit mauvais néanmoins, il touche à des sujets lourds, sensibles et difficiles. En quelques mots, il sera question d’une adolescente atteinte de cancer qui va devoir aller sur le bloc opératoire. Malheureusement, l’opération se passe mal, si bien que la jeune fille réalise qu’elle a perdu l’usage de ses jambes… Peu à peu, ces dernières vont se nécroser et la faire souffrir… Comme l’indique le titre, cela ira jusqu’à l’amputation. À cela s’ajoute l’incapacité de grandir physiquement (l’une des conséquences d’une telle intervention), la perte de proches ainsi que des soucis en tous genres… Honnêtement, je n’étais pas d’humeur à lire quelque chose d’aussi dur… D’ailleurs, j’ai souvent dû interrompre ma lecture ou l’entrecouper de courts romans plus joyeux afin de ne pas déprimer. De ce fait, si vous souhaitez rencontrer Guénola et toute sa bande, sachez vous armer psychologiquement avant !

Il est rare que de telles thématiques soient abordées en littérature jeunesse-ado. Ou alors, c’est souvent mis en sous-thèmes, afin de ne pas rendre la lecture trop pesante… Ici, c’est LE sujet principal ! Je tiens donc à féliciter Taï-Marc Le Thanh d’oser montrer des faits réels qui méritent d’être mises en lumière ! En ce qui me concerne, j’ai ressenti énormément d’admiration pour l’adolescente. Malgré toutes les épreuves, les remarques désobligeantes de certaines personnes et son combat quotidien, elle ne va jamais baisser les bras. C’est une héroïne déterminée, tenace, courageuse, battante, admirable, incroyable et avec du caractère ! Voilà un beau modèle de force de la nature.

Afin de rendre son roman lumineux, l’auteur ne fait pas que proposer une narratrice valeureuse et porteuse d’espoir ! Il va surtout employer l’humour ainsi que l’imaginaire. En effet, Nola trouve refuge dans son imagination : elle s’invente des personnages avec qui elle discute. Le Clown, le soldat, le pilote d’avion, ses orteils et bien d’autres individus factices vont veiller sur elle. L’ensemble est très onirique, mais également déroutant ! Parfois, je n’ai pas forcément distingué la fiction du réel… D’autant plus que, pour s’amuser, la petite malade donne des surnoms à tout le monde. C’est sans doute volontaire de la part de Taï-Marc Le Thanh, car il s’agit de la nouvelle réalité de la jeune fille, cependant, c’était perturbant ! Plus d’une fois, je me suis perdue. En outre, je n’adhère pas forcément au côté loufoque et décalé digne d’Amélie Poulain. À petites doses, ce n’est pas gênant. Tout au long du roman, cela le devient…

J’ignore si les digressions ne m’ont pas trop perdue, si le rythme est très lent ou si mes difficultés à encaisser la dégénérescence de l’héroïne ont joué sur mon impression générale, mais le fait est que j’ai ressenti énormément de longueurs ! Pourtant, il y a de très bonnes idées, notamment la construction du récit avec, en tête de chaque chapitre, la liste des personnages, le lieu et la date, à la manière d’une pièce de théâtre. D’ailleurs, les chapitres sont des « scènes ». Guénola est un personnage. Elle est l’actrice de sa propre vie. Un concept original ! On pourra aussi noter la forte place de l’épistolaire, puisque la demoiselle va correspondre avec ses proches ou des amis, notamment avec ses amies Brindille ou Fantaisie. Des récits dans le récit. Une mise en abîme troublante, mais poétique… Il y a aussi les échanges avec la grand-mère de la jeune fille ainsi que des critiques sociales à peine dissimulées (Ex : certains médecins pompeux qui ne font pas attention à leurs patients, la vision du handicap / de la maladie au quotidien, etc.). Le chant et la musique seront également un fil rouge très intéressant ! De pièce de théâtre, on passe à comédie musicale… Un bel ovni littéraire, en somme ! Mais un ovni touchant qui ne laissera pas ses lecteurs indemnes.

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Citations

Les jambes des filles sont belles, elles sont faites pour être aimées et regardées. Et même si certaines ne fonctionnent pas encore convenablement, chaque jambe mérite d’être exposée aux yeux de tous. Surtout des garçons. Il faut laisser à toutes jambes la possibilité de se révéler.
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Le bruit des vagues finit toujours par s’imposer. c’est comme s’il s’était imprimé dans ma tête […] il balaie tout sur son passage, les vers des poésie, les chiffres des équations.
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C’est comme si mon énergie vitale s’écoulait par mes orteils. Ce sentiment est atroce. Je perds toujours plus de jour en jour. Et j’ai peur d’atteindre à un moment un point de non-retour.

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Ma note

3/5

6 réflexions au sujet de « « On ne coupe pas les pieds d’une jeune fille » de Taï-Marc Le Thanh »

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