Fantastique/Fantasy·Horreur·Romans policiers / Thriller

« Katie Maguire » de Graham Masterton

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Katie Maguire »
Auteur : Graham Masterton
Genre : Roman policier / Horreur / Fantastique
Éditeur : Fleuve Noir

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résumé du livre
Seule femme de la police irlandaise ayant grade de commissaire, Katie Maguire est chargée de l’enquête sur l’assassinat d’une jeune femme dont le corps vient d’être retrouvé dans le champ d’une ferme isolée, même si corps n’est peut-être pas le terme exact : en fait il s’agit juste des os aménagés en une sorte d’autel, toute chair ayant été méthodiquement enlevée. Détail étrange supplémentaire, une poupée de chiffons est attachée au fémur… Le plus troublant est que, juste avant la Première Guerre mondiale, soit près de quatre-vingt-dix ans plus tôt. onze corps avaient été retrouvés dans la même ferme, eux aussi avec des poupées de chiffons accrochées aux fémurs des victimes…

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Ma critique

Un ressenti en demi-teinte pour ce roman policier aux touches de thriller, d’horreur et de fantastique… Le début m’a rapidement accrochée, car j’étais assez intriguée par cette histoire de squelettes retrouvés dans une vieille ferme et dont on avait accroché une petite poupée de tissu au fémur. Grâce à cet objet enfantin, les ossements ont rapidement orienté les enquêteurs sur un rituel vaudou ou celtique. Cela m’a bien plu, car je ne connaissais que très peu ce folklore et j’étais avide d’en savoir plus… couv66096412Hélas, l’imaginaire vient finalement très tard dans l’ouvrage et ne sera pas spécialement abouti, contrairement à d’autres mythes et légendes que l’auteur s’est approprié dans d’autres titres… Le soufflet est donc retombé, non seulement de ce point de vue-là, mais également vers le milieu du livre. En effet, l’histoire se met à stagner et on assiste à plusieurs répétions, notamment du côté du meurtrier. La narration se tournera de temps en temps vers celui-ci ou, du moins, sur ses victimes. Avis aux âmes sensibles : on est sur des scènes horriblement dérangeantes et sanglantes qui vous donneront peu foi en l’âme humain (ou dans la santé mentale de l’auteur qui n’est pas avare en détails !)… Ainsi, il y aura plus d’une quinzaine de passages où le lecteur assiste à de la torture physique avec un bourreau psychopathe qui attache ses proies et, jour après jour, les désosse alors qu’elles sont vivantes et conscientes ! Les descriptions des découpes de la chair sont à vomir… Pour ma part, j’ai dû sauter quelques lignes, car c’était parfois trop glauque à mes yeux ! J’avais vraiment de la peine pour ces femmes dont on découpait le corps jusqu’à l’os…

Même si le rythme est rapide au début de l’ouvrage, l’enquête ne fait pas spécialement dans l’originalité… On a plusieurs meurtres à élucider et appartenant à deux époques : des crimes datant de la Première Guerre mondiale et d’autres ayant lieu dans le présent. Bien évidemment, on se rend vite compte que les cadavres ont un lien : leur apparence et la technique utilisée… Reste à savoir si c’est un assassin très vieux ou si une personne a décidé de prendre le relai, voire d’imiter son mentor… Le mystère est assez longuement maintenu et les petits rebondissements extérieurs à l’enquête comme les problèmes de couple de l’héroïne, permettent de faire durer le suspense. Hélas, certaines choses sont prévisibles, en particulier le dénouement que j’ai anticipé avec aisance. J’ai d’ailleurs trouvé les derniers chapitres assez expéditifs, surtout la confrontation avec le responsable de ce chaos ! C’est dommage, car cela avait vraiment bien commencé !

Ce qui m’a surtout intéressée dans ce polar, c’est le personnage de Katie, une belle quarantenaire qui fait des vagues à cause de son statut. En effet, elle est la première et seule femme commissaire de la police irlandaise. Les autres employées dans la police ont toujours des métiers peu gradés avec des rôles minimes comme gérer les contraventions ou s’occuper des femmes en pleurs ayant perdu leur mari… Or, Katie est une personne déterminée, brillante, observatrice, courageuse, fidèle, travailleuse, sérieuse et investie. Elle a su faire ses preuves grâce à son talent et ses efforts ! Sa place, elle l’a amplement méritée… Graham Masterton a proposé une héroïne intéressante qui contrebalance les vieilles idées sur les Femmes à l’époque où les faits se déroulent… Ainsi, pour la majorité des personnages masculins, tout est de la faute du sexe « faible » : si un bébé est frappé de la mort subite du nourrisson, c’est que la mère s’en est mal occupée, si le mari va voir ailleurs, c’est parce que l’épouse n’est pas attentive aux besoins de son conjoint, etc. Katie a beau se faire draguer par ses collègues, elle reste droite dans ses bottes en refusant ou en bottant en touche… Lorsqu’elle entend des propos sexistes, elle sait se défendre ou se faire entendre, tout en restant focalisée sur son enquête et son mari. Heureusement que ce personnage féministe est bien développé, parce que les autres Femmes n’ont malheureusement pas un bon rôle, à commencer par celui de la proie…

Certes, ce ne sera pas le meilleur ouvrage de Graham Masterton, notamment à cause du côté très gore, du fantastique un peu trop léger et des derniers chapitres trop rapides cependant, « Katie Maguire » fut une lecture plutôt correcte. L’ambiance est aussi morbide qu’oppressante, l’héroïne est bien travaillée, tandis que le début du livre est prenant. Je serais quand même curieuse de savoir s’il existe une suite avec Katie, car c’est un protagoniste que l’on peut continuer de développer, tout en proposant une nouvelle enquête occulte.

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Citations

Un homme qui prépare sa vengeance entretient ses propres blessures.
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Il y a des forces sur cette terre dont la plupart des gens ne soupçonnent même pas l’existence. Il y a toutes sortes de démons et de sorcières qui n’ont qu’une envie : qu’on les évoque.

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– Mais cela n’a pas dû être facile pour vous d’obtenir ce grade de commissaire.
– Non, cela n’a pas été facile. De l’avis de la plupart des gardai, les femmes policiers sont là pour régler la circulation, pour réconforter les veuves affligées et pour aller chercher des sandwiches – et si elles ne sont pas trop laides, pour se faire pincer les fesses à la moindre occasion.

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– Je vous en prie. Je ne veux pas mourir.
– Ne sois pas si pressée. La mort a ses attraits, tu sais. Ce soir, tu vas connaître la plus grande souffrance qu’un être humain soit capable d’endurer. Et d’ici demain soir tu me supplieras de te tuer. Tu me supplieras.

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Ma note

3/5

 

11 réflexions au sujet de « « Katie Maguire » de Graham Masterton »

  1. Le personnage de Katie a l’air vraiment intéressant avec ce côté en avance sur son temps que j’aime beaucoup. Mais je ne pense pas que ce soit suffisant pour me donner envie d’aller au-delà des bémols que tu émets… Par contre, c’est dommage que ma mère ne lise pas parce que vu ce qu’elle regarde, ce roman, elle l’aurait certainement apprécié.

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