Horreur·Romances·Science Fiction

« Se battre pour survivre » (Tandis que le monde meurt T2) de Rhiannon Frater

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : Se battre pour survivre (Tandis que le monde meurt T2)
Auteur : Rhiannon Frater
Genre : Horreur/Science Fiction/Romance
Editeur : Panini France

« Se battre pour survivre » était un ouvrage que j’attendais avec une certaine curiosité… En effet, j’avais assez apprécié le premier tome de la trilogie « Tandis que le monde meurt » grâce aux deux protagonistes Jenni et Katie dont le point de vue féminin apportait une certaine fraicheur. Ce n’était pas une œuvre révolutionnant le monde Z, toutefois la plume de Rhiannon Frater s’était montrée plutôt agréable et prenante, notamment lors des scènes d’action ou de boucherie avec des zombies. Malheureusement, le premier opus comportait quelques faiblesses (un sentiment de déjà-vu, des relations amoureuses parfois lassantes, un côté assez manichéen, etc.). 513od61cb7l-_sx210_Or, ces points négatifs ne se sont pas estompés dans ce second tome, bien au contraire…

Le relationnel et les amourettes ne m’ont jamais dérangée, car je trouvais logique que des couples se forment au cœur de l’apocalypse… Cependant, j’avoue que les relations entre les personnages ont pris une énorme place dans ce roman : la plupart des survivants cherchent à se « caser » avec un partenaire. C’en est presque lourd… Les zombies prennent finalement peu de place dans ce second tome. Ils sont quand même là et ils tuent régulièrement un membre de la communauté, mais cela reste léger par rapport au volume précédent ou aux autres ouvrages avec des zombies. L’auteure s’est vraiment concentrée sur les liens entre chaque survivants (amour, amitié, rancœurs, envie de Pouvoir, …). On suit davantage les couples qui se forment : leurs échanges intimes, leurs conversations, leurs querelles, leurs doutes ou leurs peurs, … Il est vrai que le côté « humain » est très intéressant dans une dystopie, cependant cela a pris trop de place dans l’œuvre et n’a pas forcément été bien traité.

J’ai noté plusieurs longueurs au sein du camp, ce qui m’a considérablement ralentie dans ma lecture. Au fil des chapitres, j’avais l’impression que rien ne changeait vraiment : il y a par exemple Katie qui est toujours hantée par sa femme au point d’encore se refuser à Travis malgré son attirance pour lui… C’était presque agaçant de la voir se morfondre dans une ambiance très pathos. J’ai vraiment été satisfaite lorsque leur relation « je t’aime/moi non plus » a enfin cessé… Il était temps, bon sang ! A côté de Katie et de ses états d’âme, il y a également Jenni dont la folie ne cesse d’empirer. Quand elle ne participe pas à une partie de jambes en l’air, la jeune femme déprime. Elle ressent toujours une immense culpabilité d’avoir survécu : elle songe sans cesse à Lloyd qui lui ordonne de mourir et de le rejoindre dans l’au-delà. A plusieurs reprises, elle revoit les doigts de Benji, son bébé, qui grattent sous la porte (cf. le premier chapitre du tome 1) et pense également à son fils Mikey. Le spectre de Lloyd ne cesse de venir la voir, ce qui fait plonger notre chère « Loca » dans un état de larve geignarde malgré toutes les personnes qui la soutiennent. Bon, je comprends tout à fait que chaque survivant doive faire face à ses fantômes du passé, mais cela revenait sans cesse au fil des chapitres… Aucune des deux demoiselles n’est arrivée à aller de l’avant avant plus de la moitié de l’ouvrage (et encore…), ce qui donnait une désagréable ambiance pathos/larmoyante au récit.

Par ailleurs, j’ai été surprise par le fait que Jenni et Katie ne soient plus vraiment les seules héroïnes/narratrices de cette saga. La narration alternée a ajouté de nombreux personnages comme Travis, Juan, Bill, Nerit, … L’auteure donne la parole à tous les membres importants du camp afin que l’on cerne bien chaque personnage… Cela a du bon comme du mauvais. En effet, on prend plaisir à mieux cerner les différents protagonistes, mais c’est aussi décevant, car c’était le binôme Jenni-Katie qui faisait toute l’originalité de la série. La relation de ces deux dernières n’a pas échangé : à plusieurs reprises, elles prouveront de nouveau au lecteur qu’elles sont amies et qu’elles ne peuvent pas vivre l’une sans l’autre. Néanmoins elles ont également besoin de leur compagnon avec qui elles s’envoient régulièrement en l’air…

Avec tout ce relationnel, l’intrigue n’a donc pas trop avancé… Heureusement, les survivants sont toujours aussi bien organisés : certains apprennent à manier les armes (ex : Katarina que j’ai hâte de mieux découvrir), d’autres font toujours des rondes afin de surveiller le périmètre, quelques survivants sont chargés de cuisiner, un groupe fait toujours des excursions en dehors de l’enceinte, etc. Quelques tensions apparaissent peu à peu : qui est le mieux placé pour diriger les rescapés ? Tout en se posant diverses questions, les vivants se concentrent sur deux missions. La première concerne le camp : suite à une tornade qui a décimé une base de réfugiés, le groupe estime qu’il est temps d’investir et de nettoyer l’hôtel, un lieu plus sûr et plus grand. L’autre quête consiste à rapatrier tous les autres survivants… En espérant tomber sur un médecin ou un mécanicien, deux éléments manquant cruellement à leur communauté !

En dépit des peu de scènes où on les voient, les zombies sont toujours aussi vifs et affamés. Plusieurs têtes tomberont au fil des chapitres (sans vraiment marquer le lecteur), certaines d’une façon plus horrible que d’autres… Il existe plusieurs types de non-morts : des lents et idiots, des sprinteurs, des plus organisés qui peuvent traquer une proie sur une longue distance, … Mais ce qui est le plus surprenant, c’est la rapidité avec laquelle les personnes griffées ou mordues se métamorphosent. J’ai hâte de voir comment tout cela va évoluer dans le troisième tome
Les goules ne sont pas les seuls ennemis du camp : il y a aussi les « méchants maraudeurs ». Cela commence à être un schéma récurrent dans les œuvres Z : on distingue les gentils survivants et les vilains psychopathes… C’est donc, à mon sens, du déjà-vu et j’espère ne pas être déçue par la suite (car je n’aime pas quand les personnages sont totalement blancs ou noirs, c’est vraiment peu réaliste). Ici, il s’agit de la famille Boyd qui, apparemment, est constituée de dealers, de violeurs et de meurtriers qui terrorisent le comté depuis longtemps. Depuis la fin du monde, tous se sont livrés à une vraie débauche de crimes, car ils cherchent à assouvir leurs besoins primaires : la sécurité (armes, munitions, refuge) et le bien-être (nourriture, boissons alcoolisées ou non, drogues et surtout femmes). Leur plaisir physique est assez varié : ils violent des femmes (qu’elles soient zombies ou non), des adolescents et des enfants (garçons comme filles). Ils n’hésitent pas à punir des membres de leur gang en les sodomisant et en les tuant avec violence… Vous l’aurez compris : ce sont ceux qui ont tué le mari de Nerit et qui sont déterminé à semer le mal et le chaos autour d’eux…
D’ailleurs, le personnage de Nerit est vraiment intéressant et j’ai été ravie de découvrir son plan face aux maraudeurs : c’est sans doute le seul personnage à avoir du bon et du mauvais en elle… J’espère que ce ne sera pas la seule… Elle fait ce qui est juste et n’hésite pas à sacrifier une personne pour le bien du groupe. Néanmoins, elle n’est pas la seule à faire sa loi : un étrange justicier semble œuvrer dans l’ombre. Il jette ceux qui ne se conduisent pas bien par dessus le mur et fait tout pour que ceux qui ne le méritent pas meurent déchiquetés par des zombies… J’ai quelques suppositions sur l’identité de ce justicier, toutefois il me faudra attendre le tome suivant pour avoir des réponses.

Je ne préfère pas en dire plus afin de ne pas spoiler ceux qui ont envie de s’attaquer à ce nouveau tome. Globalement, j’ai été autant déçue que ravie de ma lecture. Les scènes de l’hôtel ou de l’attaque des maraudeurs étaient haletantes… (Dommage qu’il n’y ait pas eu plus de scènes de ce genre…) J’ai également apprécié les tensions internes et les actions du justicier dont on se demande qui il est tout au long du roman. Cependant l’intrigue a été gâchée par de nombreuses scènes larmoyantes et récurrentes. A noter que le début de l’ouvrage a un rythme aussi lent que lassant : il faudra attendre les cent pages avant de se remettre dans l’histoire et en apprécier le contenu. Le côté naïf et manichéen est également un frein à la lecture… Malgré cela, il me FAUT des révélations… J’ai hâte de découvrir ce que nous réserve le tome trois en espérant être surprise par divers rebondissements. J’aimerais savoir ce qu’il va advenir de Katie et de sa découverte à la fin du second tome. Je suis également pressée de voir la contre-offensive des maraudeurs en espérant ne pas tomber dans les clichés… Enfin, j’espère que le personnage du justicier ne me décevra pas et qu’il apportera quelque chose à l’intrigue. Ce fut donc une lecture aussi bonne qu’agaçante que je recommanderais surtout aux non-initiés à l’univers Z.

 

Citation :

Dans ce monde, rien n’est jamais certain.
– Amen, acquiesça Jenni en brandissant sa hache. Je suis prête à faire du hachis.

 

Ma note :

♥  3/5

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