Horreur·Science Fiction

« PariZ » de Rodolphe Casso

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « PariZ »
Auteur : Rodolphe Casso
Genre : Horreur / Science-Fiction
Editeur : Éditions Critic

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résumé du livre

Dans un Paris ravagé par l’apocalypse zombie, trois clochards tentent de survivre, tapis dans les souterrains d’une station de métro. La Goutte, vieillard alcoolique au dernier degré, a déjà un pied dans la tombe. La Gâchette, originaire du Mozambique, est un ex-enfant soldat. Quant à La Gobe, jeune teufeur frappé de débilité, il ne doit son salut qu’à Goa, son chien d’attaque et cerveau auxiliaire. Dans les entrailles de la cité, ils rencontreront deux membres de la Restauration Française, en mission suicide pour un colonel putschiste qui a fait main basse sur l’Assemblée nationale. Si cette paire de nazillons s’imagine pouvoir sauver la Ville Lumière, les vagabonds poursuivent un objectif plus modeste : renflouer leur stock d’alcool.

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Ma critique

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu de romans avec des zombies et cela me manquait ! J’avais repéré « PariZ » suite à une Masse Critique sur l’imaginaire et ne souhaitais pas passer à côté de cet ouvrage intriguant… Je l’ai donc acheté et ne le regrette pas, car j’ai passé un très bon week-end en compagnie de l’équipe 4G : La Goutte, La Gâchette, La Gobe et son chien Goa. Ce sont des personnages atypiques auxquels on s’attache qui se révèlent plus fouillés qu’il n’y paraît… Malgré sa patte folle et son penchant pour la bouteille, La Goutte va se révéler intelligent et émouvant. Il m’a particulièrement touchée lorsqu’il a raconté son passé à la fin du roman… Avec La Gâchette, on va aborder les thématiques du racisme et des enfants-soldats en découvrant son enfance particulièrement traumatisante. couv53427578C’est un homme droit, avec des valeurs et une sacrée maîtrise du combat… Sans lui, je doute que le quatuor s’en serait sorti aussi longtemps ! Goa, le chien, a été très utile au groupe. Bien dressé, il a su donner des coups de mâchoires et défendre ses maîtres lorsqu’il le fallait. Bien que la présence d’un animal soit récurrente dans l’univers Z, j’aime lorsqu’il y en a un. La Gobe est le protagoniste que j’ai le moins aimé : il ne sert vraiment à rien, n’est pas très drôle et semble être un bagage que l’on porte à travers tout Paris… Le chapitre dédié à son passé ne m’a pas touchée. J’avais espéré que La Gobe se révèle à un moment ou à un autre, hélas, il n’en est rien. Il faut dire que le groupe de la Restauration Française, La Gâchette, La Goutte et Goa prennent déjà pas mal de place dans le récit et sont bien développés… Mais quand même ! J’avais un petit espoir… Tout comme j’avais aspiré à une présence féminine ! Malheureusement, tous les personnages sont masculins. Il n’y a qu’une poignée de « zombettes » que l’on pourrait considérer comme des femmes. Bien que j’aie passé un bon moment, j’avoue qu’une touche féminine m’a manqué

Bien qu’il ne soit pas novateur en terme de rebondissements, le scénario m’a plu : j’ai trouvé original le fait que l’on découvre la pandémie à travers le groupe de sans-abris. Ces derniers sont en marge de la société, ils n’ont pas les médias et ont l’esprit embrumé par la bouteille. Ils n’ont donc pas fait attention à tout ce qu’il se passait. La Goutte m’avait particulièrement interpellée lorsqu’il a réussi à passer miraculeusement à côté de plusieurs zombies sans se faire attaquer… Je me demandais pour quelles raisons les revenants ne le voyaient pas, surtout la première fois. J’ai rapidement compris la cause, toutefois je n’en dirais pas plus afin de ne spoiler personne. Les 4G vont faire la rencontre de la Restauration Française, un groupe qui a de sacrés projets… Ensemble, ils vont parcourir les rames du métro et vont tenter l’impossible pour éradiquer un maximum de zombies. Les suivre est vraiment plaisant, parfois drôle et sans temps morts. Pour une fois, on se concentre vraiment sur la survie et la petite équipe ne rencontre pas un autre groupe rempli de psychopathes comme c’est le cas avec « Ex Heroes », « The Walking Dead », « Apocalypse Z », « Les Survivants », « Les Marcheurs » ou d’autres sagas. Ça change et ce n’est pas pour me déplaire ! Par ailleurs, on suit régulièrement la marche de la Goule, un mort-vivant qui va se nourrir, attaquer et progresser à travers la capitale. Sa présence est sympathique : il est plaisant de voir ce qu’il se passe du côté des zombies… Autre élément plaisant : tout le travail de Rodolphe Casso sur Paris. En début de chapitres, il y a régulièrement des citations sur la ville, que ce soient des extrais de discours, des citations de livres, des paroles rapportées, etc. De plus, les descriptions de la ville ou des décors sont riches sans pour autant être lourdes.

Voilà un livre Z que je ne suis pas prête d’oublier ! Hormis la conclusion qui est un peu rapide, j’ai adoré les personnages, l’ambiance, l’humour décalé, le style d’écriture et le rythme du récit. Un premier roman réussi ! Si vous aimez le post-apo’ ou nos chères goules dégoulinantes de tripes et de sang, n’hésitez pas à le découvrir.

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Citations

– Nous sommes les membres de la Restauration Française.
– Hein ?
– C’est le nom de notre organisation.
La Goutte se mit à ricaner.
– Restauration… Française ? reprit-il entre deux gloussements.
– C’est bien ça, répondit le lieutenant en fronçant les sourcils.
– On dirait le nom d’un self-service ! Hé, Gâchette ! L’espace d’un instant, j’ai cru que ces mecs bossaient chez Flunch ! […] Pour moi, ce sera le carpaccio à volonté ! Ah ! Ah ! Ah ! Et toi ?
La Gâchette prit un air emprunté avant de répondre :
– Et pour moi ce sera le jambon à l’os !
Ils se bidonnèrent ensemble, bientôt rejoints par la Gobe qui les imitait d’un rire absent et mécanique, lui qui n’avait absolument rien compris à la conversation.
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Le métro est un endroit éminemment sartrien où, « à huis clos », chaque voyageur devient la proie de tous les autres.
(François Mauriac – Journal, V.)

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– Tu touches pas au Ricard. Toi, t’en as pas besoin. T’as déjà la colle.
– Et pourquoi t’en aurais plus besoin que moi, hein ?
La Gâchette aspira bruyamment une lampée de café avant de répondre :
– Parce que nous, on est alcoolos.
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Ma note

♥  4/5

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9 réflexions au sujet de « « PariZ » de Rodolphe Casso »

  1. Je lui ai parlé au salon du livre! L’auteur est très très sympa. J’attendais Manon Fargetton et il m’a demandé ce qu’il me fallait^^ Du coup, on a papoté avec A. Genefort!
    Je ne lirais pas son livre, mais je suis contente de voir que tu l’as apprécié 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis toujours peu encline à lire des livres de zombies, mais ta chronique donne le sentiment qu’ici ce n’est pas qu’une histoire d’hémoglobine. Je ne sais pas trop si je le lirai un jour, mais le roman a l’air intéressant.

    Aimé par 1 personne

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