Romans

« Le monde selon Britt-Marie » de Fredrik Backman

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Le monde selon Britt-Marie »
Auteur : Fredrik Backman
Genre : Roman contemporain / Feel good
Éditeur : Mazarine (Fayard)

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résumé du livre

Britt-Marie, 63 ans, n’est absolument pas passive-agressive. C’est juste que la crasse, les griffures et les tiroirs à couverts rangés n’importe comment la font hurler intérieurement. Elle sort tout juste d’un mariage et d’une vie de femme au foyer qui ont duré quarante ans, et le seul travail qu’elle ait pu dégoter la conduit à Borg, un village frappé par la crise qui s’étire le long d’une route où tout est fermé, en dehors d’une pizzeria qui empeste la bière. Britt-Marie déteste le football, or il ne reste rien d’autre à Borg. Voilà qui ne présage pas grand-chose de bon. Mais quand les enfants de l’équipe du village ont si désespérément besoin d’un coach qu’ils sont prêts à confier le boulot à n’importe qui, que Britt-Marie ne soit ni compétente, ni volontaire n’empêche personne de la recruter! Et quand, sur ces entrefaites, Britt-Marie accepte l’invitation à dîner d’un policier et se fracture la main dans un solarium, elle ne peut plus faire machine arrière.

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Ma critique

On a tous une Britt-Marie dans son entourage… Mais si, cherchez bien : une personne aigrie, cassante, maniaque, tenace, agaçante, un peu asociale et avec un franc-parler dévastateur… De premier abord, ce n’est pas quelqu’un que l’on qualifierait d’attachant… C’est pourtant ce genre de caractère que Fredrik Backman a attribué à son personnage principal. couv27693296Comme dans « Vieux, râleur et suicidaire : La vie selon Ove », l’auteur commence fort, puisque l’on découvre Britt-Marie en train de créer un dossier dans une agence d’intérim. Avec elle, tout est prétexte à être critiqué : café servi dans un gobelet en plastique, bureau envahi par la paperasse, coupe de cheveux discutable, etc. On se demande vraiment comment le personnel est capable de garder son calme et ne va pas étriper cette bonne femme adepte des listes et du bicarbonate ! C’est qu’elle est têtue, la bougresse ! Pourtant, à force d’acharnement, cette femme au foyer va dégotter un travail temporaire à la MJC de Borg, une commune de banlieue tellement paumée et en déficit que tout va fermer. Avec un sourire non dissimulé, j’ai découvert cet endroit où la poste fait office de pizzeria et de supermarché. Là-bas, les notions d’achat, de prêt et de service ont une saveur particulière… Sans parler des villageois bourrus et au langage digne de la campagne bien profonde… Oh, que j’ai aimé tout ce petit monde ! Que ce soit Sven le policier qui prend des cours de tout et de rien, Bank la logeuse malvoyante au sacré tempérament, Quelqu’un qui n’aura pas la chance d’avoir un prénom dans cette histoire, les gamins qui jouent au foot comme Le Pirate ou Vega, … Tous ces personnages gravitant autour de l’héroïne ont su m’émouvoir ou me faire sourire. Chacun cache un secret, des envies, des espoirs et une belle personnalité.

Plus qu’un travail, Britt-Marie va découvrir des gens qui l’acceptent et l’apprécient telle qu’elle est. Elle va surtout trouver un objectif, un accomplissement personnel et un sentiment de renouveau. Pour elle, qui n’est jamais sortie et qui a toujours vécu avec son mari infidèle, ce fut une incroyable expérience… Et pour nous aussi, lecteurs, qui n’avons pas pu nous empêcher de nous attacher à cette anti-héroïne peu commune ! Je me suis laissé amadouer et porter par son quotidien atypique… Ses petits rituels, je les aimais… Notamment celui consistant à nourrir le rat de la MJC avec une barre énergisante ! Ce petit rat avait intérêt à venir dîner à dix-huit heures et à essuyer ses pattes sur la serpillière, sinon, il se faisait réprimander, le pauvre ! Les scènes avec le rongeur m’ont beaucoup plu. C’est tout à fait le genre d’humour décalé que j’aime savourer. L’ambiance de cet ouvrage est vraiment fraîche ! C’est un plaisir de tourner les pages ! Très vite, les petites manies de Britt-Marie et ses réactions qui m’agaçaient ont fini par m’amuser. Finalement, elle est vraiment touchante… On aime la voir s’épanouir, douter, s’ouvrir aux autres et avancer. D’ailleurs, au fil de l’aventure, on en vient à lui souhaiter le meilleur.

On pourrait reprocher le fait que l’intrigue est majoritairement cousue de fil blanc… Hormis la fin que je n’ai pas vu venir, le reste de l’histoire était attendue et déjà vue, surtout si on a lu « Vieux, râleur et suicidaire ». En effet, on retrouve l’idée de vieux râleur solitaire dont le quotidien va changer grâce à la rencontre d’un groupe de personnes, notamment des enfants. Ce sont surtout eux, ces jeunes qui disent ce qu’ils pensent et qui expriment à merveille leur affection, que le personnage principal va évoluer. De plus, l’ouvrage appartenant au genre feel-good, on s’attend à ce que la conclusion soit plutôt bonne… Je n’ai donc pas eu peur pour l’héroïne dont le destin était quasiment tout tracé. Cela dit, même si je me doutais de la trame scénaristique, j’ai quand même savouré ma lecture ! Pourtant, j’avais peur que le football prenne trop de place dans le récit… N’aimant pas spécialement ce sport, je craignais que l’on tourne trop autour de ce sujet. Heureusement, Fredrik Backman a bien su doser la chose et a mis en avant de belles valeurs. Ainsi, c’était un roman parfait pour ma fin de semaine ! Merci encore à Babelio et aux éditions Mazarine pour cette masse critique. En lisant les derniers chapitres, je me suis vraiment dit que c’est le genre de livre sympathique, qui donne le sourire et qui détend.

On a tous une Britt-Marie dans son entourage… Mais je suis certaine que, derrière sa carapace, notre Britt-Marie est une personne avec des valeurs et de belles qualités. Il suffit juste d’apprendre un peu à la connaître ou qu’elle trouve enfin chaussure à son pied… Avec ou sans crampons de football !

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babelio_mbamci.

logo-mazarine.

Citations

On aime le football parce que c’est instinctif. Quand un ballon roule vers nous dans la rue, on tape dedans. On l’aime pour la même raison qu’on tombe amoureux. Parce qu’on ne peut pas s’en empêcher.

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Il y a du monde à la supérette. Ou à la pizzeria. Ou au bureau de poste. Ou au garage. Ou Dieu sait quel nom ça porte. Dans tous les cas, il faut faire la queue. En plein milieu de l’après-midi. Comme si les gens n’avaient rien de mieux à faire à ces heures-là.
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– Sais-tu pourquoi j’ai choisi ce travail, Britt-Marie ? demanda de nouveau la fille.
– Non.
– Ma mère a été toute sa vie assistante sociale. Elle disait toujours qu’au milieu de toute la merde, de toutes les horreurs, il y a une histoire comme un rayon de soleil. Et que ça donne du sens à tout le reste.
La fille se tait très, très longtemps. Puis son sourire s’entend à l’autre bout du fil.
– Ton histoire est mon rayon de soleil, Britt-Marie.

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Ma note

♥ 4/5

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5 réflexions au sujet de « « Le monde selon Britt-Marie » de Fredrik Backman »

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