Littérature jeunesse

« Mon petit cœur imbécile » de Xavier-Laurent Petit

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Mon petit cœur imbécile »
Auteur : Xavier-Laurent Petit
Genre : Littérature jeunesse / Roman contemporain
Éditeur : L’école des loisirs

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résumé du livre

Toudoum… Toudoum… Chaque matin, Sisanda commence par compter les battements de son cœur et le nombre de jours qu’elle a vécus depuis sa naissance. Puis, elle regarde sa mère se glisser hors de la case pour aller courir dans les collines : Maswala, sa Mamantilope, cavale pour le plaisir pendant des heures, pieds nus, là où même les bergers ne vont pas avec leurs troupeaux. Sisanda, elle, ne peut pas courir. Ni sauter, ni jouer avec les autres, ni rien, à cause de son petit cœur imbécile et de sa maladie idiote. Le médecin lui a dit qu’elle avait beaucoup de chance d’être encore en vie. Vraiment beaucoup. Ici, il ne peut rien faire, il faudrait opérer Sisanda dans un hôpital spécialisé à l’étranger. Et ça coûte cher… Un million de kels ! Elle a compté qu’il faudrait à ses parents trente-huit ans, trois mois et vingt jours pour réunir autant d’argent. Mais tous ces calculs sont faussés lorsqu’elle découvre que Maswala pourrait gagner la même somme en courant aussi vite qu’une antilope…

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Ma critique

« Toudoum…Toudoum… » Le petit cœur de Sisanda bat difficilement depuis sa naissance. D’après les médecins, il peut décider de s’arrêter à tout moment. Malgré cette malformation cardiaque, la peur de la mort ne hante pas la fillette qui, grâce à une narration à la première personne, confie son quotidien, ses peines, ses doutes et ses espoirs. Beaucoup d’émotions se dégagent du récit aux allures de journal intime qui, malgré la thématique de la maladie, ne vire pas au pathos. La petite héroïne de neuf ans fait preuve de caractère et ne baisse pas les bras. couv49804376Dans un rythme doux et lent, elle va présenter la manière dont elle vit : sa famille qui vit dans la même maison, quelques traditions africaines et la pauvreté qui règne chez elle. Une fois de plus, on n’est pas dans le jugement de valeur ou dans le larmoyant ! L’enfant présente les choses telles qu’elles sont, ce qui permet aux jeunes lecteurs de découvrir un monde qui n’est pas forcément le leur. Un monde bien différent où, parfois, certaines personnes n’ont pas assez d’argent pour soigner des maladies…

Elle m’a fait de la peine, la petite Sisanda ! À cause de son état, elle est incapable de mener une vie normale. Elle passe ses journées allongée chez elle, ne peut pas courir, ni sortir, ni jouer avec des amis. D’ailleurs, des copains de son âge, elle n’en a pas. Elle est complètement isolée des autres. Il n’y a qu’une chose qui lui donne envie de se lever : l’école. Ainsi, lorsqu’elle a un peu de forces, elle demande à sa mère ou à l’un de ses proches de la porter jusqu’en classe où elle étudie avec le plus grand des plaisirs. C’est une demoiselle très intelligente, assez vive d’esprit et surdouée avec les chiffres. Les cours sont son échappatoire, le seul lieu où elle peut apprendre et travailler les mathématiques. À l’inverse, Maswala, sa mère, ne semble pas très instruite : lorsqu’il faut lire quelque chose, elle demande à sa fille… Mais Maswala a énormément d’autres qualités… Tout d’abord, elle est très rapide et n’hésite pas à repousser ses limites en allant courir tous les jours. Sa vitesse lui vaut le surnom d’« l’antilope » de la part des villageois et de ses proches. Alors, quand notre belle « Antilope » voit qu’un marathon va avoir lieu dans la grande ville de Kamjuni, elle décide de tout sacrifier pour y participer. En effet, en lisant les conditions du concours, elle apprend qu’une somme colossale l’attend si elle obtient la première place. Une somme qui lui permettrait de payer l’opération de sa fille. Une somme qui sauverait sa petite une bonne fois pour toute. Maswala a vraiment le cœur sur la main. C’est une mère douce, entêtée, persévérante et dévouée à sa famille.

« Mon petit cœur imbécile » prône de très belles valeurs comme le dépassement de soi, l’amour maternel et les efforts au quotidien avec la mère de la narratrice. On distingue également les thématiques de la solidarité, de l’entraide, de l’humanité et de la compassion. C’est réellement une belle histoire pleine d’optimisme… Certes, j’ai lu dans certaines critiques que ce récit sonne un peu utopique, mais je trouve important le fait d’inculquer l’espoir et la persévérance aux jeunes lecteurs. De plus, la fin ne cède pas à la facilité puisqu’un rebondissement de dernière minute bouleverse tout. Certains miracles liés à l’entraide existent. Il suffit de prendre l’exemple du don du sang ou le don d’organes… Donc pourquoi pas ?! J’ai donc adhéré au petit roman de Xavier-Laurent Petit qui a une plume légère et toute en simplicité. Si la majorité de son histoire est très calme, elle comporte néanmoins plusieurs rebondissements ainsi qu’un dernier tiers très haletant ! En effet, j’ai vraiment apprécié les derniers chapitres où l’on suit la course de Maswala et où, en parallèle, on voit la petite Sisanda qui fait une crise de plus en plus importante. On s’inquiète pour la fille et on stresse pour sa maman. Sisanda va-t-elle mourir alors que sa mère se démène pour elle ? Maswala parviendra-t-elle première ? Toudoum…Toudoum… Jusqu’au bout, mon petit cœur a battu à l’unisson avec celui de la narratrice… Toudoum…Toudoum… Toud… Retenez votre souffle et plongez dans ce joli petit livre jeunesse porteur de doux messages et de belles valeurs.

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CitationsOui, parfaitement ! Mon petit cœur imbécile !
Le jour où tu cessera de faire n’importe quoi, je ne t’appellerai plus que « mon petit cœur adoré », c’est promis. Mais pas avant.

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Mlle Habari ne se lasse jamais de la table de sept, mais elle fait semblant de ne rien remarquer lorsque, chaque jour, j’arrête tout pour guetter Maswala par la fenêtre de l’école.
Elle court plus que jamais… Chaque jour, elle s’entraîne en suivant le même itinéraire, et je suis capable de prévoir presque exactement le moment où elle va surgir du sommet de la colline. Toujours à la même heure avant que la chaleur ne devienne trop forte.

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Tout le village est rassemblé devant le téléviseur de Kathelo, les yeux scotchés à l’écran. C’est la première fois qu’il y a une télé ici, la première fois qu’on voit autant d’images.
De loin, j’aperçois grand-mère Thabang. Elle s’est installée à l’écart et fume sa pipe en marmonnant que dans la vie les gens ne sont pas tout plats comme sur l’appareil de Kathelo.

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Ma note

♥ 4/5

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