Horreur·Science Fiction

« Manhattan Carnage » d’Orcus Morrigan/Maxime Gillio

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : Manhattan Carnage
Auteur : Orcus Morrigan/Maxime Gillio
Genre : Horreur/Science Fiction
Editeur : L’Atelier Mosésu

J’ai rencontré Maxime Gillio lors du salon du polar « Seille de Crime » à Arraye-et-Han en 2015. C’était un auteur avec beaucoup d’humour qui, au détour de la conversation, m’a présenté « Manhattan Carnage », un roman qu’il a traduit d’Orcus Morrigan. (A moins qu’il ne s’agisse d’un pseudonyme ? Ce qui est bien possible étant donné le caractère déjanté de l’auteur.) Du zombie dans un salon du polar ? 51yusucxapl-_sx210_Pourquoi pas… Il a fallu quelques minutes à Maxime Gillio pour me convaincre d’acheter cette étrange lecture qui sortait vraiment des sentiers battus : il me promettait du sang à outrance, du trash, du sexe, de l’action et du politiquement incorrect. D’accord, essayons… It’s slaughter time !

Un carnage… C’est bien le mot qui peut résumer ce livre. Celui-ci a pour narrateur non pas un survivant, mais un zombie (ce qui était original avant l’énorme vague de romans Z de ces dernières années) du nom d’Orcus Morrigan (comme l’auteur dont on ne sait finalement pas grand chose même en surfant sur la toile). Mort le 11 septembre dans l’une des tours du World Trade Center, il a été ressuscité par le Diable, surnommé Wilson, qui a un sinistre marché à lui proposer… Le lecteur plonge alors dans un monde nouveau où tout ce que l’on sait sur les zombies est brisé par l’auteur. Par exemple, il est inutile de viser la tête d’un non-mort car celui-ci ne sentira rien. Même décapité, un revenant continuera de tuer. Un zombie peut être de deux types différents : il est soit un golgoth, soit un lieutenant. Orcus fait partie de la deuxième catégorie. Ainsi, il sait parler, réfléchir et établir une stratégie. Il est redoutable… Ce qui lui sera très utile dans sa mission…

Orcus est un protagoniste atypique auquel il faut s’habituer pour apprécier le roman. Je dois avouer avoir eu du mal à rentrer dans le délire de l’auteur et à tolérer cet anti héros qui n’a pas de respect pour les autres, qui juge et insulte facilement tous ceux qui croisent sa route. Si encore il n’y avait que son langage cru ou vulgaire, cela irait, mais ce n’est pas tout ! C’est un être sanguinaire dénué de compassion, un violent psychopathe qui a mauvais fond et qui fait passer sa petite personne ou ses pulsions avant le reste. Je n’ai donc pas été surprise par son passé mêlant Wendy et Danny, ni par la façon dont il réfléchit… Finalement, il faut prendre du recul et voir ce récit (et son protagoniste) comme une parodie mêlant cynisme, humour noir, action, sexe et violence. Alors, entre deux jugulaires qui giclent dans tous les sens, vous en apprécierez le contenu.

Certains éléments m’ont fait sourire, notamment l’idée de croiser François Villon (qui est très habile avec une faux), Léonard de Vinci (le « rafistoleur de zombie »), Georges W. Bush, Jeffrey Dahmer, etc. Et bien d’autres encore (mention spéciale pour les sbires-zombies à l’apparence particulière lors de l’assaut pour tuer Bush). L’auteur a beaucoup d’humour, il faut juste le comprendre et y adhérer. En effet, les clichés ou les clins d’œil à la réalité ne manquent pas, de même que les explications sur la mort de certaines personnes célèbres ou ce qu’il s’est réellement lors des Attentats du 11 septembre…

Derrière ce récit original, cynique et gore à souhait se dissimulent également quelques critiques politiques et sociales, ce qui peut sans doute refroidir quelques lecteurs. Amateurs de bienséance, passez votre chemin, car vous ne tiendrez pas deux chapitres ! Le style littéraire de l’auteur est trash, grossier, incorrect et rempli de violence ou de sang. Les descriptions ou les scènes gores ponctuent chaque chapitre et entraînent le lecteur dans un univers sombre, macabre et cruel (exemple : ce que fait Orcus au bébé du chapitre 7). Le sexe est également très présent. Si vous aimez les beaux sentiments ou les actes respectueux et pleins d’amour, ce livre n’est absolument pas fait pour vous. La Femme est « bonne » et uniquement faite pour écarter les cuisses. Qu’elle soit effectivement jolie ou vieille et fripée, qu’importe ! Notre colosse zombie s’en contente. Il aime le sexe sale et violent. Des toilettes ? Derrière une poubelle ? Ce n’est pas grave, ce n’est qu’un coup de rein qui ne durera pas longtemps. C’est l’une des raisons qui m’ont fait détester Orcus au début du roman. La Femme a vraiment la place d’une chienne et n’est décrite que par ses attributs (fesses, seins). Même Félicia que je pensais aussi « badass » et intéressante qu’Orcus n’est finalement qu’une « bonnasse inutile ». Ce qui lui arrive est aussi répugnant et sanglant que le reste de l’œuvre…

Vous l’aurez compris : pas de pitié dans « Manhattan Carnage » ! On est aux côtés d’un vrai « méchant » psychopathe zombie dénué de compassion qui va vivre un périple aussi déjanté que morbide. Si j’ai passé un moment assez correct (avec parfois des sourires, de la colère ou des haut-le-cœur), je ne suis pas sûre de me pencher sur le tome deux dont on peut découvrir l’extrait à la fin du premier opus. Cela reste une découverte surprenante que je conseillerai à des amis adeptes du gore ou de l’hémoglobine.

 

Citations :

Il va falloir vous faire à l’idée que tout ce que vous croyiez savoir sur les zombies n’est la plupart du temps qu’un tissu de conneries alimenté par une sous-littérature et un cinéma de série Z recyclant les mêmes idées et les mêmes clichés.

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Elle lance ses mains dans son dos, saisit ses katanas, effectue quelques moulinets, plonge en avant, atterrit devant Logan et effectue une magnifique Wilkinson : la première lame soulève le poil, la deuxième le coupe à la racine.
En l’occurrence, le poil, c’est la tête de Logan.
Ce dernier cesse d’avancer puis, dans un ralenti presque comique, sa tête glisse sur le côté et finit par tomber, tranchée net.

 

Ma note :

♥  3/5

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