Horreur

« Blanche Neige » (Les contes interdits) de Louis-Pier Sicard

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Blanche Neige » (Les contes interdits)
Auteur : Louis-Pier Sicard
Genre : Horreur
Éditeur : Ada
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résumé du livre

Une femme coupable d’un crime dont elle n’a plus souvenir. Une évasion vers une forêt où la noirceur ne vient jamais seule. La découverte d’un manoir abandonné aux secrets bien cachés. Des bougies qui s’éteignent, des ombres qui se lèvent, des objets qui se déplacent d’eux-mêmes. Et des coups qui résonnent contre la porte, avant d’être défoncée…

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Ma critique

Voici un avis qui fut véritablement pénible à rédiger… Dans un sens, ce livre aura réussi à me perturber à sa manière… Comme pour « Les 3 p’tits cochons », cet ouvrage détourne un conte traditionnel pour le revisiter dans le genre horreur. Chaque titre de la saga étant écrit par un auteur différent, cela permet au lecteur de découvrir plusieurs plumes. D’ailleurs, contrairement à Christian Boivin, Louis-Pier Sicard n’emploie pas de mots québécois, ce qui m’a facilité la lecture… Enfin… C’est une façon de parler : disons que je ne buttais pas sur certains mots de vocabulaire. En revanche, ce roman a clairement été très difficile à lire ! Comme dans « Le gang des rêves », on doit faire face à plusieurs scènes de viol détaillées, révoltantes et affreuses. C’est tout bonnement intenable ! La pauvre jeune femme qui, comme moi, s’appelle Emilie, va passer sous les coups de butoir de plusieurs hommes ayant décidé d’abuser d’elle… Des délires sexuels bizarres, des tournantes, des fellations forcées, du SM pendant l’acte, … couv67698144Je me suis sérieusement demandée dans quoi j’étais tombée ! Quand je vois la majorité des lecteurs ayant adoré cette lecture, je reste vraiment songeuse. Ce n’est pas ce que j’aime ou recherche dans le genre horreur… Vraiment pas… ! À mes yeux, il y a d’autres éléments à exploiter que des viols ultra-détaillés. Bien sûr, j’étais avertie par le fait que c’était trash puisque la couverture était étiquetée « réservé à un public averti » néanmoins, je ne m’attendais pas à cela !

Si l’on enlève les abus sexuels du reste du roman, il ne reste pas beaucoup d’action ou d’éléments. En revanche, il y a une ambiance qui domine… Une atmosphère étrange, sinistre et inquiétante. C’est elle qui a fait que je n’ai pas abandonné ma lecture. En effet, un jour, Emilie parvient à s’échapper de l’asile où elle est détenue prisonnière, violée et droguée. Dans sa fuite, elle parcourt une forêt menaçante où le danger n’est jamais loin. Bien que l’on puisse anticiper la fin, on se demande réellement ce qu’il se passe. Qu’a fait la jeune femme pour avoir atterri dans cet asile ? Pourquoi subit-elle ces sévices ? Où Emilie va-t-elle dans sa fuite ? Qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui est le fruit de sa démence ? Qui sont ces sept hommes loin d’être aussi sympathiques que les nains du conte originel ou de celui de l’adaptation Disney ? Quel est cet étrange manoir où des gens meurent et où le temps recule ? Aux côtés de la narratrice employant la première personne, on nage en eaux troubles. La tête pleine de questions, on cherche à démêler le vrai du faux et à comprendre. Hélas, cela ne correspond qu’à un tiers du roman, puisque l’idée du viol finit toujours par revenir en force. Le reste est occupé par des descriptions aussi crues que malsaines, des pénétrations indésirables ou au désir des hommes pour cette somptueuse jeune femme à la peau pâle comme la mort et aux cheveux comme l’ébène… Cette héroïne si belle que l’on ne peut que désirer la posséder… (Bon sang ! À croire que c’est un argument légitime…)

Je n’ai pas pour habitude de critiquer gratuitement un ouvrage. Même si cela ne me plaît pas, j’essaye d’argumenter mon point de vue et surtout de comprendre les avis sur la toile. Sinon, j’essaye d’échanger avec les personnes ayant également lu ce titre. Malheureusement, même en découvrant les arguments des lecteurs conquis, je ne comprends pas ce que l’on peut trouver à cette adaptation. Ce qu’il se passe dans ces pages arrive encore de nos jours… D’ailleurs, quand on y réfléchit, certains contes classiques parlent déjà de viol ! Si l’on regarde le récit original de La Belle au Bois dormant, celle-ci se réveille en ayant été engrossée par le prince… Hélas, les personnes abusant de femmes ou plus largement d’autrui sont nombreuses… Je n’ai pas besoin d’un roman pour m’en rendre compte. Je ne désire pas que la fiction m’impose ce genre d’horreurs dans le crâne. Je n’en ai pas envie. Tout simplement.

Si vous aimez découvrir de quoi est capable l’être humain dans une ambiance pleine de mystère et de folie, je suppose que cela peut vous plaire… Connaissant une lectrice adepte des ouvrages noirs qui ne dissimulent rien au lecteur, je compte lui prêter/(céder ?) cette sombre adaptation afin de pouvoir échanger avec elle. Je sais d’avance que cela lui plaira, mais j’espère surtout qu’elle pourra éclairer ma lanterne afin de savoir si je suis passée à côté de quelque chose ou si c’est juste une question de goût… Vous l’aurez compris : en attendant, je ne vous recommande pas cette lecture sauf si le trash, la vulgarité, le langage cru et les scènes de sexe non consenties et à outrance ne vous dérangent pas.

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Citations

C’était un jeu. Rien de plus qu’un jeu, depuis le début. Et je n’étais pas celle qui en déterminait les règles. Je les subissais.
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J’aurais voulu mémoriser chacun de ces gestes, chaque atome de cet individu ordurier, pour mieux dessiner ma vengeance latente, mais quelque chose en moi savait que je ne garderais nul souvenir de ces instants immondes.
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J’aurais voulu me doucher, me laver la bouche à l’alcool, me vider de mon sang souillé, me couper ces cheveux qu’il avait empoignés sauvagement, et fuir le plus loin possible.

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Ma note

♥ 1/5

21 réflexions au sujet de « « Blanche Neige » (Les contes interdits) de Louis-Pier Sicard »

    1. Beaucoup ont aimé… Mais moi, une œuvre tournant à 60% autour du viol, ce n’est juste pas possible… L’idée de démence est pas mal, mais ce n’est pas suffisant.
      Je te conseille effectivement de te tourner vers un autre conte interdit.

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    1. Après, c’est un sujet qui me rebute. Je me doutais qu’on allait y avoir droit, mais pas de façon aussi détaillée…
      Oui, l’idée de revisiter des contes comme ça est intéressant. Tu comptes t’orienter vers celui-ci ou un autre conte interdit ?

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      1. D’accord.^^ Je crois que les deux que tu cites viennent de sortir. Des deux, je serais plutôt tentée par Le joueur de flûte d’Hamelin, car j’ai lu sur un blog que Peter Pan mettant en scène le viol d’un enfant…

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      2. Oui… Pour ma part, je pense arrêter ma lecture de la saga des Contes interdits (sauf s’il y en a un qui n’aborde pas cette thématique, mais je verrai dans les avis sur la blogo) pour plutôt me pencher sur « Cobayes », une série d’horreur également écrite par des auteurs québécois.^^ L’horreur a l’air plus variée…

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    1. Figure-toi que c’est l’une des raisons pour lesquelles je ne me lance pas dans la saga Outlander. x) A chaque fois, on m’en parle de ces scènes. Même si l’époque et les lieux ont l’air bien, le sujet du viol revient toujours sur le tapis apparemment… Pas tentée du tout, du coup !
      Tu as tout à fait raison : il y a des limites…

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