Romans

« Ma reine » de Jean-Baptiste Andrea

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Ma reine »
Auteur : Jean-Baptiste Andrea
Genre : Roman contemporain
Éditeur : L’Iconoclaste

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résumé du livre

Shell n’est pas un enfant comme les autres. Il vit seul avec ses parents dans une station-service. Après avoir manqué mettre le feu à la garrigue, ses parents décident de le placer dans un institut. Mais Shell préfère partir faire la guerre, pour leur prouver qu’il n’est plus un enfant. Il monte le chemin en Z derrière la station. Arrivé sur le plateau derrière chez lui, la guerre n’est pas là. Seuls se déploient le silence et les odeurs de maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai.

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Ma critique

couv68054642Un petit huis clos poétique hors du temps se déroulant en Provence… C’est ce qui vous attend avec ce premier roman. L’auteur a vraiment une plume douce, onirique, simple et épurée. Il nous embarque aux côtés de Shell, un adolescent qui doit son nom au manteau sponsorisé qu’il porte toujours sur le dos. Shell est un enfant différent qui a sa façon de voir les choses et de les comprendre. C’est donc en toute simplicité qu’il va narrer son quotidien, puis sa fugue dans la forêt, alors qu’il était décidé à faire « la guerre » pour montrer comme il est grand. Avec tendresse et naïveté, Shell va nous emporter dans son univers… Si bien que pendant un temps, on se demande si tout ça n’est pas un songe ou une vie que le garçon s’est inventé de toutes pièces… Durant son séjour où milieu de la nature, Shell va faire la rencontre de Viviane, une fillette au tempérament fort et déterminé. Ensemble, ils vont se retrouver tous les jours pour jouer, rêver, observer et s’amuser. Ils vont tout faire pour que leur relation reste cachée et que personne ne retrouve Shell… Hélas, tous les jeux ne sont pas éternels, le temps passe et la vie finit toujours par se heurter à quelques désillusions… J’ai plutôt bien aimé cette ambiance ingénue et pleine de jeunesse. C’est une histoire simple, cependant on se demande où va aller l’auteur et si cette fameuse Viviane existe vraiment…

Les thématiques abordées, notamment celles de la différence, du handicap et de la tolérance, sont plutôt intéressantes. Même si les pensées de Shell sont enfantines, on constate qu’il est loin d’être un « âne » ou « l’attardé du village » comme le dit si bien son entourage… Il est observateur, assez lucide et apprend vite. Certes, il s’attache trop vite et se nourrit d’espoirs que l’on sait illusoires néanmoins, cet adolescent est tellement attachant… J’ai également beaucoup apprécié sa relation avec le vieux Matti, un berger solitaire qui parle peu, mais qui va le prendre sous son aile sans hésiter… Les passages le mettant en scène sont ceux qui m’ont le plus touché ou m’ont faire sourire (notamment lorsqu’il lui demande s’il sait reconnaître la tête et le postérieur d’un mouton). Matti n’a pas besoin d’échanger sans arrêt ou de répondre à toutes les questions qu’on lui pose. Il sait très bien se faire comprendre par son attitude, ses expressions faciales ou quelques bruits. Il ne parle que lorsque c’est nécessaire et va rapidement protéger cet enfant. Un moment plein de douceur et de subtilité. En revanche, j’ai trouvé la fin très sombre… J’ai hâte d’en parler avec les membres du club des lecteurs, notamment avec celle qui m’a recommandé cet ouvrage. Je me souviens qu’elle avait vu un côté mystique et fantastique tout au long du roman mais, pour ma part, j’ai été assez terre-à-terre… On a là une lecture plaisante aussi poétique que cruelle et tragique… J’ignore si je garderais longtemps ce récit dans mes souvenirs toutefois, pour un premier roman, c’est assez réussi.

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clubdeslecteurs.

Citations

On a fait un jeu, c’est elle qui a eu l’idée, il fallait trouver la coccinelle avec le plus de points. Au début, j’ai eu du mal, je trouvais beaucoup de points mais il n’y avait pas de coccinelle autour, et Viviane m’a appris comment chercher : d’abord la coccinelle, bien rouge et bien brillante, et seulement après les points.
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Le Dr Bardet m’avait demandé d’attendre dans la salle d’attente pendant qu’il parlait à mes parents. J’avais fait semblant d’accepter, j’avais pris un magazine et je m’étais assis avec mes pieds bien posés à plat par terre. Dès qu’il avait refermé la porte, j’étais allé écouter, j’avais appris à la maison que c’était comme ça qu’on entendait les choses les plus intéressantes, les gens parlaient mieux derrière les portes.
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Je n’arrive pas à compter et quand je veux écrire, toutes les lettres se mélangent dans ma tête, s’emberlificotent dans mon bras et sortent comme un nid de spaghetti au bout de ma plume.
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Ma note

♥ 3,5/5

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6 réflexions au sujet de « « Ma reine » de Jean-Baptiste Andrea »

    1. La plume est effectivement intéressante !
      Après, j’ai peut-être mal interprété la fin, car elle est aussi vague et onirique que le reste… (l’auteur joue beaucoup avec la frontière du réel et de l’imagination…) Mais je ne pense pas que l’on soit sur quelque chose de gai, surtout avec le dernier paragraphe…

      Aimé par 1 personne

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